Un été avec Fleurette – des efforts payants
Fleurette passe les dernières semaines de son premier été à l’alpage sur le Rossberg, un pâturage de basse altitude situé sur le Vorholzallmend (BE). Non loin de là paissent les animaux en bonne santé, appartenant au paysan Andreas Knutti. Pourtant, au cours des hivers précédents, plusieurs veaux infectés par la diarrhée virale bovine (BVD) sont venus au monde dans son étable. Ces animaux IP – c’est ainsi qu’on les nomme – ont dû être abattus prématurément. Une mesure difficile à prendre, mais qui s’avérera payante à long terme.
Le premier été à l’alpage de Fleurette touche à sa fin. Pour l’heure, aucun signe ne suggère que Fleurette a pu être contaminée par le virus de la BVD au cours de l’estivage. Monsieur et Madame Gertsch, ses propriétaires, sont confiants: ils pensent que leur troupeau continuera d’être épargné par la maladie.
Le paysan Andreas Knutti, lui, a eu moins de chance. Depuis le début de la campagne d’éradication de la BVD, en 2008, onze veaux infectés permanents (IP) – ce qui signifie qu’ils excréteront le virus toute leur vie – ont vu le jour dans son étable. L’examen des échantillons de tissus, que le paysan a pu prélever sur les veaux nouveau-nés au moyen de marques auriculaires, a révélé qu’ils étaient atteints du virus de la BVD. Or, en tant qu’animaux IP, ils sont susceptibles de propager la maladie à grande échelle, et donc de contaminer d’autres bovins. De plus, ils sont souvent maigres et d’aspect maladifs. Grâce à la campagne d’éradication de la BVD, les détenteurs d’animaux ont pris conscience que les problèmes de santé affectant les cheptels bovins suisses, comme la chétivité, les diarrhées, les problèmes de fertilité et la multiplication des avortements, pouvaient être liés à la BVD, et que les veaux IP représentaient également un risque pour les autres animaux de l’étable.
Fleurette passe ses dernières semaines d’estivage sur le Rossberg. Non loin de là paissent les animaux de l’étable d’Andreas Knutti.
Andreas Knutti pense que certaines mères de veaux IP ont été contaminées par le virus de la BVD au cours du dernier estivage sur le Rossberg, et qu’elles ont à leur tour infecté leurs veaux à naître. D’abord testé négatif à la BVD, un bovin d’une étable voisine ayant aussi passé l’été sur le Rossberg a finalement obtenu un résultat positif lors d’un second test pratiqué à l’automne dernier. Au cours de l’estivage, cet animal IP a excrété le virus et peut donc avoir infecté les vaches gestantes d’Andreas Knutti, qui paissaient sur le même alpage.
Afin que les animaux IP nouveau-nés d’Andreas Knutti ne puissent plus contaminer d’autres bovins, ils ont dû être abattus immédiatement. Outre le coût financier qu’elle a représenté, cette décision a également été psychologiquement difficile pour le paysan et sa famille: «Parfois, ma mère ne voulait même plus mettre les pieds dans l’étable. Elle ne supportait plus que l’on soit obligés d’abattre prématurément tant de petits veaux.»

Andreas Knutti apporte un soutien précieux à la lutte de longue haleine contre la BVD.
Heureusement les efforts mis en œuvre pour combattre la BVD s’avèrent payants. Grâce à l’implication de paysans motivés tels qu’Andreas Knutti, la maladie a presque été éradiquée en Suisse. Depuis le début de la campagne de lutte contre le virus, la proportion d’animaux IP parmi les veaux nouveau-nés est passée de plus de 1,3% à 0,1%, ce qui signifie que moins de 10 nouveau-nés sur 10 000 sont atteints. Aujourd’hui, près de 99% des élevages suisses de bovins sont sains. Afin d’éloigner les derniers animaux IP du reste du cheptel bovin, et de prévenir ainsi de nouvelles infections, il est essentiel que tous les animaux fassent l’objet de prélèvements et soient soumis à des tests de dépistage de la BVD. C’est la seule solution pour que la maladie soit bel et bien éradiquée et que Fleurette puisse passer l’été sur l’alpage avec des animaux issus de différentes exploitations de la vallée sans risquer une contamination. Les cheptels bovins de Suisse seront alors en meilleure santé et les pertes économiques liées à la BVD, qui se chiffrent à environ 9 millions de francs suisses chaque année, ne seront alors plus qu’un mauvais souvenir.
Pour connaître quels sont les efforts entrepris par les détenteurs d’animaux, les vétérinaires et les autorités pour éradiquer totalement la BVD de Suisse ou pour prendre des nouvelles de Fleurette, vous pouvez consulter régulièrement notre blog sur cette page.
Pour davantage d’informations spécifiques sur la BVD, veuillez consulter www.stopbvd.ch.



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