Les SARM sont relativement fréquents dans les exploitations porcines européennes, mais les prévalences sont très différentes d’un pays à l’autre. C’est ce que montre une étude conduite par l’Union européenne qui a lancé pour la première fois un programme de monitorage à l’échelle européenne sur les staphylocoques dorés résistants à la méthicilline – les SARM pour faire court.

 

Le programme conduit en 2008 voulait chiffrer la prévalence des SARM chez les porcs européens. 24 pays européens et deux pays non membres dont la Suisse ont participé à ce programme où des prélèvements de poussière de plus de 4'000 porcheries ont été analysés. En moyenne, 14% des exploitations d’élevage comprenaient des SARM, avec des moyennes nationales variant de 0 à 46%. Chez les exploitations d’engraissement, les moyennes étaient plus élevées : 26.9% en moyenne européenne, avec une fourchette de moyennes nationales allant de 0 à 51.2%. Sans surprise, c’est la souche ST398 qui a été trouvée dans plus de 90% des cas. En tête de liste apparaissent des pays comme l’Allemagne ou l’Espagne. La Suisse a plus de chance ; elle fait partie de ces pays où la prévalence est très basse – à ce jour, seuls quelques cas isolés ont été répertoriés.

L’étude a pu donner une bonne vue d’ensemble de la prévalence des SARM en Europe, mais de nombreuses questions restent ouvertes : pourquoi existe-t-il de telles différences entre pays ? Quels sont les facteurs de risque ? Comment lutter contre la dissémination des SARM ? Une affaire à suivre…

De quoi on parle
Les SARM sont des staphylocoques dorés (aureus) résistants à un groupe d’antibiotiques (les antibiotiques bêta-lactamine) tels que la méthicilline, la pénicilline ou les céphalosporines – ces deux derniers étant couramment utilisés en médecine humaine. Les SARM posent surtout problème en milieu hospitalier où les échanges entre personnes malades et personnel soignant sont nombreux. Par contre, les SARM ne présentent guère de risque pour les consommateurs : seuls la viande ou le lait crus peuvent représenter un risque – la cuisson suffisant à inactiver les germes. Les patients qui développent une infection due à ces germes résistants doivent être traités avec un autre antibiotique. Le danger est que les SARM développent également une résistance à cet antibiotique – un traitement devenant alors très difficile voir impossible. Les SARM découverts chez les porcs constituent ainsi un risque sanitaire professionnel pour les éleveurs, les vétérinaires et leurs familles. C’est pourquoi il est important de les surveiller.