Les farines animales toujours interdites dans l’alimentation des animaux de rente
Il a fallu plus de 15 ans de lutte et 463 cas de vache folle chez les bovins pour arriver à éradiquer cette maladie extraordinaire à plus d’un titre. Tout un paquet de mesures a été nécessaire – dont l’interdiction stricte des farines animales dans l’alimentation des animaux de rente.
Or si ces mesures ont été décisives pour l’éradication de la vache folle, elles sont aussi à l’origine de situations paradoxales, comme par exemple le besoin de trouver malgré tout des protéines pour les porcs, protéines qui sont souvent importées à grand frais aux dépends de toute logique écologique. Ou le fait que plus de 30% d’un porc ou 40% d’une vache partent en fumée sans être consommé.
Même si la situation sur le front de la vache folle s’améliore, il faudra encore quelques temps pour que la Suisse soit reconnue par l’Organisation sur la santé animale (OIE) comme ayant un risque d’ESB négligeable. Toutefois il est légitime de s’interroger dès à présent sur l’après vache folle – avec à la clé une éventuelle réutilisation des farines animales dans l’alimentation des porcs et des volailles sous des conditions sécuritaires très strictes. Les deux espèces, omnivores, ne peuvent pas être atteintes de vache folle.
Ce sujet n’est pas nouveau : on en discute depuis des années dans l’Union européenne et en Suisse – nous en avions parlé en avril 2008 déjà. A l’époque, nous évoquions les conditions nécessaires à une réintroduction de protéines animales chez les porcs et la volaille – comme une filière de production strictement séparée de la filière des ruminants ou des méthodes de contrôle performants.
Le constat fait en 2008 est le même aujourd’hui : les conditions qui nous semblent nécessaires pour une utilisation des protéines animales dans l’affouragement des porcs et de la volaille ne sont toujours pas réunies aujourd’hui. C’est pourquoi, dans la nouvelle mouture de l’ordonnance sur l’élimination des sous-produits animaux, l’interdiction d’utiliser les farines animales est maintenue.
Mais l‘utilisation des farines animales dans l’alimentation de la volaille et des porcs est un objectif à moyen terme, parce qu’écologique. Les discussions vont bon train au sein de l’Union européenne également qui a réinscrit un assouplissement de l’interdiction des farines animales comme objectif d’avenir dans sa feuille de route sur les EST, les encéphalopathies spongiformes transmissibles auxquelles appartient la vache folle. Les discussions européennes sont aussi importantes pour la Suisse – la réintroduction de farines animales ne pourrait se faire qu’en concertation avec l’UE. C’est un dossier à suivre, assurément et je m’attends à d’intenses discussions dans les années qui viennent.


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