Lancement d’une large étude sur la lutte contre la paratuberculose
Les cliniques des ruminants des facultés Vetsuisse de Berne et de Zurich lancent ensemble et en collaboration avec d’autres partenaires un large projet de recherche sur la paratuberculose – projet financé par l’OVF. Le but de l’étude est de trouver les moyens adéquats pour combattre cette maladie particulière des bovins. Pour l’agriculture, cela représenterait l’économie de pertes annuelles s’élevant à plusieurs millions.
Au fond, c’est une vieille histoire : la paratuberculose, maladie mortelle des bovins, existe depuis toujours et est répandue dans le monde entier. Mais elle est difficile à identifier, car elle ne progresse que lentement. De plus, le diagnostic en laboratoire est difficile, la lutte sur l’exploitation est fastidieuse et dure des années. Les bovins malades souffrent de diarrhées continues, d’amaigrissement et de baisse de la production du lait. L’animal finit par mourir d’affaiblissement.
Les cliniques vétérinaires de Berne et Zurich ont déjà aidé de nombreuses exploitations à faire face à la paratuberculose. Dans ce projet, 20 exploitations laitières et de vaches allaitantes vont être suivies pendant 5 ans – le temps qu’il faut pour pouvoir évaluer les mesures d’assainissement. „Nous avons besoin d’éleveurs capables d’être motivés sur la durée“, souligne la cheffe du projet Mireille Meylan de la clinique vétérinaire de Berne.
Pour l’éleveur, cela vaut la peine: il reçoit un soutien professionnel tout au long de l’étude. Avec l’éleveur et le vétérinaire, les chercheurs vont mettre au point une stratégie de lutte adaptée à l’exploitation et analyser quelles sont les mesures qui ont de l’effet et combien elles coûtent. En compilant toutes les données ainsi récoltées, les chercheurs pourront donner en 2015 des recommandations pour les exploitations laitières et de vaches allaitantes. Et les résultats de l’étude serviront de base pour décider si la paratuberculose peut faire l’objet d’une lutte nationale coordonnée.
En Suisse, la paratuberculose est une maladie à surveiller, donc soumise à l’annonce obligatoire. Pourtant chaque année, on ne comptabilise que deux douzaines d’annonces alors qu’une étude a montré qu’une exploitation sur 10 pourrait être touchée.
Dans la lutte contre la paratuberculose, l’hygiène au contact des veaux est très importante, car ce sont surtout les jeunes animaux qui s’infectent au contact d’animaux infectés plus âgés. La diarrhée et l’amaigrissement n’apparaissent que plus tard, chez les animaux adultes (la plupart du temps entre 3 et 5 ans).
Mieux combattre la paratuberculose est un objectif important, car la maladie provoque des pertes importantes à l’agriculture et des souffrances animales inutiles. De plus, la maladie semble avoir un lien avec la maladie de Morbus-Crohn chez l’humain, mais on ignore quel est exactement ce lien et dans quelle mesure il influence le déroulement de la maladie chez l’humain.
Les cliniques des ruminants recherchent encore des exploitations volontaires. Les vétérinaires qui traitent des exploitations laitières ou de vaches allaitantes touchées (cas suspects ou confirmés) peuvent s’annoncer auprès de Mireille Meylan, 031 631 23 44, mireille.meylan@knp.unibe.ch ou Gabi Knubben, 044 635 82 57, gknubben@vetclinics.uzh.ch . L’institut de bactériologie vétérinaire et l’institut de sécurité et d’hygiène des aliments de l’Université de Zurich sont également impliqués dans le projet, ainsi que le service sanitaire bovin.
Le projet débutera en janvier 2011. Les exploitations concernées peuvent s’annoncer dès maintenant.
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