Office vétérinaire fédéral OVF

-»La présente édition est conçue pour les navigateurs sans soutien CSS suffisant et s'adresse en priorité aux malvoyants. Tous les contenus peuvent également être visualisés à l'aide de navigateurs plus anciens. Pour une meilleure visualisation graphique, il est toutefois recommandé d'utiliser un navigateur plus moderne comme Mozilla 1,4 ou Internet Explorer 6.

Début sélection langue

Enregistrement des chevaux: déjà 12 000 animaux annoncés

L’enregistrement des chevaux, des poneys et des ânes est obligatoire depuis le début de cette année. Plus de 12 000 équidés ont été enregistrés à la Banque de données sur le trafic des animaux BDTA au cours du premier trimestre 2011. Une campagne d’information sur l'enregistrement obligatoire des chevaux  a été lancée pour sensibiliser les propriétaires de chevaux et récompenser ceux qui ont été les plus rapides à enregistrer leur animal. Un prix a récompensé chaque millième propriétaire qui avait enregistré son animal. Les prix ont été remis lors de la foire équestre nationale à Berne BEA / Chevaux 2011.

Les détenteurs et les propriétaires de chevaux avaient la possibilité de faire enregistrer leur animal sur le stand Agate à la foire équestre nationale Chevaux 2011 à Berne. Mais vu que le système informatique a connu quelques maladies de jeunesse, de nombreux visiteurs ont dû enregistrer leur cheval avec l’aide d’une personne. L’équipe en charge du système Agate n’a pas ménagé ses efforts pour améliorer le logiciel. A présent, tous les services et toutes les fonctions sont opérationnels.

Qui n’a pas hésité à enregistrer rapidement son cheval a pu participer au concours et gagner un des 10 prix en jeu. La remise des prix a eu lieu à la foire nationale équestre. Les gagnants qui ont répondu à l’invitation et fait le déplacement à Berne ont reçu leur prix des mains du directeur de l’OVF Hans Wyss.


Les gagnantes: Brigitte Boller, Susanne Bürgin, Sandra Zimmermann


Vous trouverez la réponse aux questions sur le site
www.agate.ch

L’enregistrement obligatoire des chevaux marque un changement important pour l’ensemble de la branche équine et pour les détenteurs de chevaux. Ce changement soulève sans doute des questions et requiert un peu de temps pour se familiariser avec les nouvelles règles. Il vaut néanmoins la peine de s’informer. Vous trouverez toutes les informations sur l’enregistrement des chevaux sur le portail internet www.agate.ch. Si vous rencontrez des problèmes, n’hésitez pas à contacter le service d’assistance d’Agate (Helpdesk): tél. 0848 222 400 (du lundi au vendredi de 8h00 à 16h30).

Nouveauté en ligne: tout sur les maladies parasitaires des chiens et des chats

Diarrhée chez les chats, puces et tiques chez les chiens, les maladies parasitaires font partie des problèmes de santé récurrents de nos compagnons à pattes. D’où l’importance de trouver une bonne information sur ce sujet. Et c’est justement ce que fournit l’ESCCAP (European Scientific Counsel Companion Animal Parasites) et le nouveau site de l’ESCCAP Suisse. Un site à découvrir et à utiliser.

L’ESCCAP regroupe de nombreux parasitologues vétérinaires européens et favorisent ainsi l’échange de connaissances et d’expériences en parasitologie. Le nouveau site de l’ESCCAP Suisse offre une information claire et fondée pour aider les propriétaires de chiens et de chats à protéger leurs animaux contre les maladies parasitaires – l’objectif étant aussi de protéger les humains contre les maladies parasitaires transmissibles de l’animal à l’humain. Le public visé sont les vétérinaires et les propriétaires d’animaux.

Sur ce site, vous pourrez faire plus amples connaissances avec puces, tiques, pucerons, mycoses et autres parasites. Vous y trouverez des sujets d’actualités ainsi que des conseils de prévention et de traitement. Des experts y donnent conseils et astuces pour voyager en toute sécurité avec son animal et expliquent notamment les meilleurs moyens de les vermifuger. La question du vaccin contre les tiques est abordée, des conseils de bons comportements à adopter si votre animal souffre de diarrhée sont expliqués et vous saurez même que les puces passent l’hiver sous forme d’œufs, de larves ou de pupes… dans votre appartement. Seul bémol à cette offre de qualité : elle n’est disponible qu’en allemand…

Tout sur les maladies parasitaires chez les chiens et les chats: www.esccap.ch
Et évidemment notre site incontournable pour bien prendre soin de votre animal www.monanimaljenprendssoin.ch

Rage en Italie du Nord : les efforts du lutte entrepris là-bas protègent la Suisse

Souvenez-vous : il y a une année de cela, nous relations de la situation préoccupante de la rage dans le Nord de l’Italie. En deux ans, les cas de rage s’étaient multipliés gagnant de nouveaux territoires pour s’approcher à quelque 100 km de la Suisse. Les autorités sanitaires italiennes avaient alors réagi et entrepris une vaste campagne de vaccination. De nombreux échanges ont eu lieu depuis avec nos collègues italiens – le dernier en date à la fin février. Une bonne occasion de faire le point sur la situation.

Grâce aux efforts accomplis, la situation en Italie du Nord s’est nettement améliorée : les cas de rage annoncés au deuxième semestre 2010 sont en net recul – même si de nouveaux cas continuent d’être annoncés. Les régions touchées par la rage restent les mêmes – la province de Belluno est la plus touchée – mais la maladie ne s’est pas rapprochée de la Suisse.

Cette situation favorable est due aux efforts impressionnants fournis par les autorités sanitaires italiennes. En 2010, 4 campagnes de vaccinations ont été conduites, avec à chaque fois près de 650'000 appâts lâchés sur une surface de plus de 32'000 km2. En été, des appâts ont même été lâchés par hélicoptère jusqu’à plus de 2'300 mètres d’altitude.

Le programme de surveillance mis en place sur la population des renards semble montrer que ces campagnes sont efficaces. Les renards chassés ou retrouvés morts sont analysés. et les analyses montrent que 40 à 70% des animaux ont ingéré le vaccin et qu’ils sont donc protégés. protégés contre la rage. A côté de ces campagnes de vaccination des animaux sauvages, on protège aussi les humains en faisant vacciner de manière obligatoire tous les chiens ainsi que certains animaux de rente.

Les campagnes de vaccination continueront en 2011 et 2012 au moins – la vaccination pourrait même continuer au-delà de 2012 puisque les standards internationaux conseillent d’arrêter la vaccination seulement après deux années sans annonce de cas.

Tout cela a un coût : une telle vaccination coûte par année plusieurs millions d’euros à l’Italie et à l’Union européenne qui finance une grande partie des coûts. Cela montre bien combien il est important de réagir très vite dès le début d’une menace épizootique en mettant en place des mesures drastiques dès le départ pour s’éviter peut-être une longue campagne de lutte.

Si la Suisse semble donc être protégée par les mesures prises en Italie, la rage est loin d’appartenir au passé sur le continent européen. La situation en Croatie reste instable – il faut donc continuer de suivre les choses de près. Et pour tous ceux qui voyagent avec leur compagnon à quatre pattes, reste l’indispensable recommandation : n’oubliez pas de protéger votre animal par un vaccin antirabique ! Plus d’infos sur www.animalenvoyage.ch .

L’Allemagne lance un programme d’éradication de la BVD au niveau national

Dès le 1er janvier 2011, les veaux allemands sont marqués au moyen de marques auriculaires spéciales permettant non seulement le marquage individuel de l’animal, mais aussi la prise d’échantillons d’un petit morceau d’oreille. Cela vous rappelle quelque chose ? Eh oui ! L’Allemagne, comme la Suisse en 2008, entame dès cette année un programme d’éradication de la BVD au niveau national.

Si l’objectif poursuivi est le même, à savoir l’élimination des animaux infectés permanents ou animaux IP, la méthode diffère un peu. Ainsi, il n’y aura pas de phase préliminaire avec un test systématique de tout le cheptel bovin comme cela a été le cas en Suisse. Le programme allemand se concentre d’abord sur les veaux. Les veaux devront être testés dans les 6 mois qui suivent leur naissance. Si un veau est négatif, sa mère est également considérée comme négative. Si un veau est positif, il est éliminé. La mère du veau positif doit aussi être testée. Comme en Suisse, la prise d’échantillons peut se faire lors de la pose des marques auriculaires par le paysan qui envoie les échantillons au laboratoire. Elle peut aussi se faire par prélèvement sanguin.

Si le cheptel bovin allemand n’est pas testé d’une manière systématique et coordonnée, cela ne signifie pas que les animaux peuvent circuler librement. Des restrictions sur les mouvements d’animaux existent : dès le 1er janvier, seuls les animaux considérés comme négatifs peuvent être déplacés, que ce soit d’une exploitation à l’autre ou vers des foires et des expositions par exemple. Les bovins suisses remplissent ces conditions pour se rendre en Allemagne. Les mouvements d’animaux vers les abattoirs ou les exploitations d’engraissement sont par contre permis. Ces restrictions inciteront certainement les éleveurs à faire tester un maximum d’animaux.

Autre différence avec le programme suisse, l’Allemagne ne place pas les animaux portants sous séquestre en cas de détection d’un animal IP sur une exploitation. Cette mesure avait été choisie en Suisse pour garantir le contrôle sur les animaux afin de s’assurer que les veaux en gestation n’aient pas été infectés par l’animal IP.

La méthode choisie par l’Allemagne est moins intensive qu’en Suisse. Il faudra certainement plus de temps à l’Allemagne pour arriver à éradiquer la maladie. Mais cela reste une bonne nouvelle pour la Suisse. Cela montre que de plus en plus de pays européens essaient d’endiguer la BVD, à l’instar des pays scandinaves précurseurs en la matière.

Et en Suisse ? Le programme se porte bien. 0.1% des veaux nouveau-nés sont encore des animaux IP – contre 1.5% au début du programme. Il ne faut donc pas baisser la garde : respectez bien les séquestres, faites tester vos veaux et attendez les résultats avant de les déplacer.

Soirées d'informations sur l'enregistrement des chevaux: le passeport à l'écurie pose problème

Au début novembre, vétérinaires, fédérations d’élevage et autres acteurs de la filière équine ont été conviés pour des soirées d’informations sur l’enregistrement obligatoire des chevaux. L’objectif des ses séances était d’informer les acteurs de la filière équine pour qu’ils puissent ensuite eux-mêmes informer les propriétaires de chevaux et les éleveurs sur les nouvelles directives. Et que ce soit en Suisse allemande ou en Suisse romande, le constat a été le même : l’enregistrement obligatoire des chevaux est bien accepté et les questions portaient sur les détails de la mise en œuvre de ces mesures.

La question la plus fréquemment posée est celle aussi qui soulève le plus de résistance: pourquoi le passeport équin doit-il être déposé auprès du cheval ? Les propriétaires et aussi les gérants d’écurie ont exprimé avec insistance leurs réprobation face à cette mesure.

Or cette mesure se justifie : en cas d’épizootie, les informations importantes (qui est le propriétaire ? etc.) doivent être rapidement disponibles – sans engendrer de longues recherches à l’écurie. Ces informations ne sont pas enregistrées dans la puce électronique, mais figurent bien sur le passeport. Mais comme beaucoup de participants l’ont relevé : ces informations pourraient être disponibles sans pour autant devoir laisser le passeport à l’écurie. C’est une mesure qu’il faudra rediscuter si aucune solution satisfaisante n’est trouvée dans le cadre des dispositions actuelles.

Les autres questions abordées portaient sur les détails de la mise en œuvre : est-ce que le gérant d’écurie doit enregistrer les chevaux ? (non, c’est le propriétaire). Est-ce que les chevaux qui partent à l’estivage en France voisine doivent-ils être annoncés ? (oui, si c’est pour plus de 30 jours). Est-ce que le passeport doit être délivré en Suisse ? (oui, pour tous les chevaux nés en Suisse après le 1er janvier 2011). Bref, toutes ces questions ont montré aussi l’utilité de notre site www.agate.ch où toute la procédure y est décrite en détails. Elles ont montré aussi l’importance de ces soirées d’informations – les participants ont d’ailleurs déjà commencé à planifier des séances d’informations pour, à leur tour, transmettre l’information plus loin.

On reparle de la grippe aviaire

L’Allemagne a annoncé la semaine passée un foyer de grippe aviaire bassement pathogène dans une exploitation de volaille – une nouvelle qui a passé totalement inaperçue, la grippe aviaire ayant disparu depuis longtemps de la ligne de mire des médias. Raison de plus pour s’y attarder un peu et pour se rappeler que la grippe aviaire a toujours sa place dans la liste des maladies à surveiller de près.

En Allemagne, le virus annoncé est un virus H5N2, peu virulent, donc dit bassement pathogène. La volaille concernée ne présente pas de symptômes, les cas ont été découverts lors d’un programme de surveillance active volontaire et selon les autorités allemandes, les animaux qui ont accès à un parcours extérieur se seraient infectés au contact d’oiseaux sauvages porteurs du virus. Comme il s’agit d’un virus de type H5, des mesures drastiques ont été prises : le troupeau entier a dû être éliminé. Ce sont ainsi près de 17'000 volatiles, poules pondeuses, canards, oies, dindes et pintades, qui ont été euthanasiés.

Les virus aviaires bassement pathogènes passent souvent inaperçus sur une exploitation : pas de mortalité, pas de baisse de production, aucune raison en fait de prendre des mesures quelconques. Sauf que les types H5 et H7 ont la fâcheuse tendance de muter et de se transformer en virus hautement pathogènes, avec des conséquences désastreuses sur une exploitation : taux de mortalité proche de 80% et chute vertigineuse de la production. L’entrée d’un virus H5 ou H7 même bassement pathogène dans une exploitation représente donc un danger réel. Avec une forte densité d’animaux, le virus va pouvoir se reproduire à vitesse grand V avec à chaque reproduction le danger d’une mutation vers un virus hautement pathogène. C’est pourquoi, des mesures radicales seraient prises en Suisse aussi, comme en Allemagne, avec l’élimination de tout le troupeau. C’est finalement une chance d’avoir pu détecté le virus à ce stade initial.

Ce cas en Allemagne nous rappelle la présence de la grippe aviaire – une présence d’ailleurs qui n’a pas faibli en Asie du sud-est où le virus H5N1, le fameux virus aviaire hautement pathogène celui-là, continue de sévir avec un impact toujours aussi important sur les exploitations avicoles. Le rapport de septembre de la FAO n’est pas optimiste : la situation n’a pas vraiment évolué de manière favorable et la grippe aviaire s’est largement installée dans certaines régions.

Tout cela nous rappelle que la grippe aviaire fait partie de ces maladies qu’on doit garder à l’œil et qui pourrait aussi toucher la Suisse. Reste donc à rappeler une fois de plus l’importance primordiale des mesures de biosécurité : une hygiène stricte est le B.A.-BA d’une aviculture responsable.

Coup d’œil sur la fièvre aphteuse en Turquie

Un foyer de fièvre aphteuse en Suisse aurait des conséquences dramatiques sur l’agriculture et l’économie. Mais comment peuvent se préparer les vétérinaires à faire face à une maladie qui n’existe plus en Suisse depuis plusieurs décennies? Pour palier à ce problème, l’Union européenne et la Suisse envoient régulièrement des vétérinaires sur le terrain – là où la fièvre aphteuse sévit encore. Daniela Hadorn, de l’Office vétérinaire fédéral, a participé dernièrement à une formation de ce genre en Turquie – formation organisée par la Commission européenne de lutte contre la fièvre aphteuse. Retour avec elle sur une expérience riche en enseignement.

Daniela Hadorn, pourquoi la Turquie ?
Si la fièvre aphteuse est absente à Istanbul et dans les régions environnantes, elle est par contre très répandue dans le reste de la Turquie. La Turquie était d’accord de nous accueillir et sous caution de mesures de biosécurité très strictes, nous a donné accès aux régions touchées – ce qui est loin d’être une évidence !

Avez-vous vu des animaux malades?
Et comment. Dans un village de l’Anatolie orientale, nous avons pu examiner un troupeau fraîchement infecté. Les symptômes de la maladie étaient visibles déjà de loin. Les animaux présentaient des boiteries, mangeaient à peine, salivaient beaucoup – des symptômes typiques de fièvre aphteuse. Nous avons pu ensuite examiner des animaux individuellement. Presque tous les animaux que j’ai pu examiné étaient très atteints. Beaucoup présentaient des lésions marquées dans la cavité buccale et sur les onglons – un animal était même proche du décollement des onglons ! Les animaux plus jeunes présentaient les symptômes les plus graves – n’étant pas encore vaccinés. Les animaux plus âgés ne présentaient en général pas de symptômes ; ils étaient immunisés, soit parce qu’ils ont été vaccinés ou soit parce qu’ils sont déjà tombés malades.

Quelles sont les mesures de lutte prises par la Turquie?
La Turquie fait des efforts impressionnants pour lutter contre la maladie. Un objectif très important est de garder indemnes les régions attenantes à Istanbul, régions directement voisines du territoire de l’UE. Une éradication de la maladie dans les autres régions s’avèrent actuellement difficile, notamment parce que les importations illégales d’animaux malades depuis l’Iran sont légion. La Turquie essaie surtout de limiter les dégâts en s’appuyant sur une vaccination biannuelle.

En 2001, lorsque la Grande-Bretagne luttait contre une flambée de fièvre aphteuse majeure, j’avais eu la possibilité de participer aux mesures de luttes sur place. La comparaison avec la situation en Turquie est saisissante. En Grande-Bretagne, la maladie a engendré une crise énorme dans toute la société : mises à mort de troupeaux entiers, impacts économiques massifs sur l’agriculture et le tourisme, impact psychologique énorme sur les éleveurs avec même des suicides. En Turquie par contre, la fièvre aphteuse fait partie du quotidien des éleveurs – un quotidien sévèrement entravé tout de même par l’interdiction de vente des animaux malades. Cela m’a montré clairement combien il est important d’adapter la lutte contre les maladies aux particularités locales.

Que retirez-vous de cette expérience pour la Suisse?
Lorsque qu’on regarde un troupeau de jeunes animaux en Turquie, il semble évident que les animaux sont atteints de fièvre aphteuse. Mais les animaux ne présentent pas tous une symptomatique si claire. Et en Suisse, devant ce genre de symptômes, on ne pense pas tout de suite à la fièvre aphteuse. Nous vétérinaires, nous devons toujours garder en tête de tels symptômes et se rappeler que la fièvre aphteuse peut aussi toucher la Suisse. La Turquie est pour cela aussi un bon exemple. Beaucoup de Suisses apprécient les vacances en Turquie. Il suffit de peu de choses pour provoquer une infection: un morceau de viande ramené dans ses bagages qui atterrit dans l’assiette des porcs  et le mal est fait. C’est pourquoi il est interdit aux voyageurs de ramener des produits d’origine animale en provenance de ces régions.

Cette expérience m’a permis aussi d’adapter notre planification de crise, par exemple en adaptant les dispositions pour la prise d’échantillons. L’échange avec nos collègues expérimentés de Turquie et des autres pays européens a également était riche d’enseignements. Ce voyage en a valu la peine, assurément !

L‘institut Friedrich-Loeffler a 100 ans et va bientôt s’agrandir

L’institut Friedrich-Loeffler (FLI) sur l’île allemande de Riems, un des instituts de recherche sur les épizooties des plus importants au monde, a fêté ses 100 ans le 10 octobre dernier. Pour ce centenaire, l’Institut s’offre un agrandissement d’importance pour conduire des recherches sur les stratégies de lutte contre des pathogènes aussi dangereux que le virus Nipah ou Hendra – avec des infrastructures qui lui permettra d’utiliser dans sa recherche des animaux de rente. Le FLI deviendra ainsi le seul institut en Europe à pouvoir conduire ce genre de recherche. La Suisse possède aussi un institut de recherche sur les épizooties depuis 1942 ; en 1992, elle s’est dotée d’une nouvelle construction, l’institut de virologie et d’immunoprophylaxie (IVI) de Mittelhäusern .

C’est le 10 octobre 1910 que Friedrich Loeffler, à qui l’on doit la découverte du virus de la fièvre aphteuse, a commencé des recherches sur l’île de Riems avec quelques collaborateurs. Ces travaux ont largement contribué à la description de la fièvre aphteuse et au développement de vaccins. Aujourd’hui, des centaines de chercheurs et de chercheuses conduisent des recherches sur de multiples pathogènes, sur les méthodes de lutte et le diagnostic.

La vénérable institution s’offre aujourd’hui un agrandissement de taille avec 89 laboratoires et 163 places d’étables - des travaux qui dureront deux ans entre 2011 et 2012. Certains des nouveaux laboratoires rempliront les exigences de sécurité très élevées de niveau 4, ce qui permettra la conduite de recherches sur des animaux de rente avec des virus très dangereux. Seuls deux instituts au monde peuvent aujourd’hui mener à bien ce genre de recherche, en Australie et au Canada. Le FLI gagne ainsi encore en importance dans la recherche et la lutte contre les épizooties – une bonne nouvelle pour les détenteurs d’animaux et pour la population du monde entier.

Le FLI de l’île de Riems a fêté ses 100 ans par une journée porte ouverte le 10.10.2010 à 10h10. Plus de 8'000 personnes en ont profité.

Dès le 1er janvier 2011 : les achats de porcs doivent être notifiés

Dès le 1er janvier 2011, les achats de porcs devront être notifiés à la BDTA afin d’améliorer la traçabilité – une mesure importante pour réagir mieux et plus vite en cas de maladies animales menaçant le cheptel porcin. Si cette mesure est connue depuis plusieurs mois maintenant, on en reparle aujourd’hui avec la mise en ligne d’une information détaillée sur www.agate.ch – l’adresse à partir de laquelle se feront les notifications dès 2011.

Tous les éleveurs porcins et les abattoirs recevront à la fin décembre un courrier de Agate avec leur compte personnel pour www.agate.ch ainsi qu’un mot de passe (un code PIN). En s’identifiant sur www.agate.ch, ils auront ainsi accès à leurs données personnelles et pourront notifier les achats ou l’abattage des porcs.

Concrètement, l’éleveur doit notifier toute entrée de porcs sur son exploitation. Pour cela, le producteur qui achète des porcs notifie le nombre d’animaux achetés et l’exploitation d’origine. Le nombre d’animaux suffit, les numéros BDTA des porcs ne doivent pas être transmis. De même, les ventes et les naissances des porcs ne doivent pas être annoncées. Les annonces d’abattages sont effectuées par les abattoirs eux-mêmes en indiquant la date de l’abattage, le nombre d’animaux, le numéro BDTA de l’exploitation de provenance et le numéro BDTA de l’abattoir. Ceux qui n’ont pas accès à Internet peuvent utiliser des cartes d’annonces qui pourront être commandées au Helpdesk de www.agate.ch dès la mi-décembre 2010.

Plus d'infos ici.

Lancement d’une large étude sur la lutte contre la paratuberculose

Les cliniques des ruminants des facultés Vetsuisse de Berne et de Zurich lancent ensemble et en collaboration avec d’autres partenaires un large projet de recherche sur la paratuberculose – projet financé par l’OVF. Le but de l’étude est de trouver les moyens adéquats pour combattre cette maladie particulière des bovins. Pour l’agriculture, cela représenterait l’économie de pertes annuelles s’élevant à plusieurs millions.

Au fond, c’est une vieille histoire : la paratuberculose, maladie mortelle des bovins, existe depuis toujours et est répandue dans le monde entier. Mais elle est difficile à identifier, car elle ne progresse que lentement. De plus, le diagnostic en laboratoire est difficile, la lutte sur l’exploitation est fastidieuse et dure des années. Les bovins malades souffrent de diarrhées continues, d’amaigrissement et de baisse de la production du lait. L’animal finit par mourir d’affaiblissement.

Les cliniques vétérinaires de Berne et Zurich ont déjà aidé de nombreuses exploitations à faire face à la paratuberculose. Dans ce projet, 20 exploitations laitières et de vaches allaitantes vont être suivies pendant 5 ans – le temps qu’il faut pour pouvoir évaluer les mesures d’assainissement. „Nous avons besoin d’éleveurs capables d’être motivés sur la durée“, souligne la cheffe du projet Mireille Meylan de la clinique vétérinaire de Berne.

Pour l’éleveur, cela vaut la peine: il reçoit un soutien professionnel tout au long de l’étude. Avec l’éleveur et le vétérinaire, les chercheurs vont mettre au point une stratégie de lutte adaptée à l’exploitation et analyser quelles sont les mesures qui ont de l’effet et combien elles coûtent. En compilant toutes les données ainsi récoltées, les chercheurs pourront donner en 2015 des recommandations pour les exploitations laitières et de vaches allaitantes. Et les résultats de l’étude serviront de base pour décider si la paratuberculose peut faire l’objet d’une lutte nationale coordonnée.

En Suisse, la paratuberculose est une maladie à surveiller, donc soumise à l’annonce obligatoire. Pourtant chaque année, on ne comptabilise que deux douzaines d’annonces alors qu’une étude a montré qu’une exploitation sur 10 pourrait être touchée.
Dans la lutte contre la paratuberculose, l’hygiène au contact des veaux est très importante, car ce sont surtout les jeunes animaux qui s’infectent au contact d’animaux infectés plus âgés. La diarrhée et l’amaigrissement n’apparaissent que plus tard, chez les animaux adultes (la plupart du temps entre 3 et 5 ans).

Mieux combattre la paratuberculose est un objectif important, car la maladie provoque des pertes importantes à l’agriculture et des souffrances animales inutiles. De plus, la maladie semble avoir un lien avec la maladie de Morbus-Crohn chez l’humain, mais on ignore quel est exactement ce lien et dans quelle mesure il influence le déroulement de la maladie chez l’humain.

Les cliniques des ruminants recherchent encore des exploitations volontaires. Les vétérinaires qui traitent des exploitations laitières ou de vaches allaitantes touchées (cas suspects ou confirmés) peuvent s’annoncer auprès de Mireille Meylan, 031 631 23 44, mireille.meylan@knp.unibe.ch ou Gabi Knubben, 044 635 82 57, gknubben@vetclinics.uzh.ch . L’institut de bactériologie vétérinaire et l’institut de sécurité et d’hygiène des aliments de l’Université de Zurich sont également impliqués dans le projet, ainsi que le service sanitaire bovin.

Le projet débutera en janvier 2011. Les exploitations concernées peuvent s’annoncer dès maintenant.

Plus d’infos sur la paratuberculose

Notes 11 - 20 / 58