Office vétérinaire fédéral OVF

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La besnoitiose avance en Europe

La besnoitiose prend de l’ampleur en Europe et de plus en plus de cas sont signalés dans de plus en plus de régions. Tel est le constat fait par l’autorité européenne de sécurité des aliments, l‘EFSA, dans son dernier rapport sur la question. Inoffensive pour l’homme, la maladie peut conduire à des symptômes sévères chez les bovins comme de graves lésions de la peau et des problèmes de fertilité et peut même se terminer par la mort de l’animal dans les cas les plus graves.

 

La Suisse n’est pas à l’abri. Les Alpes françaises ont signalé à plusieurs reprises des foyers de besnoitiose et la maladie a été introduite en Allemagne et en Italie par des chevaux importés de France. Aucun vaccin ou médicament n’est pour l’instant efficace contre cette maladie en Europe. La seule manière de stopper efficacement la maladie est d’euthanasier le troupeau touché.

Beaucoup de questions sont encore ouvertes. On suppose que la maladie se transmet surtout par les taons et autres insectes piqueurs. Mais le contact direct avec des plaies ouvertes ou l‘insémination naturelle semblent être aussi des voies de transmission. Les auteurs de l’étude EFSA soulignent l’importance d’accentuer la recherche sur cette maladie pour mieux comprendre les mécanismes de transmission. De plus, les détenteurs et les vétérinaires doivent être rendus attentifs aux symptômes de cette maladie encore peu connue.

Pour protéger vos bovins, vous pouvez agir:

  • Faites tester les animaux qui proviennent des régions touchées comme la France avant de les importer.
  • Informez-vous sur les symptômes de la maladie et réagissez sans attendre en cas de suspicion. Les premiers symptômes sont des écoulements des yeux et des lésions à la tête et aux trayons. Caractéristiques pour cette maladie sont des petits kystes, comme des grains de semoule, visibles sur l’œil. Les examens diagnostics sont conduits par l’institut de parasitologie de la faculté Vetsuisse de Berne.

Vous trouverez des informations supplémentaires sur le site de l’OVF, en particulier une conférence de 10 minutes sur la maladie du Prof. Bruno Gottstein qui a participé à l’étude EFSA.

La rage sévit en Italie: il faut absolument vacciner votre chien dans les règles

La rage a fait sa réapparition en Italie à l’automne 2008 et continue à se propager. Si l’Italie a été reconnue officiellement indemne de rage en 1997, elle a recensé 68 cas de rage en 2009 et comptait déjà 85 cas en date du 4.3.2010. L’Italie a donc décidé de renforcer la lutte contre cette maladie. Il faut absolument vacciner votre chien si vous vous rendez dans les régions italiennes où sévit la rage. La vaccination antirabique de votre chien est la meilleure protection contre la maladie.

La propagation de la rage en Italie n’est pas étonnante vu la situation de la maladie sur l’ensemble du continent européen. La rage est toujours fréquente dans quelques pays d‘Europe orientale, dont la Slovénie d’où la maladie a gagné l’Italie à la faveur de la migration des renards infectés. La maladie a atteint les régions du Frioul, de la Vénétie et du Haut-Adige, où elle semble être à nouveau endémique, c’est-à-dire qu’elle se propage dans la population locale des animaux sauvages. Cette situation a conduit l’Italie et l’Autriche à mener une campagne de vaccination orale des renards par largage de centaines de milliers d’appâts dans les régions touchées. Les renards se vaccinent contre la rage en happant ces appâts, de la taille d’une boîte d’allumette, qui renferment le vaccin.

En Italie, les animaux atteints sont principalement des renards, suivis par des cerfs, des blaireaux et des ânes. La maladie a été diagnostiquée également chez trois chiens et un chat. Toute personne qui se rend avec son chien en Italie, dans les régions touchées, doit absolument vérifier si son chien a été vacciné contre la rage de manière réglementaire et si cette vaccination est encore efficace. Ces informations sont consignées dans le passeport pour animal de compagnie. Si vous avez doutes, informez-vous auprès de votre vétérinaire. Si votre animal présente les symptômes de la rage – troubles marqués du comportement et paralysies – et s’il n’a pas été correctement vacciné, appelez votre vétérinaire sans tarder. De plus, toute personne qui a été léchée, griffée ou mordue par des animaux sauvages vivant dans ces régions doit consulter un médecin sans attendre.

La vaccination des chiens et des chats contre la rage est obligatoire si vous souhaitez vous rendre à l’étranger avec votre animal. Les conditions d’entrée dans les différents pays peuvent être consultées en ligne sur la page internet de l’OVF Passer la frontière avec son chat et son chien. Les autres mesures de précaution sont recommandées également pour les séjours dans les autres pays où la rage est fréquente (voir la carte).

La rage est une maladie sournoise: elle touche aussi bien les animaux - chiens et chats -, que les êtres humains. Si elle n’est pas traitée à temps, la maladie est mortelle. En cas de suspicion – morsure par un animal sauvage – il faut agir vite. La rage peut sommeiller pendant des semaines chez l’animal et chez l’homme sans que ces derniers ne manifestent des symptômes et se déclarer soudainement. Il est alors trop tard pour se soigner.

La Suisse a éradiqué la rage en 1998 et le pays est depuis lors reconnu officiellement indemne. Les cas recensés en Italie n’ont pas conduit les autorités suisses à prendre des mesures préventives à ce jour mais elles suivent la propagation de la maladie au jour le jour.

Vous trouverez de plus amples informations sur la rage sur le site l’Office vétérinaire fédéral , sur le site du Centre suisse de la rage, sur le site de l’Office fédéral de la santé publique. Ainsi que des informations sur la situation de la rage en Italie (en italien). 

La peste bovine : chronique d’une éradication réussie

La FAO l’a annoncé dernièrement : la peste bovine a certainement disparu de la surface du globe. Retour sur une éradication réussie avec Juan Lubroth, CVO de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, la FAO.

Est-ce que la peste bovine est éradiquée?

Nous pensons effectivement que le virus de la peste bovine a cessé de circuler dans la nature. Le dernier foyer répertorié date de 2001 au Kenya et tous les efforts de surveillance effectués dans le monde montrent que le cycle de transmission de la peste bovine a été rompu depuis au moins 10 ans. Mais pour que nous puissions déclarer le monde indemne de peste bovine, il faut que tous les pays du monde soient reconnus indemnes par l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) – et tous les pays n’ont pas encore achevé ce processus formel.

Pourquoi l’éradication de la peste bovine est-elle une étape importante ?

L’éradication de la peste bovine est un succès sanitaire majeur et un pas important pour diminuer la pauvreté dans le monde. La peste bovine a tué des dizaines de millions de bêtes au cours de son histoire. Dans les années 80, elle était encore répandue dans le monde entier. Pour le seul Nigéria, les pertes dues à cette maladie étaient estimées à plus de 2 milliards de dollars. Au-delà du fait que c’est seulement la deuxième maladie à avoir été éradiquée de la planète (après la variole chez les humains), c’est surtout une victoire pour les paysans : en éradiquant le virus, on améliore la santé animale, on favorise la production de lait et de viande, on permet l’utilisation des animaux pour travailler le sol et transporter les récoltes. Cette victoire sanitaire a été réalisée grâce à une action concertée d’organisations régionales et internationales pendant des dizaines d’années en collaboration avec les autorités vétérinaires et les éleveurs.

Comment avez-vous fait pour vous assurer que la maladie avait disparu?

Lors des 8 dernières années, nous avons traqué sans relâche tout signe de peste bovine, du virus aux anticorps, des infections cliniques aux infections sub-cliniques, dans les régions menacées. Des interviews ont été conduites sur le terrain auprès de la population pour questionner les gens sur des signes éventuels de maladie. Les résultats de ces entretiens ont montré que la maladie n’était plus apparue depuis longtemps. Nous avons même étudié les rumeurs émanant des quatre coins du monde et avons échantillonné les troupeaux incriminés. Ces analyses ont permis d’exclure les cas de suspicion de peste bovine. Même la faune sauvage a servi d’indicateurs – ces animaux peuvent en effet contracter la maladie, mais aucun cas n’a été signalé depuis 2001.

Qu’est-ce qui a été décisif pour l’éradication?

Plusieurs aspects ont joué un rôle décisif et les moyens employés n’auraient pas été effectifs s’ils avaient été utilisés séparément. Une part importante du succès a été l’approche à la fois régionale et continentale, avec un travail de coopération au niveau politique et sanitaire et un soutien financier qui a permis de réaliser les activités sur le terrain et d’améliorer les infrastructures. La validation de méthodes diagnostiques standardisées a aussi contribué au succès de l’éradication. La vaccination enfin a joué un rôle prépondérant. Au début du 21e siècle, la FAO a conduit une campagne d’information massive pour décourager l’utilisation de la vaccination. En stoppant la vaccination, il a été possible d’identifier les régions où la maladie était endémique et d’agir de manière ciblée uniquement dans ces régions-là. Ainsi, à chaque fois que la maladie était signalée, une campagne de vaccination ciblée et massive était mise sur pied et le virus ainsi localement éradiqué. Pour rendre cette méthode acceptable, il a fallu montrer aux régions concernées que les vaccins étaient disponibles et prêts à être immédiatement utilisés lorsque la maladie apparaissait. On le voit aujourd’hui : une telle stratégie a fini par payer.

Qu’est-ce qui est nécessaire de mettre en œuvre pour que la peste bovine ne réapparaisse pas?

Il est important de rester vigilant. Les régions susceptibles doivent être prêtes à réagir rapidement à toute réémergence pour au moins 10 à 15 ans encore. C’est un vrai défi. On se souvient des conflits qui minaient la région subsaharienne en Afrique au milieu des années 80 et qui n’ont pas permis une réaction rapide. Il faut aussi continuer à former les vétérinaires et paysans, surtout les jeunes, pour qu’ils gardent en mémoire cette maladie à laquelle ils n’ont jamais été confrontés. Enfin, il faut éviter de remettre en circulation du matériel infectieux – la biosécurité des infrastructures qui travaillent avec le virus doit être assurée partout.

Avez-vous déjà d’autres maladies en ligne de mire pour une éradication mondiale?

Nos objectifs sont nombreux. Je peux citer par exemple la fièvre aphteuse dont nous voulons freiner la propagation, mais le défi est grand, car les sérotypes sont nombreux ce qui rend une vaccination difficile. La peste des petits ruminants pourrait aussi être éradiquée selon des principes semblables à la peste bovine – les deux maladies ayant beaucoup de similitudes. Mais il faut encore convaincre les donateurs potentiels du bien-fondé d’une telle approche. En règle générale, il est parfois plus facile de lever des fonds pour une approche plus globale que pour une maladie spécifique. Par exemple, on pourrait se concentrer sur la santé des petits ruminants en général et établir des programmes globaux. C’est sûr que nous avons encore beaucoup de pain sur la planche !

Vous trouverez plus d’informations sur la peste bovine et sur le Programme mondial d’éradication de la peste bovine

Le taux de vaccination contre la langue bleue sera élevé en 2010 également

Les chiffres sont là: 87% des paysans veulent faire vacciner leurs bovins et leurs moutons contre la langue bleue ; 13% ont demandé une exemption. Si ces chiffres peuvent encore légèrement changer dans les semaines qui viennent, une chose est déjà sure : le taux de vaccination sera aussi élevé en 2010.

Le nombre de demande d’exemptions varie fortement d’un canton à l’autre. Le nombre le plus élevé a été comptabilisé dans les cantons de St-Gall (35%), les cantons primitifs (25%) et les deux Appenzell (20%). En Suisse romande, les taux sont bas comme dans le canton de Fribourg (2.4%), le Jura (4.3%) et le canton de Vaud (1.4%). Les raisons sont multiples. Les paysans suisses-romands ont notamment ressenti plus fortement la réalité de la maladie en parlant avec leurs collègues français fortement touchés en 2008. Aucune des régions frontalière de Suisse n’a été aussi touchée que les régions frontalières françaises.

Il est réjouissant de voir que le taux de vaccination reste élevé en 2010. Nous avons ainsi les meilleures cartes en main pour espérer une année 2010 sans de nombreuses nouvelles infections de langue bleue. Si la situation sanitaire reste aussi favorable, c’est de bon augure pour 2011.

Plus d'info: Vaccination 2010

 

Nbre d‘exemptions (Bovins et moutons)

% d’exploitations (Bovins et moutons)
AG 197 6.6
AI/AR 323 20.3 
BE 1113 8.4
BL 90 9.8
BS 0 0.0
FL 4 3.0
FR 78 2.4
GE 0 0.0
GL 54 12.9
GR 440 16.1
JU 49 4.3 (corrigé)
LU 680 13.8
NE 53 6.2
SG 1529 34.5
SH 59 16.4
SO 85 5.1
TG 400 16.0
TI 57 6.4
UR/SZ/OW/NW 919 25.4
VD 40 1.4
VS 332 13.5
ZG 97 17.2
ZH 461 14.9
Suisse 7060 12.9
 

 

Vers un enregistrement individuel des chevaux

Depuis le 1er janvier 2010, tous les détenteurs de chevaux, professionnels ou amateurs, doivent faire enregistrer leur exploitation. Par cette mesure, les autorités sanitaires peuvent connaître la localisation des chevaux – ce qui est primordial en cas d’apparition de maladie équine pour prendre des mesures de lutte rapides et efficaces.

Cette mesure ne concerne pas les propriétaires de chevaux, mais seulement les détenteurs. Les détenteurs agriculteurs sont déjà recensés et ne doivent rien faire pour l’instant. Pour eux, la chose est simple : ils recevront automatiquement par la poste ce printemps un formulaire à remplir dans le cadre du recensement coordonné des données agricoles. Par contre, les détenteurs non agriculteurs ne sont pas recensés. Ils doivent donc s’annoncer eux-mêmes auprès de l’office désigné par leur canton pour recevoir par la suite également le formulaire automatiquement. Vous trouverez toutes les informations sur ce sujet sur www.monanimaljenprendssoin.ch.

Cette obligation est une première étape vers l’enregistrement individuel des chevaux. Un groupe de travail avec des représentants des organisations équines et des autorités planche depuis plusieurs mois sur cette question et dès 2011, l’enregistrement individuel des chevaux pourrait devenir effectif en Suisse.

C’est déjà le cas dans l’Union européenne : depuis le 1er juillet 2009, tous les équidés doivent être identifiés de manière individuelle et posséder un passeport. Les pays membres de l’UE sont en train de mettre en place cette mesure. La plupart des pays se sont décidés pour l’utilisation d’une puce électronique pour le marquage individuel ; certains ont mis sur pied une banque de données centralisée, d’autres prévoient de passer encore par leurs fédérations nationales d’élevage. Chips, banque de donnée centrale, émission du passeport pour équidé : toutes ces questions sont discutées en Suisse aussi. Le Conseil fédéral devrait se prononcer sur la législation d’ici l’automne. Propriétaires de chevaux, vétérinaires, détenteurs, organisations équines, restez en ligne – nous vous tiendrons informés des derniers développements. Abonnez-vous à notre newsletter Actu animaux de rente.

L’anémie infectieuse équine dépistée en Grande-Bretagne pour la première fois depuis 1976

La Grande-Bretagne a découvert des cas d’anémie infectieuse équine (AIE) chez deux chevaux importés de Roumanie. Le diagnostic a été posé dans le cadre des contrôles d’importation de routine. Selon le Departement for Environment, Food and Rural Affairs (le DEFRA), ce sont les premiers cas d’AIE depuis 1976. Les deux chevaux ont dû être tués et des analyses sur d’autres chevaux sont en cours d’examen.

En Suisse, nous avions aussi importé des chevaux d’Allemagne susceptible d’avoir contractés cette maladie (voir le billet du 10 décembre 2009). L’histoire s’est bien terminée : la deuxième série de contrôles a aussi confirmé qu’aucun animal n’était infecté. Toutes les restrictions dans les cantons de Zurich et de Thurgovie ont pu être levées.

Si la Suisse est indemne d’AIE, cette maladie des chevaux, inoffensive pour l’homme, est diffuse dans le monde entier. Elle est endémique en Europe de l’Est et en Italie et des cas sporadiques sont apparus dans nos pays voisins – les derniers en date étaient signalés en 2008 en Allemagne et en France. Provoquée par un virus, elle se caractérise par une fièvre élevée, une anémie, un fort amaigrissement et parfois même une mort subite de l’animal touché. La forme subclinique de la maladie est fréquente – les chevaux restent actifs, ont bon appétit, mais perdent du poids sans raison apparente. La maladie se transmet principalement de manière mécanique par des insectes piqueurs comme les taons, les mouches et les moustiques. Comme il est impossible de combattre ces insectes, il est difficile de combattre la maladie. C’est pourquoi, il faut pouvoir agir rapidement pour éliminer immédiatement l’animal touché et éviter que la maladie ne se propage aux autres animaux.

La Suisse aussi n’est pas à l’abri de l’AIE. C’est pourquoi les éleveurs et les vétérinaires doivent être attentifs aux symptômes de maladie et faire tester les animaux avant de les importer. L’AIE est inoffensive pour l’homme.

Plus d’information sur l’AIE

Les organisations agricoles veulent un taux de vaccination élevé

Pour protéger le cheptel suisse de la langue bleue, un taux de vaccination élevé est aussi nécessaire en 2010. Les organisations agricoles, les vétérinaires et les autorités sanitaires recommandent aux éleveurs de faire vacciner leurs animaux contre la langue bleue cette année encore.

 

L’Union suisse des paysans recommandent à tous les paysannes et paysans de faire vacciner leurs animaux contre la langue bleue. La vaccination protège les animaux et permet d’éviter les pertes économiques sur les exploitations. Un cheptel en bonne santé est la carte de visite d’une agriculture performante et crédible. Protégez-donc vos animaux en les faisant vacciner et aidez-nous à éliminer la langue bleue de Suisse !
Hansjörg Walter, président de l’Union suisse des paysans

 

La campagne de vaccination contre la langue bleue implique un engagement supplémentaire important des vétérinaires de ce pays. Mais nous nous impliquons volontiers dans cette campagne, car nous sommes convaincus qu’elle est utile. Un coup d’oeil à l’étranger nous le montre de manière exemplaire : la vaccination protège nos animaux et l’agriculture évite des pertes économiques importantes. La vaccination vaut la peine.
Charles Trolliet, président de la Société des vétérinaires suisses

 

Celui qui laisse vacciner ses animaux ne protège pas seulement son cheptel, mais aussi tout le cheptel suisse.
Markus Zemp, président de la Communauté de travail des éleveurs bovins suisses


La lutte contre la langue bleue s’est bien déroulée ces dernières années. En 2010 aussi, la vaccination sera obligatoire, avec cependant la possibilité d’exemptions. Il est primordial d’atteindre une couverture vaccinale élevée du cheptel suisse, c’est la seule façon de préserver la santé de nos animaux et d’éviter des souffrances et des pertes inutiles. Nous nous engageons ainsi ensemble pour la réussite économique d’une année 2010 saine, ce qui renforcera l’élevage en Suisse.
Andreas Aebi, président de swiss herdbook

 

La langue bleue a pu être endiguée de Suisse en 2008 et 2009. Mais nous devons aussi être prêt à affronter le futur. Notre pays doit faire face depuis plus d’une année à des difficultés économiques qui touchent aussi l’agriculture. Les consommateurs de ce pays exigent de la viande d’agneau saine issue d’une production suisse de qualité. Nous, éleveurs ovins, nous ne voulons pas prendre le risque de voir la langue bleue s’installer en Suisse avec toutes les conséquences que cela implique. C’est pourquoi nous recommandons de protéger nos moutons en les faisant vacciner en 2010 également.
German Schmutz, président de la Fédération suisse d’élevage ovin

 

Les cas de fièvre Q augmentent en raison de l’accroissement de la population caprine

La fièvre Q, appelée aussi coxiellose, s’est propagée de manière marquante aux Pays-Bas, obligeant les autorités à prendre des mesures très strictes chez les ovins et les caprins. Peter Braam, responsable du programme Santé animale et éradication des épizooties au Ministère néerlandais de l’agriculture, de la nature et de la qualité des denrées alimentaires, nous explique les raisons de ces mesures.

braam

Comment la fièvre Q s’est-elle propagée aux Pays-Bas?

60 fermes étaient touchées le 18 décembre 2009. Chez l’homme, la situation, le 16 décembre 2009, était de 2161 cas déclarés aux Services sanitaires néerlandais, contre 193 cas en 2007 et 973 cas en 2008.

Quelles sont les raisons de cette augmentation des cas?

Nous présumons que l’épidémie humaine a eu son origine dans les grandes exploitations de production de chèvres à lait. La population caprine a connu une forte croissance dans les années 90, passant de 10 000 à 360 000 têtes aujourd’hui. Les vagues d’avortement observées dans les exploitations ont disséminé des milliards de bactéries très stables. Ces bactéries contaminent l’environnement via le fumier et le purin, notamment durant la saison de mise bas, par temps sec au printemps et lors de périodes venteuses. Quelques dizaines de bactéries suffisent pour infecter un humain!

Comment avez-vous remarqué que le nombre de cas progressait?

En 2007, nous avons d’abord constaté une épidémie humaine. Le nombre de cas de fièvre Q nous a étonnés, car la maladie ne touchait que quelques individus par année auparavant. Nous avons alors mis sur pied une collaboration étroite entre les services vétérinaires, les autorités chargées de la santé publique humaine et les milieux agricoles. En 2008, la fièvre Q est devenue une maladie à déclaration obligatoire : éleveurs, vétérinaires et laboratoires doivent dès lors communiquer les cas observés ou diagnostiqués. Depuis 2008, les pourcentages d’avortements anormalement élevés chez les animaux de rente doivent être déclarés et leur cause doit être recherchée. Des mesures d’hygiène doivent être respectées et la vaccination est obligatoire dans une région du sud-est du pays. Nous avons, en outre, intensifié la recherche sur cette maladie en raison du nombre important d’inconnues et mise en route une surveillance active de la maladie. Actuellement toutes les exploitations détenant des chèvres et des brebis à lait doivent faire l’objet d’une analyse du lait tous les 15 jours (échantillons de lait prélevés à la citerne).

Vous avez décidé entre-temps des mesures plus radicales comme l’élimination des chèvres et des brebis gestantes. Pourquoi?

La vaccination reste la principale mesure de prévention. Malheureusement  nous n’avons pas suffisamment de doses de vaccin et des incertitudes demeurent sur l’efficacité du vaccin chez les femelles gestantes touchées. Nous avons dû prendre, par conséquent, d’autres mesures d’urgence avant la saison de mise bas de 2010 pour prévenir une nouvelle épidémie chez l’homme. Une de ces mesures est la mise à mort des chèvres et des brebis gestantes présentes sur les exploitations touchées. Nous avons aussi restreint les déplacements d’animaux à l’échelle nationale, étendu la vaccination et interdit toute insémination des brebis et des chèvres jusqu’au 1er juillet 2010.

Comment les éleveurs ont-ils réagi?

Le problème est connu des éleveurs. En 2007 et 2008, ils ont été très sollicités pour mettre en œuvre les mesures décidées. L’élimination des bêtes notamment celles qui venaient d’être vaccinées, est une mesure douloureuse pour le monde de l‘élevage. Pour des raisons scientifiques et d’urgence, nous ne pouvons pas faire la distinction entre animaux sains et animaux touchés : nous devons éliminer tous les animaux en gestation présents dans l’exploitation touchée. Les éleveurs reçoivent une indemnisation équivalente à la valeur de l’animal mais pas pour tous les dommages subis par la suite.

La fièvre Q est-elle un sujet qui intéresse la population?

L’élimination de bêtes est toujours un sujet qui suscite de vives réactions. Depuis les épizooties de fièvre aphteuse observées il y a quelques années, nous déployons des efforts pour faire évoluer la lutte contre les épizooties au niveau européen afin de ne plus devoir sacrifier les animaux en bonne santé. Dans cette optique, la vaccination connaît un regain d’intérêt. Mais malheureusement la fièvre Q est responsable d’un nombre élevé de cas de coxiellose chez l’homme, qui nécessitent un traitement rapide de ces malades aux antibiotiques pour éviter qu’ils ne développent la forme chronique de la maladie. De plus, dans certaines régions, la fièvre Q a eu des répercussions négatives importantes. C’est pourquoi nous devons admettre, dans la situation actuelle, que ces mesures, notamment la mise à mort des animaux, s’imposent pour protéger la santé de l’homme.

Vous trouverez d’autres informations sur la fièvre Q sur le site Internet

La fièvre Q fait des ravages en Hollande

La Hollande est actuellement fortement touchée par la fièvre Q, qu’on appelle aussi coxiellose. De nombreuses exploitations de moutons, de chèvres et de bovins sont concernées et plus de 2000 personnes ont été atteintes par la maladie en 2009 – la maladie est en nette progression depuis deux ans. Pour tenter d’arrêter la propagation de la maladie chez les humains, l’abattage de plusieurs milliers de brebis et de chèvres portantes a été décidé. Depuis le début 2009, les moutons et les chèvres sont vaccinés contre cette maladie. Alors est-ce que cette maladie est aussi une menace pour la Suisse?

En fait, la Suisse n’est pas indemne de fièvre Q: chaque année, on dénombre quelques douzaines de cas de coxiellose chez les bovins, les moutons et les chèvres. Ce sont des cas isolés et le nombre de cas est constant depuis plusieurs années. Une épidémie de l’ampleur de celle que connaît la Hollande aujourd’hui n’est pas d’actualité en Suisse. Mais cela n’exclut pas une évolution défavorable future.

En Suisse, on découvre souvent la fièvre Q suite à des examens d’avortements. Tous les paysans et vétérinaires le savent: les avortements à répétition chez les bovins, les moutons ou es chèvres doivent être signalés au vétérinaire cantonal qui va alors ordonner des analyses – dont la coxiellose. Signaler ces avortements à répétition est donc une protection pour le détenteur, car cela va permettre la détection de maladies et éviter leur propagation. Si des mesures de lutte contre la coxiellose ne sont pas généralisées, il vaut la peine de prendre des mesures sur les exploitations fortement touchées.

Plus d’infos sur la fièvre Q

Un cas d’anémie infectieuse chez un cheval en Allemagne : malgré des importations, la Suisse reste indemne

Fin novembre, les vétérinaires cantonaux de Thurgovie et de Zurich reçoivent une annonce désagréable d’Allemagne : un cas d’anémie infectieuse équine (AIE) a été diagnostiqué dans une exploitation équine. Les enquêtes vétérinaires découvrent que 5 chevaux ont été exportés vers la Suisse – un contact avec l’animal malade, quoi que peu probable, ne peut être exclus. Les offices cantonaux ordonnent immédiatement une prise d’échantillons chez les chevaux importés.

Si la Suisse est indemne d’AIE, cette maladie des chevaux, inoffensive pour l’homme, est diffuse dans le monde entier. Elle est endémique en Europe de l’Est et des cas sporadiques sont apparus dans nos pays voisins. Provoquée par un virus, elle se caractérise par une fièvre élevée, une anémie, un fort amaigrissement et parfois même une mort subite de l’animal touché. La forme subclinique de la maladie est fréquente – les chevaux restent actifs, ont bon appétit, mais perdent du poids sans raison apparente. La maladie se transmet principalement de manière mécanique par des insectes piqueurs comme les taons, les mouches et les moustiques. Comme il est impossible de combattre ces insectes, il est difficile de combattre la maladie. C’est pourquoi, il faut pouvoir agir rapidement pour éliminer immédiatement l’animal touché et éviter que la maladie ne se propage aux autres animaux.

Or tout peut aller très vite. Les office vétérinaires cantonaux de Thurgovie et de Zurich en ont fait l’expérience. Les 5 chevaux de l’exploitation allemande ont été importés dans 4 exploitations différentes. Ainsi en l’espace de quelques jours et par l’introduction de quelques individus seulement, ce sont déjà plusieurs exploitations réparties dans plusieurs cantons qui peuvent être en danger.

L’histoire ici devrait bien se terminer: aucun des animaux importés n’est positif à l’AIE et des tests vont être répétés au début janvier pour s’assurer que les animaux ne sont pas en phase d’incubation. Reste que la maladie peut aussi toucher la Suisse. C’est pourquoi il faut rester vigilant et selon le pays d’origine, il vaut la peine de faire tester ses animaux avant l’importation. Parce que pour agir à temps, il faut agir avant.

Plus d'infos sur l'anémie infectieuse des équidés

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