Office vétérinaire fédéral OVF

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Un été avec Fleurette - Fleurette est revenue en bonne santé de l’alpage

Fleurette est de retour! Durant tout l’estivage, ni elle ni les autres bovins qui étaient avec elle sur le Vorholzallmend au fond du Simmental (BE) n’ont été infectés par le virus de la diarrhée virale bovine BVD. C’est un succès de plus pour le programme de lutte contre la BVD dont il s’agit de consolider les bons résultats à long terme.

L’échantillon sanguin que le vétérinaire, Andreas Künzi, a prélevé sur Fleurette à la fin de l’estivage s’est révélé exempt d’anticorps, preuve que Fleurette n’est pas entrée en contact avec le virus de la BVD durant l’estivage. Il en va de même pour les bovins de l’exploitation d’Andreas Knutti (voir blog du 12 septembre 2011) et des autres bovins estivés sur le Vorholzallmend: ils se sont tous révélés négatifs au test de recherche d’anticorps et sont retournés en bonne santé dans leur exploitation d’origine. Ce même constat réjouissant a pu être fait sur d’autres alpages suisses dont les animaux sont restés cette année indemnes de nouvelles infections de BVD.

Blüemli Oktober
Fleurette est revenue en bonne santé de l’alpage : elle n’a pas été contaminée par le virus de la BVD

Tout comme M. et Mme Gertsch (les propriétaires de Fleurette) et l’éleveur Andreas Knutti, les détenteurs de bovins suisses ont tous contribué à ce succès: ils sont restés vigilants et ont veillé à ce que leurs animaux soient correctement testés. Ceux d’entre eux qui ont été confrontés dans leur exploitation à la naissance d’un veau reconnu «infecté permanent» ou animal IP ont immédiatement éliminé cet animal du troupeau, évitant ainsi la contagion des autres bovins par le virus de la BVD.


Cette victoire sur la BVD, obtenue de haute lutte grâce aux efforts conjugués des détenteurs de bovins, des vétérinaires et des autorités, mérite d’être consolidée. C’est précisément maintenant, dans cette situation favorable, que la plus grande vigilance des éleveurs s’impose pour protéger leur troupeau indemne de BVD de toute nouvelle infection. Ils doivent être particulièrement attentifs à la présence d’éventuels animaux IP dans leur troupeau et éviter que ceux-ci ne passent inaperçus. Un animal IP dans une exploitation indemne occasionnerait en effet de grands dommages. C’est pour éviter une telle situation qu’il a été décidé de continuer à tester les veaux nouveau-nés l’année prochaine et d’exclure au plus vite des exploitations tout veau qui se révélerait positif lors du test. Ce dernier effort de tous les acteurs est indispensable pour parachever l’éradication de la BVD.

La phase de lutte prendra donc fin en 2012 puis on passera à la phase de surveillance. A long terme, la surveillance, moins coûteuse, remplacera entièrement le test des veaux. Mais pour assurer la transition entre ces deux phases, un programme de surveillance spécial a été adopté pour l’année 2012. Il est prévu d’effectuer des tests de recherche des anticorps sur des bovins moins jeunes en analysant, d’une part, des échantillons de lait de citerne dans les exploitations laitières et, d’autre part, des échantillons sanguins prélevés dans les exploitations qui ne produisent pas de lait. Le test des veaux se poursuivra en parallèle. Lorsque la nouvelle méthode de surveillance aura démontré son efficacité, le test des veaux pourra être totalement abandonné.

Cette double surveillance, portant à la fois sur les veaux nouveau-nés dont on prélève un échantillon d’oreille (test des veaux) et sur les groupes de bovins dont on prélève soit des échantillons sanguins soit des échantillons de lait de citerne (pour des examens sérologiques) permettra de détecter les derniers animaux susceptibles de transmettre le virus et de l’éliminer. Cette démarche est indispensable pour assurer l’éradication définitive de la BVD. Le cheptel bovin suisse sera alors en meilleure santé et les pertes économiques occasionnées chaque année par la BVD appartiendront enfin au passé.

Vous trouverez davantage de renseignements sous: www.stopbvd.ch

 

Un été avec Fleurette – des efforts payants

Fleurette passe les dernières semaines de son premier été à l’alpage sur le Rossberg, un pâturage de basse altitude situé sur le Vorholzallmend (BE). Non loin de là paissent les animaux en bonne santé, appartenant au paysan Andreas Knutti. Pourtant, au cours des hivers précédents, plusieurs veaux infectés par la diarrhée virale bovine (BVD) sont venus au monde dans son étable. Ces animaux IP – c’est ainsi qu’on les nomme – ont dû être abattus prématurément. Une mesure difficile à prendre, mais qui s’avérera payante à long terme.

Le premier été à l’alpage de Fleurette touche à sa fin. Pour l’heure, aucun signe ne suggère que Fleurette a pu être contaminée par le virus de la BVD au cours de l’estivage. Monsieur et Madame Gertsch, ses propriétaires, sont confiants: ils pensent que leur troupeau continuera d’être épargné par la maladie.


Le paysan Andreas Knutti, lui, a eu moins de chance. Depuis le début de la campagne d’éradication de la BVD, en 2008, onze veaux infectés permanents (IP) – ce qui signifie qu’ils excréteront le virus toute leur vie – ont vu le jour dans son étable. L’examen des échantillons de tissus, que le paysan a pu prélever sur les veaux nouveau-nés au moyen de marques auriculaires, a révélé qu’ils étaient atteints du virus de la BVD. Or, en tant qu’animaux IP, ils sont susceptibles de propager la maladie à grande échelle, et donc de contaminer d’autres bovins. De plus, ils sont souvent maigres et d’aspect maladifs. Grâce à la campagne d’éradication de la BVD, les détenteurs d’animaux ont pris conscience que les problèmes de santé affectant les cheptels bovins suisses, comme la chétivité, les diarrhées, les problèmes de fertilité et la multiplication des avortements, pouvaient être liés à la BVD, et que les veaux IP représentaient également un risque pour les autres animaux de l’étable.

Fleurette début septembre 
 
Fleurette passe ses dernières semaines d’estivage sur le Rossberg. Non loin de là paissent les animaux de l’étable d’Andreas Knutti.


Andreas Knutti pense que certaines mères de veaux IP ont été contaminées par le virus de la BVD au cours du dernier estivage sur le Rossberg, et qu’elles ont à leur tour infecté leurs veaux à naître. D’abord testé négatif à la BVD, un bovin d’une étable voisine ayant aussi passé l’été sur le Rossberg a finalement obtenu un résultat positif lors d’un second test pratiqué à l’automne dernier. Au cours de l’estivage, cet animal IP a excrété le virus et peut donc avoir infecté les vaches gestantes d’Andreas Knutti, qui paissaient sur le même alpage.

Naissance animal IP
Naissance d’un animal IP

Afin que les animaux IP nouveau-nés d’Andreas Knutti ne puissent plus contaminer d’autres bovins, ils ont dû être abattus immédiatement. Outre le coût financier qu’elle a représenté, cette décision a également été psychologiquement difficile pour le paysan et sa famille: «Parfois, ma mère ne voulait même plus mettre les pieds dans l’étable. Elle ne supportait plus que l’on soit obligés d’abattre prématurément tant de petits veaux.»

Andreas Knutti
 
Andreas Knutti apporte un soutien précieux à la lutte de longue haleine contre la BVD.

Heureusement les efforts mis en œuvre pour combattre la BVD s’avèrent payants. Grâce à l’implication de paysans motivés tels qu’Andreas Knutti, la maladie a presque été éradiquée en Suisse. Depuis le début de la campagne de lutte contre le virus, la proportion d’animaux IP parmi les veaux nouveau-nés est passée de plus de 1,3% à 0,1%, ce qui signifie que moins de 10 nouveau-nés sur 10 000 sont atteints. Aujourd’hui, près de 99% des élevages suisses de bovins sont sains. Afin d’éloigner les derniers animaux IP du reste du cheptel bovin, et de prévenir ainsi de nouvelles infections, il est essentiel que tous les animaux fassent l’objet de prélèvements et soient soumis à des tests de dépistage de la BVD. C’est la seule solution pour que la maladie soit bel et bien éradiquée et que Fleurette puisse passer l’été sur l’alpage avec des animaux issus de différentes exploitations de la vallée sans risquer une contamination. Les cheptels bovins de Suisse seront alors en meilleure santé et les pertes économiques liées à la BVD, qui se chiffrent à environ 9 millions de francs suisses chaque année, ne seront alors plus qu’un mauvais souvenir.

Pour connaître quels sont les efforts entrepris par les détenteurs d’animaux, les vétérinaires et les autorités pour éradiquer totalement la BVD de Suisse ou pour prendre des nouvelles de Fleurette, vous pouvez consulter régulièrement notre blog sur cette page.

Pour davantage d’informations spécifiques sur la BVD,  veuillez consulter  www.stopbvd.ch.

 

La morve: De l’annonce de suspicion à la levée de l’alarme

La semaine dernière, en Suisse, une exploitation équine a été mise sous séquestre en raison d’une suspicion de morve chez un cheval. On craignait que l’animal, arrivé du Liban en Europe au mois de janvier, et dans le canton de Soleure au mois de mai via la France et l’Allemagne, ne soit le point de départ d’une réintroduction de l’agent de la maladie, éradiqué en Suisse depuis plus de 70 ans. De fait, on apprenait en juillet que de nombreux cas de morve avaient été signalés au Liban depuis février. Aussi, les autorités ont immédiatement ordonné l’examen du cheval importé. Les analyses réalisées par l’Institut de bactériologie vétérinaire de la faculté Vetsuisse de Zurich ont établi la suspicion de morve.

La morve est une épizootie transmissible à l’Homme. En tant que telle, elle doit être éradiquée et est donc soumise à l’obligation d’annoncer conformément aux dispositions de la législation sur les épizooties. En présence d’un cas suspect, des mesures doivent être immédiatement prises afin d’empêcher tout risque de propagation de la bactérie. Le cheval suspect, mais aussi tous les chevaux ayant été en contact avec lui, doivent subir des tests et l’exploitation où l’animal est détenu doit être mise sous séquestre. Tout contact avec des chevaux provenant d’autres exploitations est interdit. Dans le cas présent, un concours qui devait avoir lieu sur le site de l’exploitation a été annulé. En outre, une enquête a été diligentée pour déterminer si d’autres chevaux ont été importés du Liban dans l’UE à la même période. Un deuxième cheval a ainsi pu être localisé en Suisse romande, et testé. En résumé: un grand déploiement de mesures qui a suscité beaucoup d’inquiétude, et pas seulement parmi les propriétaires de chevaux.
Aujourd’hui, une semaine plus tard, l’alarme et le séquestre ont été levés. Les tests de référence pratiqués par le laboratoire international de référence de l’O.I.E., en Allemagne, se sont révélés négatifs.

Mais pourquoi a-t-il fallu attendre une semaine? Que s’est-il passé dans l’intervalle? Pourquoi les échantillons doivent-ils être analysés une seconde fois par un laboratoire international de référence?

Le professeur Max M. Wittenbrink, chef du laboratoire national de référence pour la morve à l’Institut de bactériologie vétérinaire de l’Université de Zurich, nous explique le déroulement de la procédure entre l’annonce de suspicion et la levée définitive de l’alarme, et pourquoi des tests  de référence sont-ils nécessaire?

Qu’est-ce que la morve exactement, et comment les chevaux l’attrapent-ils?

M. M. Wittenbrink: La morve du cheval est une maladie infectieuse d’origine bactérienne qui affecte en premier lieu les équidés. La forme aiguë se présente tout d’abord comme une maladie fébrile générale, avec ensuite apparition possible, au niveau des muqueuses des voies supérieures, de la peau et des organes internes, de nodules inflammatoires finissant par s’ulcérer. Les animaux atteints de morve aiguë décèdent dans un délai de 1 à 2 semaines après avoir déclaré la maladie. La forme aiguë est rare en ce qui concerne le cheval, chez qui la morve est plutôt d’évolution chronique, voire asymptomatique. Dans ce dernier cas, l’animal, bien qu’en apparence sain, reste porteur de l’agent et peut continuer à l’excréter. Pour cette raison, des investigations longues, comprenant plusieurs tests, sont nécessaires.

À partir de quel moment un cas est-il considéré comme suspect? Et que se passe-t-il alors?
M. M. Wittenbrink: Lors de l’importation de chevaux en provenance de pays dans lesquels la maladie n’est pas combattue avec autant d’énergie qu’en Suisse et dans les pays voisins, où les mesures de protection et d’éradication sont draconiennes, il existe un risque d’introduction de l’agent par des animaux infectés non dépistés. En cas d’annonce de suspicion, le vétérinaire cantonal fait parvenir au laboratoire national de référence un échantillon de sang prélevé sur l’animal suspect. Là, une analyse est pratiquée selon la méthode prescrite par l’O.I.E. (Office international des épizooties) pour le diagnostic sérologique afin de rechercher la présence d’anticorps. Ce test permet de détecter les anticorps de morve 12 à 14 jours après la date de l’infection. En Suisse, un résultat positif a immédiatement pour conséquence la mise sous séquestre de l’exploitation afin d’empêcher toute contamination d’autres animaux, et la réalisation  du test sur tous les chevaux ayant été en contact avec le sujet suspect.
Mais ce test ne suffit pas à lui seul pour établir définitivement le diagnostic qui, s’il était positif, entraînerait la prise de mesures lourdes de conséquences. On sait en effet, depuis que le diagnostic sérologique de la morve est pratiqué, qu’un cheval peut très bien présenter une réaction suspecte, voire positive au test sans pour autant être infecté. C’est pourquoi, tous les échantillons, qu’ils soient classés par le laboratoire de référence suisse comme positifs ou suspects, doivent être envoyés au laboratoire international de référence de l’O.I.E. à Iéna (D) pour être testés une deuxième fois et subir un autre type de test, développé à l’origine comme méthode de confirmation en cas de résultat incertain. Cette dernière procédure peut prendre plusieurs jours. Tant que le deuxième test et le test de confirmation ne se sont révélés négatifs, l’alarme ne peut être levée. Jusque-là, les mesures de séquestre sont maintenues, même si aucun animal ne présente de symptômes. Toutes ces investigations et mesures sont indispensables, car il faut empêcher par tous les moyens que la morve, maladie équine aux conséquences lourdes, transmissible à l’Homme, ne réapparaisse en Suisse.

Un été avec fleurette – fleurette à l’alpage

Fleurette a maintenant 8 mois et paît sur le Vorholzallmend dans la vallée de la Simme, seconde zone de pâturages communaux de Suisse par la taille. Des animaux appartenant à plusieurs exploitations y passent l’été, dont un certain nombre de vaches gestantes provenant d’exploitations où la diarrhée virale bovine (BVD) a sévi. En cas de contact avec un animal prématuré, voire avec un avorton, Fleurette – chez qui la recherche d’anticorps anti-BVD, effectuée il y a cinq semaines, s’est révélée négative – pourrait être infectée par le virus de la BVD. 

Fleurette, 8 mois, passe l’été sur les pâturages du Vorholzallmend.


Avec ses 9000 hectares, le Vorholzallmend, dans l’arrière-vallée de la Simme, est la seconde zone de pâturages communaux de Suisse. Il est administré et exploité depuis environ 700 ans par une collectivité de droit publique.

Le Vorholzallmend, dans l’arrière-vallée de la Simme, lieu d’estive de Fleurette, s’étend sur 900 hectares et accueille des animaux provenant de 27 exploitations.


Des animaux provenant de 27 exploitations y passent l’été. Parmi eux se trouvent des vaches gestantes dont l’exploitation d’origine comptait des veaux infectés permanents (IP), nés au printemps, qui excréteront le virus durant toute leur vie, risquant de contaminer tous les bovins avec lesquels ils se trouveront en contact. Les mères de ces animaux IP ont passé l’été précédent sur le Vorholzallmend, où elles ont probablement contracté le virus entre le 2e et le 4e mois de gestation. On a constaté ces dernières années que les infections contractées durant l’estivage étaient à l’origine d’un nombre considérable de cas d’IP. L’estivage constitue donc un point délicat dans l’éradication de la BVD.

L’exploitation d’origine de Fleurette, à Mettmenegg, n’a encore jamais été touchée par la BVD et, en juin, l’analyse du sang de Fleurette n’a pas permis de détecter la présence d’anticorps. Si Fleurette présentait des anticorps à l’automne, cela signifierait qu’elle a été en contact avec le virus de la BVD pendant l’estivage. Cette réaction est appelée séroconversion. Une vache provenant d’une exploitation ayant été touchée par la BVD peut porter un veau IP. En cas de mise bas prématurée, voire d’avortement à l’alpage, le veau ou l’avorton excréterait une quantité massive de virus, et Fleurette pourrait être infectée. Pour cette raison, les exploitants et exploitantes d’alpages contrôlent régulièrement les animaux dont ils ont la charge. Toute vache qui présente des signes de mise bas prématurée est immédiatement séparée des autres animaux et ramenée dans la vallée. En outre, une clôture en fil barbelé protège Fleurette d’un contact trop étroit avec les animaux provenant d’autres exploitations.


Sur les pâturages d'été du Vorholzallmend, les troupeaux de bovins provenant de différentes exploitations dans la vallée sont séparés par des clôtures en fil barbelé.

 

Découvrez également sur cette page quels sont les efforts entrepris par les détenteurs d’animaux, les vétérinaires et les autorités pour éradiquer totalement la BVD de Suisse, et prenez des nouvelles de Fleurette.

Vous trouverez des informations supplémentaires sur le site www.stopbvd.ch

Nouvelles dispositions vétérinaires à compter de juillet 2011

De nouvelles dispositions légales relatives au domaine vétérinaire sont entrées en vigueur au début du mois de juillet 2011, notamment avec la révision de l’ordonnance concernant l’élimination des sous-produits animaux (OESPA). Les principaux changements apportés à ce texte portent sur son champ d’application, sur l’interdiction de nourrir les porcs avec des restes de repas et sur les dispositions relatives aux usines ou installations d’élimination. Parallèlement, l’ordonnance sur les épizooties (OFE) a été adaptée. Par exemple, la fièvre du Nil occidental, déjà présente dans le sud de l’Europe, est désormais soumise à l’annonce obligatoire.

Le champ d’application de l’ordonnance concernant l’élimination des sous-produits animaux a été étendu au lait, aux œufs et au miel. Ainsi l’ordonnance révisée réglemente-t-elle par exemple l’utilisation du lait cru contenant des antibiotiques, comme cela peut arriver en cas de mammite soignée par antibiothérapie. Désormais, ce lait ne peut plus être utilisé que dans l’exploitation d’origine, soit pour abreuver les veaux, soit en le mélangeant au purin. Autrement, il doit être détruit.

Alimentation des porcs avec des restes de repas interdite
L’alimentation des porcs avec des restes de repas («soupe pour les cochons») est interdite dans tous les pays de l’UE depuis 2006. Aussi, afin de respecter les accords bilatéraux dans le domaine vétérinaire et pour ne pas porter atteinte aux débouchés des entreprises suisses à l’étranger, la Suisse a dû interdire à son tour cette pratique. Le délai de transition qui lui avait été accordé pour laisser le temps à la branche de s’organiser est arrivé à échéance le 30 juin 2011, et l’interdiction d’utiliser des restes de repas dans l’alimentation des porcs est désormais inscrite dans l’OESPA.


Durcissement des dispositions pour des installations d’élimination
Le durcissement des dispositions concerne également les usines et installations d’élimination. Quiconque élimine des sous-produits animaux doit en avertir l’office vétérinaire cantonal compétent. Les usines ou installations de production de biogaz et de compostage commercial qui valorisent des restes de repas et autres sous-produits animaux doivent demander une autorisation d’exploitation au vétérinaire cantonal. Les voies d’accès aux usines ou installations doivent être aménagées de manière à ce que la voie d’arrivée des sous-produits animaux à transformer et la voie de départ des produits transformés soient séparées. Toute installation d’élimination se trouvant sur le site d’une exploitation détenant des animaux doit être entièrement séparée des unités d’élevage, y compris en ce qui concerne les voies d’accès.

Fièvre du Nil occidental soumise à l'annonce obligatoire
Par ailleurs, le Conseil fédéral a adapté l’ordonnance sur les épizooties en fonction de l’évolution de la situation épizootique, des nouveaux risques et de l’état actuel des connais-sances scientifiques. La nouvelle ordonnance contient des dispositions relatives à la fièvre du Nil occidental, qui est une zoonose, c’est-à-dire une malade animale transmissible à l’Homme. Les oiseaux sauvages sont le principal réservoir du virus, qui se transmet aux autres animaux, notamment le cheval, ainsi qu’à l’Homme par des piqûres de moustiques. À l’heure actuelle, la fièvre du Nil touche surtout l’Europe méridionale. Mais certains des moustiques vecteurs du virus sont présents en Suisse. Il faut donc s’attendre à ce qu’un jour où l’autre, la maladie fasse son apparition chez nous.

Le Service vétérinaire suisse fait un exercice de simulation de crise – Déroulement du jour 2 de l’exercice « NOSOS 2011 »

Deux mois se sont écoulés fictivement entre le jour 1 qui simulait les premiers moments de l’apparition de la fièvre aphteuse et le jour 2 qui simule un stade avancé de la propagation de l’épizootie en Suisse. Ce deuxième jour de l’exercice NOSOS 2011 sert essentiellement à la vérification des ressources. Au-delà d’une recrudescence des notifications de cas suspects et de cas confirmés par les différents cantons, on constate qu’à présent des abattoirs sont touchés également.

Depuis le premier cas de fièvre aphteuse deux mois se sont écoulés. La cellule de crise se réunit dès le matin pour faire le point. Pendant ce temps, l’employé d’un abattoir constate lors d’un contrôle de routine que des porcs livrés à l’abattoir boitent et présentent des vésicules aux onglons. Conscients de la situation épizootique qui prévaut dans notre pays, il informe immédiatement le service vétérinaire cantonal. Le vétérinaire officiel se rend sur place et déclare le cas suspect. Bientôt le diagnostic de fièvre aphteuse est confirmé.


              

Aussitôt, des mesures urgentes sont prises pour éviter toute dissémination du virus hors de l’abattoir : le service vétérinaire établit un périmètre de sécurité autour de l’établissement touché. Parallèlement des enquêtes épidémiologiques sont entreprises. D’où viennent les animaux malades ? Le même transporteur s’est-il rendu dans d’autres exploitations, y a-t-il chargé des animaux ? Où se rend le transporteur après avoir déchargé les animaux ? En répondant à ces questions, on pourra identifier le foyer épizootique et soumettre l’exploitation touchée aux mesures d’interdiction qui s’imposent.

              

A l’abattoir, les carcasses d’animaux déjà abattus sont isolées et mises sous séquestre en attendant que les résultats des enquêtes soient connus. L’abattoir est entièrement nettoyé et désinfecté conformément au plan d’urgence. Le site est déclaré zone interdite et décontaminé, de même que les le personnel qui souhaite le quitter et les véhicules qui doivent en repartir. Le vétérinaire officiel fait le point de la situation devant les médias. En principe, les travaux de nettoyage et les enquêtes sont achevés dans les 24 heures ; l’exploitation de l’abattoir peut alors reprendre normalement.

Exercice de simulation d’une épizootie NOSOS 2011 – un coup d’œil à la Cellule nationale de crise

Le Service vétérinaire suisse teste sa capacité à lutter contre un foyer de fièvre aphteuse très étendu en Suisse. La Cellule nationale de crise (CNC) de la Confédération est le poste de commandement central chargé de coordonner au mieux le travail des participants à l’exercice, les mesures et l’information. Jetons un coup d’œil dans les coulisses.

Les annonces en provenance des cantons affluent à la Cellule nationale de crise. Elles fournissent des informations sur les exploitations et le nombre d’animaux à onglons (bovins, porcs, moutons, chèvres) touchés par la fièvre aphteuse. Dans certains cas, il ne s’agit pour l’instant que d’une suspicion et, dans d’autres cas, l’information du canton a été confirmée par des analyses de laboratoire.

Ces annonces sont des données brutes qui permettent de décider de placer des exploitations sous séquestre, de délimiter des zones de protection et de surveillance ou de déclarer des régions entières, voire des cantons, zones touchées par l’épizootie. Des cartes d’ensemble et des cartes détaillées élaborées avec des programmes informatiques spéciaux sont établies pour illustrer la situation. Elles sont actualisées au fur et à mesure de l’évolution de la situation.

              

Des experts se réunissent plusieurs fois par jour pour évaluer la situation et définir les mesures de lutte. Ils peuvent décider une interdiction régionale, voire nationale, de déplacer des animaux et la destruction du lait produit dans la région touchée. Il s’agit de mesures très lourdes de conséquences, mais néanmoins nécessaires, car les virus de la fièvre aphteuse peuvent se propager très rapidement et sont hautement contagieux pour les animaux à onglons. Ces virus ne sont pas dangereux pour l’être humain.

Ces mesures sont appliquées par les cantons, les communes et les exploitations. Dans les cas extrêmes, la Confédération, via la CNC, peut demander l’aide de l‘armée.

La CNC joue un rôle important également dans la communication. Elle informe, d’une part, les cantons de manière rapide et uniforme, puisque ces derniers sont chargés d’appliquer les mesures décidées. Elle crée, à cette fin, des pages internet spéciales ou utilise la présentation électronique de la situation (PES) de la Centrale nationale d’alarme (CENAL).

La CNC informe, d’autre part, les médias plusieurs fois par jour, au moyen de conférences et de communiqués de presse et répond à leurs nombreuses questions. Elle ouvre des lignes téléphoniques spéciales pour répondre de manière aussi objective que possible aux questions, pertinentes ou non, posées par les citoyennes et citoyens inquiets.

La CNC est activée non seulement en cas de fièvre aphteuse, mais aussi lors de l’apparition des autres épizooties classées dans la catégorie « hautement contagieuses ».

Daniel Marthaler

 

Le Service vétérinaire suisse fait un exercice de simulation de crise – Déroulement du jour 1 de l’exercice « NOSOS 2011 »

Ce premier jour de l’exercice NOSOS simule les tout premiers moments de l’apparition d’une épizootie, l’objectif étant de tester la capacité des services vétérinaires à communiquer les cas suspects, à prendre les mesures urgentes, à prélever des échantillons et à poser un diagnostic, à mener des enquêtes épidémiologiques et à délimiter les zones de protection et de surveillance.

Un cas de suspicion est annoncé dans une exploitation située à proximité de Küssnacht. Le vétérinaire officiel se rend sur les lieux. Il prend dans la trousse de diagnostic posée dans sa voiture tout le matériel dont il a besoin. Les routes d’accès à l’exploitation sont barrées. Après avoir revêtu un vêtement de protection, il pénètre dans l’étable, examine les animaux, constate des symptômes caractéristiques de la fièvre aphteuse chez certains d’entre eux et confirme la suspicion par téléphone au service vétérinaire. Il prélève des échantillons de sang, les emballe comme il se doit, puis, après désinfection, les remet à un coursier. C’est en effet un coursier qui, dans une situation réelle, apporterait les échantillons à l’IVI.

Pendant ce temps, à quelques kilomètres de là, le Service de défense chimique uranais met en place une zone de protection autour d’une autre exploitation: un autre cas de suspicion, annoncé la veille, a été confirmé. Une trentaine d’hommes du Service de défense chimique bloque l’accès tout autour de l’exploitation et délimite le périmètre de sécurité ainsi que les points d’entrée et de sortie. L’accès est réservé aux personnes autorisées revêtues d’un vêtement de protection. Les médias, conviés sur place, reçoivent toutes les informations nécessaires. Un exercice d’évacuation des animaux est alors effectué, des animaux qui, dans une situation réelle, auraient été abattus. Le véhicule de transport des animaux ne peut quitter l’exploitation qu’en passant par un sas de désinfection, comme toutes les autres personnes ou objets transportés hors du périmètre de sécurité. L’étable est nettoyée et désinfectée.

Au début de l’après-midi, divers représentants officiels et la direction du Service de défense chimique uranais donnent une conférence de presse. Le « stand-still » est décrété : durant une période, fixée provisoirement à 72 heures, tout mouvement d’animaux et de marchandises est interdit et les mouvements de personnes sont strictement limités.

Tout cela est très passionnant, mais angoissant aussi: essayons d’imaginer un instant que ce scénario devienne réalité!

«Une nouvelle procédure clé dans la détection précoce des épizooties»

Depuis quelques mois, en cas de suspicion d’une maladie hautement contagieuse, les vété-rinaires ont la possibilité d’effectuer un examen d’exclusion. Des échantillons peuvent ainsi être prélevés sans passer obligatoirement par les mesures de séquestre prévues par l’ordonnance sur les épizooties. Le premier à avoir eu recours à cette nouvelle procédure est Francesco Albanese, jeune vétérinaire officiel tessinois. Entretien:

Francesco Albanese

En mars dernier, vous avez prélevé des échantillons de sang sur deux porcs pour un dépistage de la fièvre aphteuse et de la maladie vésiculeuse du porc. Vous êtes ainsi le premier à utiliser la nouvelle technique de l’examen d’exclusion. Quelles raisons vous y ont poussé?
Je travaille comme contrôleur des viandes dans un abattoir. Lors du contrôle ante mortem des animaux, j’avais remarqué deux porcs qui présentaient des symptômes suspects lais-sant penser à une fièvre aphteuse: tous deux souffraient de boiterie, d’une inflammation du bourrelet coronaire, d’aphtes au niveau du groin et d’une salivation excessive. Cependant, aucun n’avait de la fièvre, ce qui est pourtant caractéristique de la fièvre aphteuse. Par mesure de sécurité, j’ai donc demandé un examen d’exclusion pour cette pathologie ainsi que pour la maladie vésiculeuse du porc.

Comment avez-vous entendu parler de cette nouvelle procédure?
Début mars, j’ai suivi une formation continue de vétérinaire officiel sur le thème du «rôle du vétérinaire officiel en cas de découverte d’un foyer de fièvre aphteuse». La possibilité d’un examen d’exclusion nous a été présentée à cette occasion.

Qu’auriez-vous fait si vous n’aviez pas eu cette possibilité?
J’aurais alors sûrement appelé le vétérinaire cantonal et c’est ce dernier qui aurait dû décider des mesures à prendre. L’annonce d’un vrai cas d’épizootie suspectée dans un abattoir aurait été lourde de conséquences. Il aurait fallu fermer l’établissement, ce qui aurait eu un impact économique considérable. C’est pour cette raison que nous apprécions tout particulièrement l’introduction de cette étape et que j’ai été ravi de pouvoir utiliser l’examen d’exclusion, car il ne nécessite pas de mise sous séquestre; d’autant que le cas suspecté de fièvre aphteuse n’a finalement pas été confirmé.

Comment avez-vous procédé?
Tout s’est déroulé pour le mieux. J’ai envoyé les prélèvements, je me suis entretenu par té-léphone avec l’Institut de virologie et d’immunoprophylaxie (IVI), puis les échantillons ont im-médiatement été examinés.

Pensez-vous que le recours à l’examen d’exclusion puisse contribuer à prévenir l’apparition d’épizooties en Suisse?
Absolument. Cette possibilité permet d’analyser beaucoup plus de cas douteux qu’avant. Les examens d’exclusion constituent un élément clé dans le dépistage précoce des épizooties. Cela nous permet également d’intervenir plus rapidement, ce qui est essentiel dans la lutte contre les maladies animales hautement contagieuses.

M. Albanese, nous vous remercions pour cet entretien.

Plus d'information sur la site-internet de l'OVF.

Une procédure simple pour exclure les épizooties hautement contagieuses en cas de suspicion!

Les épizooties hautement contagieuses comme la fièvre aphteuse ou la peste porcine restent présentes dans de nombreux pays. Leur introduction dans notre pays aurait des conséquences incalculables, non seulement pour les éleveurs directement concernés, mais pour l’économie suisse dans son ensemble. Il n’est donc pas étonnant que les dispositions légales dans ce domaine soient très sévères : la simple suspicion d’une telle infection entraîne une mise sous séquestre immédiate de l’exploitation pour prévenir toute propagation de l’épizootie. Les animaux et leurs produits doivent rester confinés dans l’exploitation, pour pallier au risque élevé de propagation du virus.

Mais dans quels cas doit-on admettre qu’il y a suspicion ? Les symptômes des épizooties hautement contagieuses ne sont pas toujours évidents au début. Que doivent faire les vétérinaires face à des symptômes dont l’interprétation est délicate, des symptômes qui, d’un côté, ne permettent pas d’exclure absolument un cas d’épizootie hautement contagieuse, mais qui, d’un autre côté, pourraient tout aussi bien être tout à fait bénins? Doivent-ils – pour ne courir aucun risque – annoncer une suspicion de fièvre aphteuse et déclencher tout le processus de mise sous séquestre de l’exploitation ? Dans la pratique, les vétérinaires craignent souvent de déclarer un cas de suspicion, tout comme les éleveurs qui ne se décideront à franchir le pas d’une déclaration aussi lourde de conséquences que si les symptômes sont relativement nets. Dans la plupart des cas, cette manière de procéder ne pose pas de problèmes, mais qu’en serait-il si des symptômes peu clairs se révélaient finalement être réellement des symptômes précoces de fièvre aphteuse? L’attentisme aurait alors des conséquences fatales, car tout retard dans le diagnostic d’une épizootie hautement contagieuse augmente considérablement les difficultés de la lutte et de l’éradication d’un tel foyer.

Or, il existe depuis quelques mois une possibilité d’échapper à ce dilemme. Les vétérinaires confrontés à des symptômes peu clairs et d’apparence épizootique ont désormais la possibilité de faire un examen dit « d’exclusion » s’ils suspectent un cas de fièvre aphteuse, de peste porcine classique, de peste porcine africaine, de grippe aviaire ou de maladie de New Castle. La procédure est prévue, pour chacune des maladies citées, vous trouverez des informations supplémentaires sur nos sites "santé animale". L’examen d’exclusion donne la possibilité au vétérinaire de prélever des échantillons et de les faire analyser à l’égard de l’épizootie hautement contagieuse qu’il souhaite exclure, sans soumettre le troupeau aux mesures de séquestre normalement prévues par l’ordonnance sur les épizooties dans un tel cas. Les échantillons prélevés sont envoyés à l’Institut de virologie et d’immunoprophylaxie (IVI) de Mittelhäusern où ils sont analysés. Si la vague suspicion du vétérinaire n’est pas confirmée, l’exploitation concernée n’en subira aucune conséquence. Inversement, si le doute devait une fois se transformer en une certitude, il serait toujours temps de prendre rapidement les mesures nécessaires et d’empêcher les graves conséquences pour le bétail et les éleveurs.

Cette procédure simple a été prévue pour permettre aux vétérinaires de troupeau, aux vétérinaires et aux éleveurs de tirer au clair les cas douteux sans devoir prendre tout de suite des mesures rigoureuses qui pourraient se révéler inutiles par la suite.

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