ILT: nouvelles mesures de lutte pour plus de sécurité
L’OVF met aujourd’hui en consultation une modification de l’Ordonnance sur les épizooties concernant la laryngotrachéite infectieuse aviaire ou ILT avec pour objectif de renforcer la lutte contre cette maladie en proposant une prise en charge adaptée à la volaille de race. Explications.
Chaque année, depuis plusieurs années maintenant, on dénombre quelques cas d’ILT en Suisse. Si cette maladie virale a disparu des poulaillers professionnels, les foyers sont dénombrés chez la volaille de race. Et ce ne pourrait être que la pointe de l’iceberg, puisque les spécialistes estiment que la véritable prévalence de l’ILT chez la volaille de race est plus élevée qu’annoncée. Cette situation est problématique, car l’ILT est une maladie qui engendre des pertes économiques sévères pour l’aviculture. C’est pourquoi d’ailleurs, toute suspicion d’ILT doit être annoncée au vétérinaire cantonal. Et en cas de confirmation, les mesures sont drastiques : élimination de tout le troupeau, désinfection du poulailler et attente d’au moins 30 jours avant de pouvoir repeupler le poulailler.
Pour l’aviculteur amateur, ces mesures drastiques signifient la perte totale de son cheptel – ce qui ne le motive pas vraiment à annoncer les symptômes suspects. Résultat : l’ILT continue de se propager dans la population des volailles de race, à la faveur d’expositions ou de ventes.
Devant ce problème récurent, l’OVF a convoqué la branche avicole et tous ont reconnu l’acuité du problème et la nécessité de trouver des solutions. D’où la proposition d’aujourd’hui : permettre aux éleveurs de volaille de race de conserver leur patrimoine génétique en permettant la ponte et l’élevage des œufs avant l’élimination de tout le troupeau. Concrètement, si l’ILT se déclare dans une exploitation de volaille de race, les animaux positifs sont éliminés, le poulailler est désinfecté, mais les animaux négatifs peuvent être utilisés pour la ponte pendant un mois. Les œufs pondus sont ensuite élevés dans un autre poulailler et les poussins sont testés 8 à 12 semaines après leur naissance. Les animaux restants du troupeau d’origine sont alors éliminés. Les poussins pourront retrouver le poulailler d’origine après 3 mois.
Autorités sanitaires, association des volailles de race, aviculteurs professionnels, pour tous, l’objectif est clair : la prévalence de l’ILT doit diminuer. Le modèle proposé aujourd’hui a déjà été testé avec succès dans plusieurs exploitations, avec une bonne nouvelle à la clé : tous les poussins ainsi nés étaient négatifs à l’ILT. Mais il ne fonctionne qu’à une seule condition : que les éleveurs de volaille jouent le jeu et signalent les suspicions d’ILT au vétérinaire.


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