Le botulisme est causé par une toxine (toxine botulique) produite par la bactérie Clostridium botulinum. Les spores produites par cette bactérie sont très résistantes à la chaleur et peuvent survivre dans le sol de nombreuses années. La forme « classique » du botulisme est connue depuis des siècles sous le nom d’intoxication alimentaire par du boudin ou des conserves.

L’intoxication botulique survient le plus souvent par ingestion d’une denrée alimentaire avariée mais aussi par l’infection d’une plaie par la bactérie responsable. La toxine botulique cause des paralysies des muscles à l’issue souvent fatale. C’est l’une des toxines les plus puissantes connues: moins d’un millionième de gramme suffit pour tuer un être humain de 70 kg.

La bactérie Clostridium botulinum est ubiquitaire

Le sol, l’eau, les légumes et les viscères de mammifères et d’oiseaux constituent des réservoirs d’infection. Les légumes sont contaminés directement par le sol, les denrées alimentaires d’origine animale, par les spores présentes dans l’environnement. La bactérie Clostridium botulinum est quasiment ubiquitaire et est décelée parfois aussi dans le tractus gastro-intestinal des bovins en bonne santé. Mais les cas de botulisme sont relativement rares.

Des cas sporadiques apparaissent depuis longtemps chez les bovins, les porcs et les chevaux. La reproduction de la bactérie et la formation de toxines notamment sont liées à certaines conditions du milieu (flore synergiste, oxygène, température, etc.). Lorsque des souris ou des chats meurent dans du foin par exemple, les clostridies se reproduisent dans le cadavre de ces animaux et produisent la toxine botulique tant redoutée. Cette toxine paralyse les nerfs moteurs et donc la musculature. Si la paralysie s‘observe dans un premier temps au niveau de la langue, elle peut s’étendre aux muscles du système respiratoire et devenir fatale. La prévention du botulisme est une question d’hygiène: les aliments pour animaux doivent être produits dans de bonnes conditions d’hygiène, le fumier de ferme et l’ensilage ne doivent pas contenir de cadavres d’animaux. Les surfaces herbagères doivent être fauchées de l’intérieur vers l’extérieur afin de chasser les animaux qu’elles pourraient abriter. Les étables, les prés, les abreuvoirs et les entrepôts d’aliments pour animaux devraient être contrôlés et ne pas contenir de cadavres d’animaux. Les rats et les souris doivent être combattus de manière professionnelle (poison et pièges). Il faudrait éviter d’épandre du fumier ou des déjections de volaille dans les prés.

Botulisme chronique - une nouvelle « épizootie »?

Depuis quelques années, on observe en Allemagne à côté de la forme connue, aiguë et souvent mortelle, une forme chronique de la maladie chez les bovins. On suppose que les cas d‘intoxications et de paralysies y sont en augmentation depuis des années. Régulièrement, des articles de presse relatent des cas d’une épizootie énigmatique ou ignorée. Selon certains de ces comptes-rendus, il y aurait des centaines, voire des milliers d’élevages bovins touchés dans le nord de l’Allemagne et pas seulement les bovins mais aussi les éleveurs souffriraient depuis des mois de paralysies d’origine inconnue. On n’a pas pu déterminer à ce jour s’il s’agit vraiment d’une seule et même maladie ou d’une maladie nouvelle qui pourrait avoir un lien avec le botulisme. 

Bombe à retardement?

Le botulisme est une affection causée par un poison, la toxine botulique, produit par les bactéries de l’espèce Clostridium botulinum et ingéré en consommant des denrées alimentaires contaminées. La forme viscérale du botulisme est supposée être due à la colonisation du tractus gastro-intestinal par Clostridium botulinum et par la toxine botulique produite par cet agent pathogène. Le botulisme n’est pas transmissible d’un être humain à un autre, ni d’un animal à un autre, ni d’un animal à un être humain, contrairement aux maladies bactériennes ou virales. La maladie se transmet par la consommation de la même denrée alimentaire contaminée ou par contact avec la source de contamination. On ne connaît pas, à ce jour, de cas d’intoxications dues à la consommation de viande fraîche propre à la consommation.

Quelles que soient les informations véhiculées par les médias, nul ne conteste qu’il faille  avoir l’œil et poursuivre la recherche sur cette maladie. Jusqu’à aujourd’hui, on n’a pas observé en Suisse chez les animaux de rente de cas comparables à ceux constatés en Allemagne. L’Office vétérinaire fédéral OVF suit toutefois la situation de près, afin que la maladie ne s’introduise pas furtivement en Suisse.