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Respectons nos animaux - Que dit la loi?

L'avertissement «Respectons nos animaux» peut et doit présenter plusieurs niveaux d’interprétation. Il peut prescrire un comportement respectueux vis-à-vis des animaux de toutes les espèces mais aussi de l’Animal en général. En fonction de l’injonction «Respectons nos chiens» ou «Respectons nos bovins», les questions abordées seront différentes. Mais toutes seront toujours passionnantes.

Respectons nos animaux! L’OVF lance à l’occasion de cette campagne une série d’interventions de personnes faisant autorité dans leur domaine, à l’instar du nouveau professeur en protection des animaux Hanno Würbel, du président de l'Union suisse des paysans Hansjörg Walter, d’Eva Waiblinger de la société Protection suisse des animaux PSA ou d’Olivier Pagan directeur du Zoo de Bâle.

Heinrich Binder, responsable Protection des animaux à l’OVF, sera le premier à apporter une contribution sur le sujet. Le rapport à l'animal a évolué dans notre société.  La législation sur la protection des animaux en vigueur reflète cette évolution. Aujourd’hui, c’est le bien-être de l’animal qui est au premier plan. Heinrich Binder s’exprime sur ce nouveau rapport à l’animal et sur son nouveau statut juridique. Son point de vue sur monanimaljenprendssoin.ch

Respectons nos animaux !

Les Suisses aiment les animaux. En témoignent les statistiques sur les animaux de compagnie: dans un foyer sur trois, on entend des miaulements, des aboiements ou des gazouillis. Notre pays, qui compte 1,3 million de chats et 0,5 million de chiens, montre une affection particulière pour ces deux espèces. L’amour des Suisses pour les bêtes s’exprime quotidiennement et… financièrement. Chaque année, plus de 800 millions de francs sont en effet consacrés aux seuls accessoires et aliments de nos amies les bêtes.

Nous avons cependant parfois tendance à aimer maladroitement nos compagnons à quatre pattes, en humanisant trop nos rapports avec eux. Il faut donc s’interroger sérieusement sur notre relation avec les rongeurs, les oiseaux ou tous les autres mammifères: les ménageons-nous assez? Les respectons-nous suffisamment? En d’autres termes, les respectons-nous en tant qu’ANIMAUX et les percevons-nous réellement en tant que tels? À savoir des êtres vivants qui ont des besoins spécifiques dont il faut tenir compte. Sommes-nous conscients du fait que le chien qui dort au pied du canapé descend du loup et que le serpent qui vit dans notre terrarium est un animal sauvage? Et surtout: sommes-nous conscients de la responsabilité que représente la détention, à vie, d’un animal? L’OVF se plonge au cœur même de ces questions: Respectons nos animaux!

Participez à la discussion!

Respectons nos animaux! Quelles réflexions cet avertissement suscite-t-il chez vous? Selon vous, à quel niveau les hommes ne font-ils pas suffisamment preuve d’attention ou de prudence? Vous-même, êtes-vous un propriétaire d’animal heureux ou plutôt un sceptique qui s’interroge sur l’amour excessif que l’on peut vouer aux animaux? Quelles observations et quelles expériences avez-vous faites dans ce domaine? Votre avis nous intéresse. Peu importe s’il s’agit d’un exemple concret issu du quotidien ou d’une réflexion de fond sur la morale et l’éthique, discutez-en!

Forum - Respectons nos animaux

Concours « la plus belle histoire » – Les vainqueurs

L’histoire d’un louveteau tombé dans un piège à ours et secouru par un humain compatissant est celle qui remporte le concours pour enfants organisé par l’OVF et plus précisément par son équipe de  « Pas si bête ». C’est Moritz Stocker âgé de 15 ans de Schaffhouse que remporte le 1er prix du concours pour son histoire à la fois touchante et émouvante. Il peut d’ores et déjà se réjouir d’une promenade nocturne du zoo de Zürich avec toute sa famille.

Les histoires reçues sont passionnantes, drôles, tristes, surprenantes et variées. Elles ont pour héros des lions, des tigres, des chats, des lapins, des dauphins, des zèbres, des chouettes, des vaches, des aigles et de grands fourmiliers. Les 70 histoires reçues dans le cadre du concours pour enfants « La plus belle histoire » sont aussi différentes que les enfants qui les ont écrites. Si 5 histoires ont été écrites par des enfants romands, la majorité des récits provenait de la Suisse alémanique. L’éventail des sujets allait du quotidien d’un chien aux aventures de créatures de fable en passant par des rêves d’animaux de zoo. Les thèmes qui reviennent dans de nombreuses histoires sont l’amitié entre animaux et l’aide qu’ils s’apportent, comme cette histoire sur la solidarité entre un cheval, un écureuil et une oie. Les relations entre les jeunes animaux, leurs parents et leurs frères et sœurs sont un autre sujet qui revient fréquemment dans ces histoires. Sans parler du nombre étonnamment élevé d’animaux qui adorent les glaces, et peu importe qu’il s’agisse d’un lion ou d’un kangourou.

 

Le jury n’a pas eu la tâche facile pour choisir la meilleure de ces histoires. Chacune a convaincu d’une façon ou d’une autre. Certaines étaient particulièrement imaginatives ou drôles, d’autres indiquaient à quel point les enfants apprécient les animaux et d’autres, enfin, étaient impressionnantes par les dessins illustrant le récit.

Les autres gagnants du concours sont:

2e prix – une planche à roulettes pour
Maren Sauer (11ans) de Rüschlikon pour son histoire « Un cochon qui cherche son nom ».

Les 3e, 4e et 5e prix – deux livres sur les animaux: « Encyclopédie des animaux» » et « Quiz des animaux » vont à
Ileana Creutz (8 ans) de Genève pour « La petite fille qui rêvait d’un animal »
Leandra Plüss
(12 ans) de Zurich pour son histoire «Evasion du Zoo»
Janic Sese
(8 ans) de Zollikofen pour son histoire « Power Deif »

Félicitations aux gagnantes et gagnants et un grand merci d’avoir participé au concours et écrit de si belles histoires.

Les meilleures histoires peuvent être lues sur le site internet passibete.ch – le site malin pour les enfants de 8 à 12 ans qui savent prendre soin de leurs compagnons à pattes. Le concours a été organisé par les rédacteurs du site passibete.ch en collaboration avec ceux de Krax, le projet pour enfants et adolescents de la Protection Suisse des Animaux. 

Les stéréotypies, un appel à l’aide

Au zoo, tout visiteur attentif aura remarqué le comportement étrange de certains animaux, comme l’ours blanc, qui tourne en rond pendant des heures, le tigre, qui se frotte sans cesse contre le grillage, ou l’éléphant, qui balance inlassablement sa tête, pour ne citer que les exemples les plus connus de stéréotypies chez l’animal. Le but de ces modèles répétitifs reste inexpliqué. Ces troubles s’observent chez quasiment toutes les espèces animales détenues par l’homme, surtout chez le chien et le cheval. Ils peuvent être provoqués par l’insuffisance des possibilités d’occupation dont ces bêtes disposent. 

Le nouveau professeur de protection des animaux de la Faculté Vetsuisse de l’Université de Berne, Hanno Würbel, s’exprime sur les origines et les causes des troubles comportementaux.

Quelles sont les causes des stéréotypies? Peuvent-elles se résumer aux conditions de détention inadaptées des bêtes?

Les stéréotypies apparaissent lorsque des conditions de détention empêchent en permanence les animaux d’adopter un comportement conforme à leur espèce, en d’autres termes, d’avoir des réactions qui, dans leur habitat naturel, joueraient un rôle essentiel dans leur survie et dans leurs capacités de reproduction. Les lapins par exemple ont besoin de ronger et de fouir. Les lièvres ont pour habitude de creuser des tunnels ultra-ramifiés, dans lesquels ils trouvent refuge, se reproduisent et élèvent leurs progéniture. Mais si l’animal n’a pas la possibilité d’adopter le comportement qui lui est propre, il n’en éprouve pas moins le désir de le faire. S’ensuivront alors des tentatives qui se transformeront au fil du temps en stéréotypies. Ces troubles peuvent toutefois être d’origine génétique ou pathologique.

Ces troubles du comportement peuvent-ils être soignés?

Nous partons du principe que les stéréotypies sont l’expression d’un dysfonctionnement  pathologique évolutif de certaines zones du cerveau. Ce type de trouble apparaît lorsque l’environnement trop pauvre en stimuli ne favorise pas le développement correct du cerveau et qu’une frustration chronique stresse les bêtes. Le succès thérapeutique dépendra du degré d’évolution des troubles. A un stade précoce de la maladie, les troubles disparaissent lorsque leur cause est éliminée, à savoir lorsque les animaux peuvent à nouveau vivre dans des conditions de détention conformes à leur espèce. Mais plus ces troubles sont installés depuis longtemps, plus ils sont résistants à la thérapie. Dans ce cas, le seul remède serait un  traitement médicamenteux, même si la médecine vétérinaire n’en est qu’à ses balbutiements dans ce domaine.

Une détention conforme aux besoins de l’espèce est essentielle pour le bien-être des animaux. La notion de bien-être est un leitmotiv de la protection des animaux telle qu’elle est conçue aujourd’hui. Encore faudrait-il pouvoir mesurer le bien-être animal.

Or ce n’est malheureusement pas le cas, puisque le bien-être et la souffrance sont des états totalement subjectifs. Mais à l’aide d’indicateurs adaptés et scientifiquement prouvés, nous pouvons reconstituer de façon de plus en plus plausible le ressenti des animaux. Nous autres chercheurs dans le domaine de la protection des animaux, nous procédons de la même manière que nos confrères de la médecine humaine, mais à l’inverse: nous utilisons l’être humain comme cobaye pour nos animaux. Ainsi, les recherches menées sur l’homme ont montré par exemple que notre humeur influence, voire déforme notre perception de l’environnement, perception qui peut être mesurée objectivement dans le cadre de tests ad hoc. Les personnes souffrant de troubles de l’humeur interprètent les stimuli ou événements neutres de façon plus négative que les personnes émotionnellement stables. Elles ne voient pas le verre à moitié plein mais à moitié vide. Depuis, ces distorsions cognitives de la réalité ont également été démontrées sur bien des espèces animales, même sur les abeilles. Cette approche compte parmi les plus prometteuses pour évaluer le bien-être des animaux. Mais des observations comportementales différenciées peuvent également fournir des conclusions fiables sur les états émotionnels subjectifs. Ainsi, une échelle de grimaces a été développée récemment pour les souris: elle permet d’évaluer l’intensité des douleurs post-opératoires.   


© 2010 Nature America, Inc.


Quelle est la part d’interprétation et quelle est la part de connaissances intervenant dans l’analyse des capacités cognitives des animaux et de leurs sensations?

Quelle est la part d’interprétation et quelle est la part de connaissances intervenant dans l’analyse des capacités cognitives des animaux et de leurs sensations?Les capacités cognitives, à savoir les capacités d’apprentissage, de réflexion et de mémoire, peuvent être recensées de façon objective. Mais la marge d’interprétation reste limitée, à condition qu’il s’agisse d’études très bien contrôlées. En revanche, les sensations étant par définition subjectives, elles ne peuvent être recensées que de manière indirecte. Dans ce cas, la marge d’interprétation est plus importante. La question déterminante ici est de savoir quels sont les animaux susceptibles d’éprouver des sensations subjectives. Lorsque nous pouvons partir du principe qu’un animal présente cette capacité, tous nos indicateurs seront selon toute probabilité fiables. Certes, nous ne pouvons jamais savoir avec certitude quelle est l’intensité de la douleur ou de la souffrance éprouvée par un animal, ou l’estimer par rapport à notre propre ressenti. Mais nous sommes au moins en mesure d’évaluer dans quelles conditions un animal éprouvera plus ou moins de douleurs ou de souffrances. Aujourd’hui, nous partons du principe qu’au moins tous les animaux vertébrés, et donc aussi les poissons, sont capables de ressentir douleurs et souffrances.

"Occupation - de l'action pour nos animaux" : Davantage d'informations sous www.monanimaljenprendssoin.ch

Recherche sur le bien-être des animaux

Il est le seul professeur de protection des animaux de Suisse à ce jour: Hanno Würbel en-seigne depuis le 1er août à l’Université de Berne, plus précisément à l’Institut de santé publique vétérinaire de la Faculté Vetsuisse. Ces dernières années, cet éthologiste était professeur de protection des animaux et d’éthologie à Giessen (D). Un long rêve se réalise enfin avec sa nomination à Berne : celui d’enseigner sa matière en Suisse, pays où il a grandi et où il vit avec sa famille.


Hanno Würbel apprécie la dimension sociétale de sa spécialité et les questions scientifiques passionnantes qui lui sont liées. Dans son activité de professeur, il s’est fixé comme objectif, entre autres, de trouver des solutions qui puissent être appliquées sur le terrain. Pour Hanno Würbel, les solutions recherchées doivent prendre en compte à la fois les intérêts de l’homme et ceux de la protection des animaux.

Les recherches qu’il a effectuées jusqu’à présent illustrent bien ce que cela signifie concrè-tement. Hanno Würbel et son équipe ont montré dans divers travaux de recherche que les animaux d’expérience développent moins de troubles du comportement lorsque leurs cages sont aménagées et équipées en tenant compte des besoins de l’espèce animale : en y inté-grant, par exemple, du matériel qui permet aux animaux de s’occuper. Ces recherches ont montré également que l’enrichissement des cages n’avait pas d’effets négatifs sur les résul-tats des expériences sur des animaux. Ces résultats ont débouché sur l’inscription, dans la nouvelle directive de l’UE sur l’expérimentation animale, d’une disposition en faveur d’une détention des animaux d’expérience conforme à leurs besoins. Ce sont des succès de ce genre qui motivent Hanno Würbel. Le seul point frustrant est le long laps de temps qui s’écoule parfois entre une recherche et la mise en œuvre de ses résultats. 

Lisez aussi l‘interview détaillée que nous a accordée Hanno Würbel sur le site internet Mon animal, j’en prends soin : Le professeur en protection des animaux y parle des objectifs qu’il a atteints et de ceux qu’il s’est fixés, plaide pour une recherche innovante et défend l’idée qu’il convient de donner des réponses biologiques aux questions éthiques.

Hanno Würbel a étudié la biologie et s’est spécialisé en éthologie à l’Université de Berne. Il a soutenu sa thèse en 1996 à l’EPFZ. En 2002, il a été nommé professeur de protection des animaux et d’éthologie à l’Université de Giessen (D). Il a reçu le prix du land de Hesse et le prix Felix Wankel pour ses recherches visant à améliorer les conditions de détention des animaux d’expérience et sur la pertinence des expériences sur animaux. Chercheur de 48 ans, Hanno Würbel a grandi à Langenthal et vit à présent avec sa famille à Zurich.

Grand concours d’histoires d’animaux pour les enfants

Passibete.ch  est un portail sur la protection des animaux conçu spécialement pour les enfants. Il est géré par l’OVF et par les rédacteurs de Krax, le projet de la Protection suisse des animaux destiné aux enfants. À l’occasion de la journée mondiale des animaux du 4 octobre, passibete.ch lance le grand concours d’histoires d’animaux ouvert aux enfants « J’aime les animaux ».

 

A quoi pense un chien quand il fait sa promenade quotidienne? Quelles aventures vit l’écureuil dans la forêt? Que se passe-t-il sous l’eau entre les poissons, les crabes et les tortues de mer? Que font les animaux du zoo une fois les derniers visiteurs partis? Il suffit d’un peu d’imagination pour inventer de nombreuses histoires surprenantes, passionnantes et amusantes sur les animaux.
Le monde animal réserve plein de surprises mystérieuses et fascinantes. Qu’ils soient grands comme l’éléphant ou petits comme la souris, rapides comme le cheval de course ou lents comme l’escargot, qu’ils vivent dans les airs ou sous l’eau, les animaux sont toujours passionnants à observer tant ils sont capables de faire des choses incroyables. Il arrive qu’ils te fassent rire mais parfois aussi qu’ils t’effraient un peu. Il t’est sûrement déjà arrivé de t’imaginer des animaux. Franchis maintenant une étape supplémentaire et écris-nous une histoire d’animaux que tu as vécue personnellement ou une histoire inventée. L’important c’est qu’il soit question d’un lapin, d’un oiseau, d’un cheval, d’un chat, d’une vache ou d’une chèvre.

Les meilleures histoires seront publiées sur les sites passibete.ch et krax.ch et leurs auteurs recevront un prix attrayant. Plus d’infos sur www.passibete.ch

Un des objectifs de la campagne de l’OVF de sensibilisation à la protection des animaux est de s’adresser davantage et de manière ciblée aux enfants et de les familiariser avec les sujets de la protection des animaux. La formation en protection des animaux revêt une grande importance. Elle doit cependant être adaptée pour être accessible aux enfants. Le concours lancé aujourd’hui s’inscrit dans ce contexte.

Nouvelles formations – un écho favorable

Lorsqu’on a la responsabilité d’un animal, il est fondamental de connaître ses besoins. C’est pourquoi la nouvelle loi sur la protection des animaux prévoit de nouvelles formations. La formation des détenteurs d’animaux profite directement au bien-être de l’animal. Les chiffres fournis par les centres de formation permettent de se faire une idée de l’écho rencontré par les nouvelles offres de formation. Ainsi, en 2009 et 2010, les détenteurs à avoir suivi un cours pratique pour l’obtention de l’attestation de compétences pratiques ont été près de 35 000. Dans le même temps, 20 000 personnes ont suivi un cours théorique.

Mieux on connaît les besoins de son animal, plus on est à même de s’en occuper correctement. Pour cette raison, l’ordonnance sur la protection des animaux, entrée en vigueur en 2008, fait obligation aux détenteurs et gardiens d’animaux, lorsqu’il s’agit d’espèces exigeantes, de suivre une formation. La formation est également obligatoire pour toute détention à des fins commerciales. Il y a deux grands types de formations: les formations nécessaires à l’obtention de l’attestation de compétences (AC), qui s’adressent à tout le monde, et les formations spécifiques indépendantes de la profession (FSPI), plus poussées. Les exigences en matière de formation diffèrent selon l’objet. S’il s’agit simplement de détenir des alpagas à titre privé, l’AC suffit. En revanche la garde d’animaux durant un transport nécessite que l’on ait suivi une FSPI.

Hund Kurs

L’attestation de compétences (AC) pour détenteurs de chiens est un point central de la nouvelle législation. Les personnes qui n’ont encore jamais détenu de chien doivent suivre un cours théorique avant l’acquisition de l’animal et suivre ensuite un cours pratique en sa présence. Les personnes ayant déjà détenu un chien sont uniquement tenues au cours pratique. Durant ces formations, les détenteurs apprennent à connaître les besoins et le comportement de l’animal, et comment conserver la maîtrise de celui-ci dans différentes situations de la vie quotidienne. En 2010, près de 27 200 détenteurs de chiens ont réussi la partie pratique de l’AC, tandis que 14 600 attestations pour la partie théorique étaient délivrées. Cumulé avec l’année 2009, cela fait environ 35 000 personnes pour le volet pratique et 20 000 pour le volet théorique. Par ailleurs, 1 330 personnes ont suivi la FSIP pour formateurs canins, qui donne le droit de dispenser des cours pour l’obtention de l’AC.

Outre les cours pour détenteurs de chiens, d’autres formations sont également obligatoires depuis 2008, concernant notamment la détention d’animaux sauvages, l’élevage commercial, le transport d’animaux ou le personnel des abattoirs. Dans ces domaines aussi, les offres de formation se sont multipliées et ont rencontré un écho favorable.

Vous trouverez ici une vue d’ensemble des formations obligatoires. Pour plus d’informations sur la détention des animaux de rente et des animaux de compagnie, voir: www.monanimaljenprendssoin.ch

Occupation – de l'action pour nos animaux

Chasser, ronger, creuser, s’enfouir, explorer, se cacher. Chaque animal a un éventail de comportements naturels qui doivent pouvoir s’exprimer. Cela vaut aussi bien pour un porc d’engraissement que pour un lapin ou un animal sauvage dans un zoo. Les animaux ont besoin d’occupation, d’animation. Le professeur de zoologie allemand Norbert Sachser nous parle de l’ennui des animaux dans leur enclos et de ses conséquences. 

Norbert Sachser est un biologiste spécialisé dans le comportement des animaux, en particulier des rongeurs sud-américains. Il est responsable du Département d’éthologie de l’Université de Münster (D). Sylvia Kaiser, Lars Lewejohann et Stephanie Lürzel font partie de son équipe. Ils constituent la «Animal Welfare Unit» et mènent des recherches notamment sur le stress, les symptômes de stress et le bien-être – ainsi que sur les conséquences au niveau de la protection des animaux.

                             

Quelle est l’importance des possibilités d’occupation?
Très grande! Nous pouvons en principe partir de l’idée qu’au cours de l’évolution, les animaux se sont adaptés de manière optimale à certaines conditions écologiques. Cette adaptation comporte en particulier des mécanismes physiologiques qui font que certains comportements, nécessaires à la survie dans des conditions naturelles, s’accompagnent de sensations positives. Cela peut par exemple expliquer pourquoi les chats domestiques chassent volontiers, malgré la nourriture souvent copieuse qu’on leur donne.
Les animaux en détention ne peuvent souvent pas exprimer des comportements qui font partie de leur répertoire naturel. Ils n’ont pas besoin d’adopter certains comportements, tels qu’éviter les ennemis, fuir ou rechercher constamment leur nourriture. Cependant, au cours de l’évolution, les animaux se sont intégrés ainsi dans un contexte naturel qui fait qu’ils pourraient ressentir cela comme douloureux de ne pas pouvoir adopter certains comportements. Il s’agit alors de compenser cela du mieux possible par des possibilités d’occupation appropriées.

Un animal peut-il ressentir de l’ «ennui»?
Il y a de bonnes évidences que les animaux, en particulier les mammifères et les oiseaux, peuvent ressentir l’ennui; mais cette notion n’est guère utilisée dans la littérature scientifique. Dans leur habitat naturel, les animaux sont constamment confrontés à de nouveaux défis, de sorte que le sentiment d’ennui ne se présente pas. Mais lorsque les animaux vivent dans des conditions qui leur offrent trop peu de possibilités d’occupation et de stimulations, cette situation peut alors facilement engendrer un état dans lequel ils ressentent un sentiment équivalent à l’ennui que connaît l’homme. 

Dans le cadre de vos recherches, vous avez notamment étudié le comportement des cochons d’Inde et des souris. Quelles sont les principaux enseignements qui en sont ressortis sur le comportement d’occupation de ces rongeurs?
Pour les cochons d’Inde, les congénères sont la possibilité d’occupation la plus importante de toutes. Cela se voit déjà dans les comportements variés que les cochons d’Inde adoptent lorsqu’ils sont détenus en groupe (par exemple le comportement intensif de jeu des jeunes animaux), mais également dans le fait que dans une situation inconnue, donc stressante, le partenaire social a un effet calmant. Les cochons d’Inde ne devraient donc jamais être détenus seuls! Pour les cochons d’Inde, il est en outre essentiel d’avoir des possibilités de grignoter. Le foin, la paille, les fruits ou les branches ne font pas seulement office de nourriture, mais ils sont également bienvenus comme matériau d’occupation.
Chez les souris, nous avons étudié en détails les effets de l’enrichissement environnemental («environmental enrichment») sur le comportement et le bien-être. Nous avons pu démontrer à ce propos que les animaux qui étaient détenus dans un environnement enrichi par l’installation de différents objets permettant de grimper, de ronger et de s’isoler, étaient moins peureux, jouaient plus et présentaient de meilleures capacités d’apprentissage. Les possibilités d’occupation semblent également avoir une influence positive sur le développement du cerveau. Les souris qui ont une prédisposition génétique à développer des symptômes similaires à ceux de la maladie d’Alzheimer présentent ainsi nettement moins de caractéristiques de cette maladie lorsqu’elles sont élevées dans un environnement comprenant de nombreuses possibilités d’occupation. Cela en comparaison avec les animaux qui vivent dans un environnement pauvre en stimulus.

Lorsque les animaux n’ont pas de possibilités d’occupation conformes aux besoins de l’espèce et qu’ils ne peuvent pas exprimer leur comportement naturel, cela peut avoir des conséquences. Quels sont les problèmes les plus fréquents?
Sur le plan comportemental, cela provoque souvent ce que l’on appelle des comportements conflictuels tels que les stéréotypies. Par stéréotypies motrices, on entend la répétition continuelle, régulière d’un comportement,  par exemple le balancement d’une patte à l’autre pendant des heures observé chez les éléphants détenus individuellement, ou le rongeage de barreaux incessant chez les porcs détenus de manière non-conforme aux besoins de l’espèce. Il peut en outre y avoir une tendance plus élevée aux agressions lorsque les animaux ne peuvent pas exprimer leur comportement naturel, agressions qui peuvent également être dirigées contre leur propre corps (auto-agression par exemple chez les perroquets détenus individuellement). Il y a des indices selon lesquels de telles manifestations de comportement s’accompagnent également d’une anxiété plus marquée, d’un développement cognitif moindre, de réactions hormonales au stress plus marquées ainsi que d’une sensibilité aux maladies globalement plus élevée.

Lorsque ces troubles de comportement apparaissent, peut-on encore faire quelque chose?
Cela dépend depuis combien de temps les troubles du comportement existent. Lorsque les premiers signes de troubles du comportement apparaissent, il est souvent possible de les désamorcer en modifiant rapidement les conditions de détention (par ex. contacts sociaux accrus, sorties plus fréquentes, possibilités d’occupation plus nombreuses). Mais lorsque l’animal présente depuis longtemps des stéréotypies, par exemple suite à une détention individuelle, ou qu’il développe ces stéréotypies suite à une expérience traumatisante, il est possible que ces mesures ne remédient que peu ou même pas du tout au problème. Mais même dans ces cas-là, il ne faudrait jamais manquer d’essayer d’améliorer les conditions de détention en créant un environnement plus respectueux des besoins de l’animal.

A quoi travaillez-vous actuellement?
Dans les recherches que nous menons actuellement, nous étudions trois questions relevant de la protection des animaux: (1) Comment les expériences sociales faites durant l’adolescence influencent-elles le comportement et les réactions au stress de l’animal à l’âge adulte?  Les résultats récents montrent que c’est principalement durant cette phase de développement vers l’âge adulte que l’animal fait l’apprentissage des règles sociales de la vie communautaire lui permettant de composer sans stress et sans agressions avec des congénères étrangers. (2) Comment les prédispositions génétiques d’un animal interagissent-elles avec les expériences qu’il fait au cours de son développement pour créer son profil comportemental individuel? Une anxiété accrue ou une agressivité plus élevée par exemple peuvent apparaître suite à ces interactions entre gènes et environnement. (3) Quel rapport y a-t-il entre la «personnalité» d’un animal et son bien-être? Tous les animaux d’une espèce donnée ne se comportent pas du tout de manière similaire. Ils développent bien plus ce que l’on appelle des «personnalités animales» au cours de la vie, qui diffèrent nettement, ou leurs tempéraments, et qui pourraient ainsi également présenter des exigences différentes quant à leur cadre de vie.

Une année durant, l’OVF met l’accent sur le sujet important qu’est l’occupation. Jetez donc régulièrement un coup d’œil sur le site «monanimaljenprendssoin».

L’UE veut une alternative à la castration des porcelets

Dès l’année prochaine, dans l’Union européenne, les porcelets européens ne devraient  plus être castrés sans anesthésie et en 2018 au plus tard la castration chirurgicale ne devrait plus être pratiquée. Ces mesures sont proposées par un groupe de travail composé de représentants de l’agriculture, de la filière carnée, du commerce, de la recherche et d’organisations sur la protection des animaux. Mandaté par la Commission européenne et la présidence belge, le groupe de travail a émis une Déclaration européenne sur les alternatives à la castration chirurgicale des porcs – une recommandation sans caractère obligatoire.

Les porcelets sont castrés pour deux raisons: pour enrayer les comportements agressifs ou sexuels indésirables et éviter le développement de l’odeur de verrat dans la viande. L’intervention est douloureuse pour les animaux, c’est pourquoi la recherche de solutions alternatives est importante pour le bien-être animal. Le groupe de travail a ainsi défini des mesures qui visent à terme l’abandon de la castration chirurgicale. Les alternatives existantes, comme la vaccination contre l’odeur de verrat ou l’engraissement des porcs mâles entiers, doivent être favorisées de manière ciblée.

Première étape proposée, dès 2012, la castration ne devrait se faire que sous anesthésie. Dans un deuxième temps, la castration chirurgicale devrait être abandonnée dès 2018. Pour cela, il faut notamment des méthodes reconnues de reconnaissance de l’odeur de verrat, des systèmes de production de porcs mâles entiers améliorés pour éviter la formation de l’odeur de verrat et une campagne d’information ciblée pour les paysans et les consommateurs.

Certains pays de l’UE ne pratiquent la castration que sous anesthésie aujourd’hui déjà, d’autres ont choisi la vaccination ou l’engraissement de porcs mâles entiers. La Commission souhaite une réglementation uniforme dans toute l’UE. La déclaration du groupe de travail est un premier pas dans ce sens.

En Suisse, la castration des porcelets doit se faire sous anesthésie depuis le 1er janvier 2010. L’intervention concerne près de 1.3 millions de porcelets chaque année. La plupart des producteurs porcins utilisent un gaz narcotique et un anti-douleur. Les méthodes les plus favorables au bien-être animal, comme la vaccination ou l’engraissement de porcs mâles entiers, ne sont employés que dans une production de niche. Mais à long terme, l’abandon de la castration chirurgicale devrait être un objectif en Suisse aussi – pour le bien-être animal.

Vous trouverez ici la liste des organisations qui ont signé la déclaration.

Les chercheurs souhaitent intensifier le dialogue sur l'expérimentation animale

"Research at a Crossroads?": tel est le titre évocateur de la conférence qui a réuni durant deux jours à Bâle des chercheurs de Suisse, d'Allemagne, de France et de Grande-Bretagne pour débattre des questions de fond suscitées par les tiraillements entre le progrès médical, d'une part, la protection des animaux, de l'autre. Ces questions se font encore plus pressantes à l'heure actuelle qu'il y a vingt ans. Les participants ont adopté à l'issue de la conférence une déclaration commune appelée "Déclaration de Bâle".

C'est l'adoption d'une nouvelle directive par l'UE en septembre dernier – la directive relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques – qui a servi de prétexte à l'organisation de cette conférence. Mais, plus généralement, la toile de fond de cette réunion est le malaise actuel de nombreux chercheurs qui ressentent de plus en plus durement les contraintes des nouvelles dispositions légales et les multiples formalités administratives qui leur sont imposées. De plus, telle a été du moins la tonalité plutôt pessimiste qui a dominé lors de la conférence, les chercheurs ont le sentiment que la méfiance du public prime sur la confiance à leur égard.

Il est vrai que les conclusions auxquelles aboutit l'étude effectuée par l'Institut de recherches gsf.bern à l'occasion de cette conférence ne concordent guère avec cette vision des choses. Selon cette étude, 60% des chercheurs estiment que la population rejette l'expérimentation animale; or l'étude montre que le degré d'acceptation de la recherche biomédicale est meilleure que ne le supposent les chercheurs: 58 pour cent des personnes interrogées se déclarent clairement favorables à l'expérimentation animale.

L'un des sujets principaux de la conférence a été la distinction, artificielle selon les chercheurs, entre la recherche fondamentale et la recherche appliquée. A plusieurs reprises, des intervenants ont souligné que ces deux formes de la recherche ne peuvent être vraiment distinguées l'une de l'autre, qu'elles doivent plutôt être vues en continuité l'une avec l'autre. Il y a une interpénétration entre la recherche sur les processus physiologiques fondamentaux, la compréhension des maladies et le développement des thérapies.

Le message délivré par les participants à l'issue de la conférence dans leur déclaration finale est sans ambiguïtés: le recours à l'expérimentation animale reste indispensable. Et, selon les chercheurs,  ce constat concerne tout aussi bien les recherches effectuées sur des primates et les modèles d'animaux génétiquement modifiés. Ces expériences sont indispensables pour développer nos connaissances sur des maladies complexes, comme la démence ou le cancer, mais aussi pour développer de nouveaux vaccins contre des maladies infectieuses, tels le SIDA, la malaria et l'hépatite C. D'un autre côté, la même déclaration contient une ferme profession de foi des chercheurs qui confirment leur volonté de respecter et de protéger les animaux qui leur sont confiés et de se conformer aux exigences les plus strictes dans la conception de leurs expériences et la manière de détenir les animaux concernés. Par ailleurs les scientifiques s'engagent à plus de transparence et d'initiative dans la communication sur l'expérimentation animale. La Déclaration de Bâle peut être consultée sur le site de la fondation Recherche pour la vie.

Le Conseil fédéral entend lui aussi améliorer l'information en matière d'expérimentation animale. Il a fait une proposition dans ce sens dans une modification de la loi sur la protection des animaux mise en consultation cet été. Ce point devrait être débattu dans les Chambres en 2011.

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