Office vétérinaire fédéral OVF

-»La présente édition est conçue pour les navigateurs sans soutien CSS suffisant et s'adresse en priorité aux malvoyants. Tous les contenus peuvent également être visualisés à l'aide de navigateurs plus anciens. Pour une meilleure visualisation graphique, il est toutefois recommandé d'utiliser un navigateur plus moderne comme Mozilla 1,4 ou Internet Explorer 6.

Début sélection langue

Nombre d’animaux utilisés dans l’expérimentation animale – coup d’œil sur la situation européenne

En 2009, selon notre statistique, 706'104 animaux ont été utilisés en Suisse à des fins expérimentales. Un léger recul de 3.5% a ainsi été constaté par rapport à l’année précédente. La commission européenne a publié dernièrement son 6e rapport sur le nombre d’animaux utilisés à des fins expérimentales et d’autres fins scientifiques – l’occasion de voir quelle est la situation dans l’Union européenne.

En 2008, 12 millions d’animaux ont été utilisés dans les expérimentations animales dans l‘Union européenne. Ce chiffre n’est pas directement comparable avec les chiffres des années précédentes car les chiffres de deux nouveaux pays membres ont été ajoutés – ceux de la Bulgarie et de la Roumanie. Contrairement au rapport précédent, les chiffres par pays ne sont pas indiqués – ce qui rend la comparaison d’autant plus difficile. Toutefois, une légère diminution de 1% du nombre total d’animaux peut être relevée.

80% des animaux utilisés sont des rongeurs et des lapins. L’animal le plus utilisé, et de loin, est la souris qui représente 59% des animaux utilisés. Cela correspond aussi à la situation en Suisse. Le deuxième plus grand groupe est formé par les reptiles, les amphibiens et les poissons, représentant 10% des animaux utilisés alors que les oiseaux, avec 6%, arrivent en troisième position. Les grands singes (hominidés) n’ont pas fait l’objet d’expérimentations animales, alors que les autres primates représentent 0,08 % des animaux utilisés. La majorité des animaux utilisés provenaient de l’Union européenne.

Le nombre de souris, de lapins, de porcs et d’oiseaux divers est en augmentation. Ainsi, 10% de souris en plus ont été utilisées en 2008 par rapport au dernier rapport. Cette augmentation peut s’expliquer entre autre par les nouvelles possibilités de recherche liées aux animaux génétiquement modifiés.

La statistique donne aussi des renseignements sur les buts des expériences. Ainsi, plus de 60% des expériences avaient pour but la recherche et le développement de la médecine humaine, dentaire et vétérinaire ainsi que la recherche en biologie fondamentale. Près de 15% des expérimentations ont servi au contrôle de la qualité et de la production des produits et dispositifs utilisés en médecine humaine, 8.7% des études étaient des essais toxicologiques et autres évaluations de la sécurité. Près de 23'000 animaux ont servi à des tests pour les cosmétiques, un chiffre en nette diminution – résultat direct d’une réglementation européenne plus sévère. En Suisse, aucune expérimentation animale se rapportant à des cosmétiques n’a été réalisée.

Le degré de contraintes infligé aux animaux n’est pas décrit dans la statistique européenne –contrairement à la statistique suisse qui détaille si la contrainte est faible, moyenne ou forte.

Tous responsables – première conférence internationale sur l’éducation au bien-être animal

Lorsqu’il s’agit de sensibiliser les gens à l’importance du bien-être animal, la connaissance, la formation et l’information jouent un rôle primordial. C’est pour cette raison qu’a eu lieu à Bruxelles ce week-end la première conférence internationale sur l’éducation au bien-être animal (Animal Welfare Education Conference). Elle a été organisée par la Commission européenne et la présidence belge du conseil de l’Europe.

La tenue de cette conférence est réjouissante, car elle montre que la protection des animaux n’est pas seulement considérée comme importante en Suisse ou en Europe, mais bien dans le monde entier. De Santiago du Chili à Berne en passant par Wellington, tous sont conscients de l’importance d’éduquer le public et en particulier les enfants à la manière de prendre soin des animaux.

Souvent, les maltraitances animales ne sont pas le résultat d’actes délibérés, mais sont souvent liées au manque de connaissances sur les besoins des animaux. Ce ne sont pas seulement ceux qui s’occupent des animaux qui portent une responsabilité. Comme le souligne le Commissaire européen pour la santé et la politique des consommateurs, John Dalli : „Tout citoyen et consommateur peut contribuer au bien-être animal. Les citoyens bien informés peuvent prendre des décisions responsables et influencer les modes de détention animale.“

A la lumière du slogan „Tous responsables“, les quelque 400 experts internationaux ont présenté et discuté des programmes concrets et des stratégies sur le bien-être animal. Parmi les projets présentés, on peut retenir un projet d’Amérique du Sud. Le bien-être animal a pris de l’importance ces dernières années au Chili, au Brésil, en Uruguay et dans d’autres pays sud-américains. Des formations pour les personnes qui s’occupent des animaux ont été mises sur pied. De nouvelles branches d’enseignements ont été créées au niveau universitaire. Un accent particulier a été mis dans les écoles : les enfants et les jeunes apprennent non seulement les besoins spécifiques des animaux, mais sont aussi sensibilisés au fait que les animaux sont des êtres à respecter. Des réflexions éthiques sont aussi proposées aux plus grands.

La sensibilisation des enfants était d’ailleurs un des points forts de la Conférence. Les différents projets présentés ont tous souligné l’importance d’éduquer les enfants au bien-être animal – des enfants bien informés aujourd’hui feront demain des consommateurs et des détenteurs responsables.

La Suisse aussi met l’accent depuis plusieurs années maintenant sur l’information ciblée et la sensibilisation. Les cours obligatoires des propriétaires de chien en sont un exemple, mais aussi notre site „Mon animal, j’en prends soin!“ ou son petit-frère pour les enfants „Pas si bête!“. Enfin, les nombreuses formations complètent nos efforts pour promouvoir le bien-être animal en Suisse.

Les résultats de la Conférence seront utilisés lors des travaux de la Commission européenne sur la stratégie européenne sur le bien-être animal. De plus, un réseau international doit être créé entre experts et institutions qui s’occupent d’éducation au bien-être animal.

Charly Agustoni: "Les éducateurs canins sont plus expérimentés"

Responsable du club canin Cyno La Meute à Assens, Charly Agustoni est un passionné et ça se voit. Il ne se contente pas de donner des cours d’éducation canine aux propriétaires de chiens, il s’est aussi engagé pour la formation des éducateurs. Deux ans après l'introduction de la formation obligatoire des propriétaires de chiens, petit retour sur expérience avec un amoureux des chiens.

Charly Agustoni, comment réagissent les gens aux cours obligatoires ?
L’immense majorité des gens réagit de manière positive. Les gens sont motivés, ils sont responsables, ils veulent bien faire. Les cours se passent bien. Il y a toujours une petite minorité qui râle, parce qu’on l’oblige à suivre des cours et les gens qui ont déjà beaucoup d’expérience avec les chiens, comme les éleveurs, qui ne voient pas l’utilité de suivre les cours pratiques.

Si les cours se passent bien, il y a sûrement des points négatifs ?
Je vois des problèmes surtout sur le cours pratique. Tout d’abord, le législateur n’a pas précisé l’âge des chiens lors du cours pratique. Un propriétaire qui suit 4 heures de classe avec son petit chien aurait en théorie rempli les exigences légales. Or un chien développe beaucoup son caractère à l’adolescence, des problèmes peuvent apparaître alors – problème auquel on peut bien répondre lors de cours. Il faudrait exiger que les chiens suivent ces 4 heures de cours au plus tôt vers la fin de l’adolescence pour être mieux ciblés.

L’autre problème est la longueur du cours. L’Office vétérinaire fédéral nous a fixé un catalogue d’objectifs à atteindre. Or 4 heures, c’est trop court pour atteindre sérieusement ces objectifs. J’aurai préféré des cours un peu plus longs.

Alors que peut-on attendre d’un cours pratique de seulement  4 heures ?
Il est clair qu’en 4 heures, nous ne pouvons que sensibiliser et aborder en surface les problèmes éventuels. Pour cela, nous mettons l’accent sur la sociabilité et nous faisons une promenade en ville et une à la campagne. Ces promenades sont l’occasion de bien observer le chien et son propriétaire – elles nous révèlent plein de choses sur le contrôle du chien, son comportement face à l’humain, au bruit, au stress urbain et aux autres animaux. Ces promenades nous permettent alors de discuter des problèmes avec le propriétaire et de le sensibiliser. Nous abordons aussi le rappel du chien et la problématique d’un chien qui tire sur sa laisse. Nous donnons des exercices pratiques – comme de stopper le chien à distance.

Est-ce que les gens sont satisfaits après 4 heures ?
La majorité des propriétaires prolongent le cours, parce qu’ils voient eux-mêmes que 4 heures ne suffit pas. La plupart chez moi opte pour un cours de huit heures. Les propriétaires veulent bien faire et apprécient ce moment passé avec leur chien à apprendre.

Est-ce que tout le monde peut profiter de ces 4 heures ?
Je dirais oui, à l’exception des gens qui ont beaucoup d’expériences, comme par exemple les éleveurs, les propriétaires expérimentés, les conducteurs de chien de travail. Je n’ai pas beaucoup à leur apprendre ! Ce que je fais, c’est que je les invite une heure une fois par mois, pendant 4 mois, et nous suivons ainsi le développement du chien. C’est adapté à leur expérience et cela permet d’échanger nos avis sur d’éventuels problèmes. Quand on donne des cours, il faut savoir s’adapter au besoin de chacun !

Et le cours théorique ?
Je n’ai eu que des expériences très intéressantes lors des cours théoriques. J’ai été surpris de voir combien les gens y venaient motivés et intéressés. Les cours sont très interactifs, les propriétaires posent beaucoup de questions, surtout sur leur responsabilité sur la place publique et sur le choix du type de chien. Souvent, les propriétaires ont des idées bien arrêtées sur une race, mais sous-estiment les besoins de ce type de chien. Avec le cours théorique avant l’acquisition du chien, on peut ainsi les éclairer et les aider sur le bon choix à faire. C’est bien.

On nous dit souvent que les personnes âgées auront du mal à suivre un cours obligatoire… Quelle est votre expérience ?
J’ai concrètement un groupe le jeudi matin composé de personnes qui ont toutes plus de 70 ans, avec certaines qui ont plus de 80 ans… et je peux vous dire que ça se passe très bien ! Il faut parfois adapter un peu le rythme du cours. Mais ces personnes ont une expérience de toute une vie derrière elles qui leur donne le sens des responsabilités. Elles ont du temps et sont motivées.

Dans le cadre du MEC, vous formez les éducateurs canins. Voyez-vous une évolution de la qualité de ces éducateurs depuis l’entrée en vigueur de l’obligation ?
Depuis l’entrée en vigueur de l’obligation, les éducateurs doivent pouvoir présenter l’équivalent de 3 ans de pratique. Si avant on avait parfois des gens sans aucune expérience avec les chiens qui se présentaient à nos cours (et qui souvent échouaient à l’examen…), nous avons maintenant des gens déjà expérimentés. Nous l’avons vu cette année : nous avions un groupe super, très homogène. C’était très intéressant.

Avec la formation obligatoire, un marché s’est ouvert pour les éducateurs canins. Pensez-vous qu’il peut avoir des abus ?
L’immense majorité des éducateurs que nous formons sont, je crois, des gens sérieux. Mais comme partout, il peut avoir des moutons noirs, des gens qui profitent, qui bradent les cours ou qui donnent des attestations de complaisance, comme par exemple après 4 heures de classes de chiot. C’est regrettable, mais cela reste, je pense, une minorité.

Alors pour conclure, bénéfiques, ces cours ?
Sans hésiter oui. Parce qu’on peut aborder les problèmes qui préoccupent les gens avant l’acquisition du chien, comme leur responsabilité et le choix du type du chien, et parce qu’on peut les sensibiliser lors des cours pratiques. Je pense vraiment que nous sommes sur le bon chemin.

Vous trouverez ici tous les éducateurs canins proche de chez vous.

Pour être habilité à donner des cours obligatoires, les éducateurs canins doivent avoir suivi une formation auprès des organisations reconnues suivantes : Certodog, la fédération romande de cynologie, Leamy AG Ausbildungszentrum, NF Ausbildungszentrum, Pro cane familiari, la société cynologique suisse, le club du berger allemand de la société cynologique suisse, l’Union canine suisse, Wakonda GmbH, die Akademie für Naturtierheilkunde, l’Institut für angewandte Ethologie und Tierpsychologie (I.E.T.), le Triple-S Ausbildungszentrum für Mensch und Hund, le SK-9 GmbH, l’administration suisse des douanes, section Formation d’application, chiens de service, Kynologie Schweiz, HUNDE plus Gmbh.

Clonage des animaux – conséquences sur la santé et le bien-être animal

Dans plusieurs pays du monde, dont les USA, des animaux de rente ont déjà été clonés, comme des vaches ou des brebis. Si en Suisse, aucun animal de rente n’a jamais été cloné, des semences d’un descendant d’une vache clonée ont par contre été importées il y a quelques années. Que signifie le clonage pour le consommateur? Et pour les animaux ? On reparle de ces questions ces jours-ci dans la presse. Mandatée par l’OVF, une chercheuse de l’institut en santé publique vétérinaire (VPH) de la faculté vétérinaire Vetsuisse de Berne s’est penchée sur la question.

Tout le monde connaît la brebis Dolly, le premier mammifère cloné, né en Grande-Bretagne en 1996. L’animal cloné possède le même matériel génétique que l’animal d’origine. Le clonage n’a donc rien à voir avec des modifications génétiques. Depuis, si les méthodes de clonage ont connu des avancées technologiques, elles restent des procédés chers et peu efficaces et ne se sont jamais imposées ni pour l’élevage, ni pour la production de lait ou de viande.

L’OVF a invité l’institut en santé publique vétérinaire (VPH) à faire le point sur cette question au niveau vétérinaire (Sonia Menéndez González & Martin Reist: Cloning of farm animals: impact on animal health and welfare and implications in trade (2010), soumis pour publication). La revue bibliographique effectuée s’est concentrée sur les conséquences du clonage sur la santé et le bien-être chez l’animal, sur l’acceptation du clonage par les consommateurs et sur les implications sur les échanges internationaux.

Les dangers pour le consommateur ont été déjà étudiés à fond par l’Agence européenne sur la sécurité alimentaire (EFSA) et sa consœur américaine, la Food and Drug Administration (FDA). Les deux agences sont arrivées aux mêmes conclusions: pour le consommateur, la consommation de denrées alimentaires provenant d’animaux clonés est sans danger. La viande ou le lait d’animaux clonés ne présentent aucune différence avec la viande ou le lait d’animaux non clonés.

Malgré ces évidences scientifiques, les consommateurs restent sceptiques. Dans un sondage effectuée dans l’Union européenne en 2008, 58% des consommateurs ne voulaient pas d’animaux clonés dans la filière alimentaire. Aux USA, la population réagit de même : 64% des gens ne voulaient pas acheter des produits d’animaux clonés.

Le clonage, pas anodin pour l’animal
Le clonage est un terme vague qui peut englober beaucoup de choses. Des jumeaux unicellulaires pourraient par exemple être considérés comme des clones, puisque leur matériel génétique ne diffère pas. En règle général, le clonage est défini d’une manière plus spécifique, soit le produit d’un transfert de noyau de cellule somatique, un „somatic cell nuclear transfer ou SCNT.

En clair : lors d’une reproduction sexuelle normale, le sperme et l’ovule apportent chacun la moitié du matériel génétique, ce qui conduit à un mélange génétique chez le descendant. Or c’est justement ce mélange qu’on veut éviter lors du clonage. Chaque cellule d’un organisme comprend dans son noyau toute son information génétique. Le clonage consiste à prélever un tel noyau et à le réinjecter dans une ovule dans laquelle on aura auparavant ôter son propre noyau. Lorsque les conditions sont favorables, cette nouvelle cellule deviendra un embryon. Cet embryon doit ensuite être implanté dans le corps d’une mère porteuse. L’embryon pourra alors se développer dans le ventre maternel comme un embryon normal jusqu’à sa naissance.

Par contre, l’échange de noyaux, l’élevage de l’embryon, son implantation dans le ventre maternel et la gestation sont des processus délicats qui échouent souvent. L‘implantation des embryons issus du clonage connaît le même succès que les implantations classiques – soit 55 à 70% de réussite chez les bovins. Par contre, lors de l’avancée de la gestation, les pertes des embryons issus du clonage sont énormes. Seules 9% des gestations seront menées à terme. Les veaux sont alors souvent très grands, ce qui exige une césarienne, avec un impact conséquent pour la mère porteuse. De plus, le taux de mortalité des veaux nouveau-nés est élevé dans les premières 24 heures après la naissance.

Les animaux clonés qui ont survécu à la gestation et à la naissance ne semblent pas être plus sensibles aux maladies que les animaux nés de manière classique. Par contre, on ne sait pas avec certitude aujourd’hui si les animaux clonés vivraient moins longtemps et développeraient plus de maladies en vieillissant que les autres.

Les animaux clonés et les mères porteuses sont donc exposés à des risques supplémentaires, surtout lors de la gestation et juste après la naissance – risques qui ont aussi des conséquences sur le bien-être animal.

Descendants d’animaux clonés – aussi en Suisse
La progéniture d’animaux clonés, progéniture née par reproduction sexuelle normale, présente une santé toute à fait comparable à celles des animaux issus de parents non clonés. Les études ont montré que les descendants d’animaux clonés ne présentaient pas plus de naissances difficiles ou de mortalité plus élevée que les animaux sélectionnés de manière classique. Ainsi les risques liés au clonage ne concernent pas les descendants.
On en avait parlé alors, on sait que la Suisse avait importé en 2005 des semences d’un taureau dont la mère était clonée. Il existe donc en Suisse quelques centaines de bovins dont la grand-mère ou l’arrière grand-mère était un animal cloné. La situation doit être comparable dans les autres pays européens.

Et à l’avenir? Quels sont les développements possibles? Aujourd’hui, le clonage des animaux de rente n’est pas intéressant. La méthode est trop chère et trop inefficace. De plus, les sélectionneurs veulent améliorer leurs animaux et non copier de vieilles caractéristiques. Dans ces conditions, le clonage devrait rester marginal dans les années qui viennent.

Les morsures bénignes ne sont pas annoncées

La nouvelle statistique des accidents par morsure a été publiée ces jours-ci et les chiffres sont comparables à ceux des années précédentes ((lien MM)). Malgré cette stabilité, nous supposons depuis longtemps que les médecins et les vétérinaires renoncent souvent à annoncer les accidents par morsure traités dans leur cabinet. Pour en avoir le cœur net, nous avons conduit un sondage en ligne de manière anonyme pour estimer combien de cas étaient annoncés et mieux comprendre les motivations qui conduisaient finalement à ne pas faire une annonce.

Le nombre de répondants a été modeste et donc les résultats doivent être pris avec des pincettes. Mais malgré tout, ils donnent des indications intéressantes. Ainsi les vétérinaires indiquent n’annoncer qu’un cas sur deux, les médecins qu’un cas sur trois. On peut donc supposer que le nombre d’accidents par morsure en Suisse est certainement plus élevé que les 5090 accidents indiqués par notre statistique en 2009. Cela a été confirmé par une étude de la SUVA publiée dernièrement qui estime à près de 10'000 accidents par morsure chaque année.

Pourquoi les vétérinaires et les médecins rechignent à annoncer les cas? La raison citée le plus souvent était que la victime ou le détenteur du chien mordu ne le voulait pas. Cela n’est pas étonnant, mais place le vétérinaire ou le médecin dans une situation difficile. Une autre raison importante était la gravité de la blessure: on a tendance à annoncer plutôt les blessures graves que les blessures bénignes.

On a souvent entendu que les annonces se faisaient surtout lorsque certaines races étaient impliquées. Les résultats du sondage montrent en effet que la race du chien est une motivation pour annoncer – les races jugées dangereuses faisant l’objet plus facilement d’une annonce. Mais ce biais ne suffit pas pour expliquer les différences du nombre de morsures d’une race à l’autre.

Avec une discipline d’annonce aussi basse, on peut se demander si la statistique sert encore à quelque chose. Il ne faut pas oublier que l’annonce obligatoire des accidents par morsure a été introduite en premier lieu pour identifier les chiens ou les propriétaires à problème et permettre aux vétérinaires cantonaux d’agir sur les cas individuels. Le canton de Berne a d’ailleurs publié dernièrement un communiqué qui explique les mesures prises suite aux annonces.

La statistique est plus un accessoire. Le nombre absolu d’accidents par morsure n’est finalement pas très important. Nous voulons surtout savoir qui est le plus menacé et quelles sont les situations à risque. Et pour cela, la statistique nous fournit des informations utiles.

Un Röstigraben en protection des animaux?

Est-ce que le rapport du suisse alémanique à l’animal est différent que le rapport du suisse romand à l’animal? En d’autres termes, existe-t-il un Röstigraben en matière de protection des animaux? Est-ce que la langue et la culture jouent un rôle sur notre rapport à l’animal? Une étude est en cours pour répondre justement à toutes ces questions. Les premiers résultats montrent que sur les 29 questions posées, il n’y a pas de différences fondamentales dans les réponses de part et d’autre de la Sarine.

Les participants ont par exemple tous reconnu des sentiments aux animaux, en reconnaissant aussi que les sentiments des animaux sont différents que ceux des humains. Le fait d’avoir un animal de compagnie est perçu comme un bénéfice pour l’humain, et le chat comme le chien sont vus comme des animaux attachants. Tous les participants veulent des dispositions sévères sur la protection des animaux, l’élevage en plein air est plébiscité alors que l’élevage en batterie est condamné.

Dennis Turner, Président de l'Institut de recherches interdisciplinaires sur la relation entre l'homme e l'animal IEMT, est co-auteur de l’étude. Entrevue avec un spécialiste des chats de renommée mondiale.

Etes-vous surpris de l’absence d’un Röstigraben?

Je ne savais au départ si on allait trouver des différences. Je suis heureux de n’avoir pas trouvé de Röstigraben, tout au plus certaines petites différences propres à chaque région. Entre temps, nous avons comparé nos résultats avec ceux prélevés en Allemagne et en France parce que nous croyions que les Romands étaient proches des Français, et que les Alémaniques étaient proches des Allemands. Or ce n’est pas le cas!

Romands et alémaniques se différencient quelque peu sur les questions portant sur la consommation de viande. Quelles étaient ces différences et comment les interprétez-vous?

En Suisse romande, les personnes interrogées ont rejeté absolument l’affirmation que tous les humains devraient être végétariens; les Alémaniques la rejettent aussi – mais avec moins de véhémence. Sur les questions qui portaient sur la consommation de porc et de boeuf, les romands étaient aussi un peu plus „pour“ que les Alémaniques. En gros, on peut dire qu’on est un peu plus carnivore en Suisse romande qu’en Suisse allemande…

Que peut-on dire sur notre relation avec nos compagnons à quatre pattes préférés, les chiens et les chats?

Tout le monde s’accorde à reconnaître les effets bénéfiques pour l’humain qui s’occupe d’un animal de compagnie. Les Romands ont une petite préférence pour les chiens, alors que les Alémaniques sont plutôt pour les chats. Sur le plan suisse, on préfère les chats (80.4%) plutôt que les chiens (63.7%), alors que les deux animaux sont antipathiques pour quasiment la même proportion de gens (7.5% chez les chiens, 5.2% chez les chats).

Votre étude ne s’arrête pas à la Suisse, vous passez en revue d’autres pays – en Asie, au Proche-Orient, en Europe et en Amérique du sud. Pouvez-vous déjà faire de premières comparaisons?

Les résultats qui portent sur 12 pays de religions différentes ont été présentés pour la première fois au congrès mondial IAHAIO à Stockholm au début juillet. Je peux évoquer un résultat : en comparant le Brésil au Japon, nous avons constaté que les Japonais vivant au Brésil se trouvaient entre les avis de Japonais vivant au Japon et d’Européens vivant au Brésil. On peut dire ainsi que ces Japonais immigrés se sont un peu assimilés sans perdre toutefois leurs racines. Mais nous n’en sommes qu’au début de la mise en valeur. Pour plus de comparaisons, par exemple sur l’influence de la religion, il faut attendre encore un peu.

B. Fehlbaum, E. Waiblinger, D.C. Turner: A comparison of attitudes towards animals between the German- and French-speaking part of Switzerland.

La canicule pour les animaux aussi ?

L’été s’annonce chaud – au grand plaisir de certains qui enchaînent baignade et grillade sous le tilleul; au déconfort d’autres qui souffrent de la chaleur. Si les humains ne sont pas tous égaux devant la chaleur, il en va de même pour les animaux. Les chiens et les bovins par exemple sont très sensibles à la chaleur – et ce d’autant plus si leurs propriétaires ne respectent pas certaines règles élémentaires. Et c’est parfois le cas : chaque été nous réserve ses cas de chiens laissés dans une voiture en plein soleil – avec des conséquences fatales pour l’animal.

Si le chien est sensible à la chaleur, c’est parce qu’il ne peut pas transpirer – son corps n’étant pas muni de glandes sudoripares. Pour se rafraîchir, il halète avec entrain… et perd en même temps beaucoup de liquide, d‘où l’importance de lui donner suffisamment à boire. Si le chien ne se sentira jamais très à l’aise par temps de canicule, son maître peut toutefois prendre certaines mesures pour lui permettre de supporter au mieux la chaleur.

Par exemple: offrez à votre chien une place à l’ombre dans un endroit frais. Faites vos balades plutôt le matin tôt ou plus tard le soir pour lui éviter les sorties en pleine chaleur. Lorsqu’un chien a trop chaud, il peut souffrir de vomissements, diarrhées, vertiges et crampes. Lorsque ces symptômes apparaissent, il faut tout de suite veiller à rafraîchir le chien, avec des compresses humides par exemple. En cas de doute, il vaut mieux consulter son vétérinaire. Pour le maître, un seul mot d’ordre: si votre chien halète fortement et se couche, il faut être vigilant.

Les bovins ne sont pas aussi sensibles que les chiens, mais ils supportent nettement mieux le froid que le chaud. Et lorsque canicule et humidité s’allient, les bovins souffrent vraiment de la chaleur : ils halètent, ont un pouls plus élevé et leur peau est humide. Lorsque la vache digère ou produit du lait, elle produit aussi de la chaleur. Du coup, lorsqu’il fait chaud, une vache aura automatiquement tendance à se protéger en mangeant moins et en produisant moins de lait. C’est pourquoi le paysan a tout intérêt à protéger ses animaux de la chaleur : une bonne aération de l’étable avec des fenêtres et des portes ouvertes, des ventilateurs ou des vaporisateurs d’eau peuvent aider. Et un endroit à l’ombre au pâturage est obligatoire.

Les chevaux par contre font partie des chanceux qui supportent bien les variations de température. Mais eux aussi peuvent subir un coup de chaud. Evitez les transports inutiles, les endroits trop étroits et veillez à la bonne ventilation de l’écurie.

Encore des questions ? Informez-vous sur www.monanimaljenprendssoin.ch ou consultez votre vétérinaire.

Les poules en batterie toujours très répandues en Europe

Certains pays de l’Union européenne discutent ces temps (seulement) d’une possible interdiction de l’élevage en batterie des poules. Les chiffres actuelles le montrent: si l’élevage en batterie est en recul dans l’Union européenne, il reste le mode d’élevage le plus fréquent, puisque 71% des poules pondeuses sont détenues en batterie. Nos voisins autrichiens et allemands sont bons élèves. En Autriche, 95% des poules pondeuses ne connaissent plus la batterie, en Allemagne 63%.

Dans ce domaine, la Suisse fait figure de pionnière. L’interdiction de l’élevage en batterie, en place depuis… 30 ans déjà!, est une véritable succes story. A l’époque de l‘interdiction, la seule alternative à l’élevage en batterie ou en grillage était l’élevage au sol. En parallèle avec l’interdiction, on a ainsi mené des recherches intensives pour trouver des solutions alternatives adéquates, soit des solutions qui pouvaient allier bien-être animal et viabilité économique. Et c’est en 1979 qu’un système de volières a été testé avec succès – puisque c’est ce système qui s’est imposé en Suisse.

Ainsi en Suisse, 86% des poules pondeuses et 88% des poulets bénéficient d’un système de détention particulièrement respectueux de leurs besoins – le système labellisé SST par la Confédération.

Aviforum à Zollikofen et le centre spécialisé de la recherche sur la détention convenable de la volaille de l’OVF ont largement contribué au bien-être de la volaille suisse. Aviforum, centre de compétences pour l’aviculture suisse, fête ces jours son 75e anniversaire – 75 ans de conseils spécialisés, de recherche, d’information et de formation.

Dans ce contexte, Aviforum présente cette semaine ses nouvelles installations de recherche. Les anciennes halles n’étaient plus conformes aux dispositions SST et étaient en mauvais état. Les nouvelles installations vont permettre aux chercheurs des conditions de travail optimales pour continuer de tester les fonctionnalités des poulaillers et de promouvoir une détention respectueuse des besoins de la volaille. La halle des poules pondeuses est opérationnelle depuis l’année passée, la halle des poulets d’engraissement est en construction.

Aviforum est une fondation cofinancée par la Confédération, les cantons et la branche avicole.

Plus d’infos sur: www.aviforum.ch

Les étables trop exiguës des années 1970 doivent être adaptées d’ici 2013

En vertu de la nouvelle législation sur la protection des animaux, les éleveurs ne seront pas tenus d’adapter les exploitations laitières construites avant septembre 2008. Il existe toutefois une exception: les étables construites dans les années 1970, qui aujourd’hui encore sont soumises à des dimensions minimales beaucoup moins strictes, devront être adaptées d’ici 2013, soit plus de 30 ans après leur construction.

Les étables doivent respecter des règles particulières depuis l’entrée en vigueur de la première législation suisse sur la protection des animaux au début des années 1980. Aujourd’hui encore, les couches aménagées avant 1981 sont soumises à des dimensions minimales moins strictes. Avec les progrès de l’élevage, les vaches laitières sont pourtant plus grosses qu’autrefois et les petites couches ne suffisent plus. La nouvelle législation sur la protection des animaux stipule donc que les anciennes couches doivent être adaptées aux dimensions minimales désormais en vigueur d’ici fin août 2013.

Qui est concerné?

Quelles sont les étables concernées? La réponse est simple: toutes les étables dont les dimensions des couches et des logettes ne correspondent pas au moins aux valeurs indiquées dans le tableau doivent être adaptées. Si ces dimensions sont inférieures aux valeurs indiquées, elles doivent être adaptées aux normes de la nouvelle ordonnance sur la protection des animaux. Des dispositions dérogatoires sont prévues uniquement pour les vaches laitières détenues en zone d’estivage, pour autant que les bêtes ne restent pas plus de huit heures par jour à l’étable.

Planifier l’adaptation des constructions

Les adaptations des couches et des logettes doivent être planifiées avec soin. Vérifiez de suite si vous devez adapter votre étable. Vous trouverez des conseils utiles dans le document « Propositions d’adaptations simples à effectuer dans les étables à stabulation entravée pour bétail laitier ».

Les adaptations volontaires peuvent être pertinentes

La loi n’impose en revanche pas d’adapter les couches et les logettes respectant les dimensions figurant au tableau (c’est-à-dire les dimensions standard prévues par l’ancienne ordonnance sur la protection des animaux). Les vaches affichant une hauteur au garrot de 145 cm pourront par exemple toujours être détenues sur des couches ou dans des logettes prévues pour des vaches présentant une hauteur au garrot de 130 à 140 cm.
Dans certains cas, il peut cependant être indiqué d’adapter les dimensions de l’étable à la hauteur au garrot des animaux. Cette adaptation est recommandée lorsque certaines bêtes n’ont plus assez de place pour se coucher et ne peuvent donc plus se reposer de façon convenable ou lorsqu’on observe une augmentation du nombre de blessures aux mamelles et aux articulations. Dans ces cas, une augmentation de la place à disposition peut améliorer de façon décisive le bien-être des animaux. Dans les cas extrêmes, l’autorité cantonale chargée de l’application de la législation sur la protection des animaux peut exiger que des adaptations soient faites.

Les nouvelles étables construites ou réaménagées après le 31 août 2008 doivent respecter toutes les dispositions de la nouvelle ordonnance sur la protection des animaux.

Tableau: des adaptations sont nécessaires lorsque les dimensions sont inférieures aux normes ci-dessous

  Largeur en cm Longueur en cm

Stabulation entravée

   
Jeunes bovins jusqu’à 400 kg sur couche courte 90 145
Jeunes bovins de plus de 400 kg sur couche courte 100 155
Bétail laitier affichant une hauteur au garrot supérieure à 130 cm sur couche courte 110 165
Bétail laitier affichant une hauteur au garrot supérieure à 130 cm sur couche moyenne 110 200
Logettes    
Bétail laitier affichant une hauteur au garrot supérieure à 130 cm, logettes adossées à la paroi 120 240
Bétail laitier affichant une hauteur au garrot supérieure à 130 cm, logettes opposées 120 220

Jean-Marc Richard: « L’animal est révélateur de notre rapport à l’humain»

Les Zèbres de Jean-Marc Richard et de la Radio Suisse Romande ont fait escale à l’OVF du 26 au 29 janvier 2010. Des classes de 8e, 7e, 2e et 5e année de l’école cantonale de langue française ont animé l’émission et découvert certaines facettes des activités de l’OVF. Entretien avec Jean-Marc Richard.

Jean-Marc Richard, qu’est-ce qui vous a frappé cette semaine ?

Les enfants ont beaucoup à dire ou à questionner sur le thème de l’animal. C’est un thème universel, qui leur parle, parce qu’il est en lien direct avec leur quotidien. Cela réveille chez les petits leur envie de raconter, leur faim d’expliquer leur rapport à l’animal. Les plus grands ont posé beaucoup de questions, ont eu besoin de comprendre. Le contact avec les spécialistes de l’OVF avant l’émission était important. Votre approche n’est pas émotionnelle, vous abordez le thème de l’animal de façon scientifique, technique. L’animal n’est pas sanctifié. Du coup, cela crée de l’espace à la réflexion. On le voit sur le débat des Zèbres (ndlr pour ou contre l’avocat des animaux) : les arguments étaient contrastés et nuancés.

Pourquoi avoir choisi l’OVF pour une visite des Zèbres. Un office fédéral, ce n’est pas forcément très rigolo aux yeux des enfants…

C’est drôle, parce que lorsque nous avons discuté des lieux où produire l’émission, l’OVF a été un des seuls lieux à faire l’unanimité dans mon équipe… mais pour plein de raisons différentes. Certains trouvaient la protection des animaux importante, d’autres s’intéressaient plus aux steaks… Personnellement, je voulais réfléchir avec les enfants à la place de l’animal dans notre société – et les nombreuses discussions ont montré combien ce thème touche les enfants.

A l’école cantonale de langue française, il y a beaucoup de nationalités différentes et notamment, beaucoup d’enfants qui viennent d’Afrique. Vous travaillez régulièrement en Afrique et connaissez bien ce continent. Est-ce que le rapport à l’animal y est différent ?

Evidemment ! Je dirais même que c’est LA plus grande différence culturelle. La perception de la religion, de la famille, des hommes et des femmes n’est finalement pas très différente qu’ici. Par contre la place de l’animal, oui. Mais c’est normal, quand on est dans la survie, les priorités sont différentes. Un des enfants congolais qui animaient l’émission cette semaine me racontait qu’un de ses plus grands chocs, la première fois qu’il était venu en Suisse, avait été de voir la publicité pour des aliments pour chats ou chiens. Cela l’avait sidéré.

Est-ce que la protection des animaux serait un luxe ?

Je crois que la protection quelle qu’elle soit n’est jamais un luxe. Il serait inimaginable en Suisse que les gens se fichent de la protection des animaux. Dans des régions où la survie des humains est difficile, il est aussi difficile de s’imaginer équiper, par exemple, des porcheries de douches – comme on en a parlé dans l’émission. C’est une question de priorités.

Toute la semaine, vous avez demandé aux enfants à quoi le mot « animal » leur faisait penser. Et à vous ?

Je crois que le rapport que nous avons à l’animal est finalement très révélateur de notre rapport à l’humain. Celui qui se sent mieux compris par son animal que par les gens qui l’entourent a peut-être parfois été déçu des relations humaines. A l’extrême, celui qui maltraite son animal a souvent des problèmes avec lui-même. Le respect de l’humain et le respect de l’animal vont de pair. Regardez les enfants : ils sont plein d’humanité et ils ont un lien spontané avec l’animal.

Notes 11 - 20 / 32