Dans les maladies animales transmissibles à l’homme, on oublie souvent que les deux zoonoses les plus fréquentes sont des maladies liées aux denrées alimentaires. Et si on connait tous les salmonelles, on est moins familier des campylobacter. Or ces bactéries sont celles qui contaminent le plus souvent nos viandes – et notamment la viande de poulet. Ainsi, chaque année, notre programme de surveillance pratiqué en abattoir comptabilise des taux élevés de contamination sur les poulets – avec des pics saisonniers en été.

La situation en Europe est comparable. Dans son rapport publié en mars dernier, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) relate les résultats d’un programme d’échantillonnage qui a eu lieu entre janvier et décembre 2008 dans 26 pays membres de l’Union européenne – la Suisse y ayant également participé. Au total, ce sont 10.132 lots de poulets de chair qui ont été échantillonnés dans 561 abattoirs. Les résultats montrent que au niveau de la Communauté, la prévalence de lots de poulets de chair  colonisés par Campylobacter (avant abattage) était de 71,2 % et celle des carcasses de poulets de chair contaminées par Campylobacter (après abattage) était de 75,8 %. La Suisse a des résultats inférieurs à la moyenne européenne, avec 59% pour les lots de poulets de chair, et 71% pour les carcasses après l’abattage. A noter toutefois que les valeurs suisses ne portent pas sur toute l’année ; les mois d’hiver n’ont pas été pris en compte, la prévalence annuelle réelle est probablement moins élevée.

Face à ces résultats peu satisfaisants, les autorités sanitaires suisses avec la branche ont mis sur pied fin 2008 une plate-forme Campylobacter pour essayer d’enrayer le problème (lire aussi notre billet du 12 décembre 2008). Nos spécialistes y travaillent d’arrache-pied pour trouver des moyens de réduire les taux de contamination. La tâche est difficile, particulièrement sur les exploitations avicoles où même avec des mesures d’hygiène très sévères, il est difficile de faire baisser les taux de contamination – la campylobacter étant une bactérie présente naturellement dans la flore intestinale du poulet, sans que ce dernier ne soit malade. Une autre des pistes suivies est notamment le renforcement de l’hygiène en abattoir – un lieu important où la contamination entre les carcasses peut avoir lieu. Les travaux sont en cours – à suivre, donc.

Reste que l’on peut se protéger simplement contre les campylobacter : en respectant les mesures d’hygiène élémentaires lors de la préparation des viandes. Pensez-y : ne mêlez pas le matériel cru à la nourriture cuite, lavez-vous les mains et votre plan de travail et cuisez suffisamment la viande. L’Office fédéral de la santé publique a publié une brochure utile pour vous rappeler tous ces petits principes de base qui vous éviteront bien des désagréments.