Office vétérinaire fédéral OVF

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Jumelage des services vétérinaires suisse et mongol

La Mongolie est 37 fois plus grande, mais trois fois moins peuplée que la Suisse. Sur les immenses étendues de terres mongoles pâturent près de 30 à 40 millions d’animaux de rente: moutons, chèvres, bovins, chevaux, ainsi que des chameaux et des yacks. L’élevage du bétail est une grande tradition dans ce pays et continue d’être le moyen de subsistance de près d’un quart de la population. L’utilisation excessive des pâturages et l’impact sur la santé des troupeaux menacent ces moyens de subsistance.

Une condition pour améliorer la situation est de créer un service vétérinaire moderne et qui fonctionne. Dans le cadre des «Animal Health Projects (AHP)» (2012 – 2015), qui sont financés en grande partie par la Suisse, l’OVF collabore étroitement avec les autorités vétérinaires mongoles pour renforcer leur service vétérinaire au niveau national, régional et local. Au début du mois de juin 2012, une délégation mongole a passé quelques jours à l’OVF pour lancer ce nouveau projet élaboré en commun.

Le service vétérinaire suisse comme modèle

«Héritage de l’organisation socialiste de jadis, le Service vétérinaire mongol a toujours des structures très centralisées», souligne le Dr Batsukh Zayat, chef du service vétérinaire public de Mongolie. «C’est pourquoi nous sommes très intéressés au modèle de la Suisse, avec sa répartition des tâches très nette entre la Confédération et les cantons».
Comme tout projet de jumelage («twinning»), qui a pour but de mettre en place une collaboration en partenariat au-delà des frontières nationales et culturelles, les spécialistes mongols ont été intégrés très tôt aux travaux de préparation du projet. C’est déjà une différence très positive par rapport aux projets antérieurs, estime B. Zayat.

 


Outre une collaboration à l’échelon des autorités, l’OVF met également à disposition la coordinatrice du projet au niveau suisse en la personne de Susan Stierlin, une vétérinaire expérimentée qui sera active aussi bien en Suisse qu’en Mongolie, où elle effectuera de brefs séjours. Pour elle, il est intéressant de collaborer à ce projet pour plusieurs raisons: «Ce projet a des objectifs clairement définis, il est réalisable et il contribuera à améliorer le quotidien de la population, en particulier celui des éleveurs de bovins. La Mongolie est un pays à fortes traditions. Des projets tels que les AHP doivent permettre également à la Mongolie d’adapter ses structures pour travailler de manière conforme aux normes internationales. Les participants sont très motivés et recherchent la collaboration. Les expériences communes seront un enrichissement pour tous».

Autres objectifs

L’amélioration des structures du service vétérinaire est l’un des objectifs. Un deuxième objectif est que ces améliorations permettent d’obtenir des effets positifs mesurables. Il faut ainsi que la lutte contre la brucellose, qui menace l’animal et l’homme et qui constitue un problème important en Mongolie, devienne notablement plus efficace. Dans la partie occidentale du pays, il faut déployer des efforts pour obtenir le statut «indemne de fièvre aphteuse FA» reconnu au niveau international. L’absence de FA est une condition pour pouvoir commercialiser de la viande au niveau international et améliorer ainsi la valeur ajoutée de la détention d’animaux de rente. La Mongolie souhaite en premier lieu exporter de la viande bio de haute valeur vers l’Asie (Corée, Japon), vers le Moyen-Orient et plus tard, également vers l’Europe.

Un troisième objectif des AHP est d’optimiser la formation de base et la formation qualifiante des vétérinaires mongols, que ce soit en soutenant les enseignants sur place ou par des ateliers ou des voyages d’études en Suisse. Et pour les étudiants ou praticiens suisses, il est certainement précieux et enrichissant de connaître personnellement le service vétérinaire mongol et d’avoir affaire à des maladies qu’on ne rencontre pratiquement plus chez nous. Initiatives qui ne sont certes pas prévues dans les AHP, mais qui peuvent être facilement réalisées grâce aux relations qui se sont nouées.

Les AHP sont une forme plutôt nouvelle de collaboration, axée sur le moyen et le long terme. Le lancement de ce nouveau projet a eu lieu au début du mois de juin. On attend les résultats avec grand intérêt !

Projet de ré-autorisation des protéines animales dans l’alimentation des porcs et des volailles: qu’en pense l’OVF?

En Suisse, l’utilisation des protéines animales dans l’alimentation des ruminants est interdite depuis 1991 (dans l’UE depuis 1994). En 2001, cette interdiction a été étendue, aussi bien en Suisse que dans l’UE, à tous les animaux de rente («interdiction totale»). Raison de ces interdictions : l’affouragement des bovins par des protéines animales contaminées constitue le principal mode de propagation de l’agent pathogène responsable de l’ESB.

Or, depuis, de nombreuses voix s’élèvent, dans l’UE comme en Suisse, en faveur de la réintroduction des protéines animales, dont l’apport est précieux. Pourquoi ce revirement?

Le contexte:
Les poules et les porcs sont des omnivores: dans des conditions naturelles, ils ingèrent des protéines animales. Par ailleurs rien n’indique dans les recherches effectuées que ces deux espèces animales seraient sensibles à  l’ESB.
• La réintroduction de l’affouragement des protéines animales permettrait à la Suisse de réduire sa dépendance vis-à-vis des autres sources de protéines, comme le soja. À l’échelle européenne, la levée de l’interdiction totale se traduirait par un gain d’environ 3 à 5 millions de tonnes de protéines pour l’alimentation des animaux de rente (source: Association suisse des fabricants d’aliments fourragers VSF).
• Ces dernières années, on a mis au point de nouvelles techniques de détection des protéines dans les aliments fourragers qui permettent de différencier les protéines selon l’espèce animale dont elles sont issues.
• Plusieurs expertises internationales (EFSA, BIOHAZ Panel, 2007-2010) tendent à démontrer qu’un assouplissement de l’interdiction en vigueur est possible.

La situation de l’ESB a très nettement perdu de son acuité en Suisse au cours des dernières années, si bien que l’Office vétérinaire fédéral (OVF) est favorable à la réutilisation des protéines animales dans l’alimentation des poules et des porcs, car cette réutilisation est à la fois sûre et judicieuse du point de vue écologique. Toutefois l’interdiction générale de l’affouragement des protéines animales ne pourra être assouplie qu’à des conditions très restrictives, d’ores et déjà définies par l’OFAG, l’OVF et l’OFSP dans leur rapport de 2004 établissant un plan de mesures pour le recyclage des déchets:
• Seules doivent être autorisées les protéines animales issues de sous-produits d’abattage non nocifs pour la santé humaine.
• L’utilisation de protéines animales pour nourrir les herbivores (bovins, ovins, caprins) doit rester interdite.
• Seul l’affouragement de protéines d’une espèce à une autre espèce doit être autorisé, en l’occurrence l’affouragement de protéines issues de volailles à des porcs ou l’affouragement de protéines issues de porcs à des volailles. Le cannibalisme doit rester exclu.

Indépendamment des résultats scientifiques, la ré-autorisation ne sera possible qu’avec l’assentiment de l’ensemble du marché, c’est-à-dire de tous les acteurs de la filière alimentaire, des pouvoirs publics et des consommateurs. De plus, compte tenu de l’intégration de la Suisse dans l’espace vétérinaire de l’UE, nous devrons avancer au même rythme que les pays européens qui nous entourent.

D’ici à la fin de l’année, plusieurs points devront être éclaircis. Il est important d’exiger dans le processus de transformation une séparation absolue entre la filière des protéines animales et la filière des aliments destinés aux herbivores. Cela va de l’abattoir jusqu’à l’exploitation destinataire en passant par le moulin et le transport. Pour cela, l’industrie doit procéder à des adaptations de grande ampleur. Des contrôles devront être assurés.

L’OVF est membre d’un groupe de travail (GT) qui se penche sur ces questions techniques. Ce GT, dirigé par l’Union suisse des paysans (USP), se compose de représentants des organisations paysannes, de la filière viande, des transformateurs, de la grande distribution ainsi que des organisations de consommateurs. Pour tous, il paraît clairement inenvisageable de revenir aux pratiques d’affouragement d’avant 1991. Une modification d’ordonnance peut ouvrir la possibilité d’utiliser les protéines animales plutôt que de les brûler, mais c’est au marché qu’il appartiendra de décider si celles-ci pourront ou non se retrouver dans les aliments pour porcs et volailles.

Un été avec Fleurette – L’estivage de Fleurette

A 7 mois, Fleurette n’a encore jamais connu la diarrhée virale bovine (BVD). Pendant l’estivage, les bovins entrent en contact avec des animaux provenant de différentes exploitations, ce qui augmente le risque d’infection par le virus de la BVD. En effet, bien que l’éradication de la BVD en Suisse soit en bonne voie depuis le début de la campagne en 2008, cette maladie n’a pas encore disparu. C’est la raison pour laquelle l’estivage 2011 sera placé sous étroite surveillance. Nous allons ainsi accompagner Fleurette pendant l’été à l’alpage, et faire état des efforts à fournir absolument pour que Fleurette et tous les autres bovins de Suisse ne soient pas contaminés par la BVD.

Fleurette est née le 8 novembre 2010 dans l’étable de Christian et Marianne Gertsch à Mettmenegg, dans l’arrière-vallée de la Simme. Fleurette appartient à la race Simmental/Fleckvieh et c’est un bel animal robuste, comme tous les bovins de son étable.

 

Blüemli
Fleurette, née le 8 novembre 2010 à Mettmenegg

 Peu de temps après sa naissance, Fleurette est soumise à un test de dépistage de la BVD. Ce test est important car bien que la BVD ait aujourd’hui disparu de beaucoup d’étables suisses, le combat contre une maladie infectieuse n’est gagné que lorsque les derniers vecteurs de la maladie ont été éradiqués.
Ainsi, parallèlement à l’apposition de la marque auriculaire jaune, Christian Gertsch prélève un échantillon de tissu sur Fleurette et l’envoie au laboratoire. Peu de temps après, Marianne Gertsch apprend par la banque de données sur le trafic des animaux que Fleurette n’a pas seulement l’air d’être en bonne santé, mais qu’elle l’est réellement. Fleurette est négative à la BVD, comme jusqu’ici tous les bovins de Mettmenegg.
Ce bon résultat est également à mettre au crédit de Christian et Marianne Gertsch. Ils sont toujours vigilants et surveillent chez leurs animaux l’apparition de symptômes qui pourraient être ceux de la BVD. Dès qu’ils constatent chez leurs animaux des diarrhées importantes, des problèmes de fertilité et des avortements, ou qu’un veau est chétif à la naissance, ils en parlent immédiatement au vétérinaire. Les Gertsch sont également attentifs aux mesures d’hygiène lors de la mise bas et n’achètent que des animaux présentant un résultat négatif au test de la BVD.

Besprechung
Christian Gertsch discute avec le vétérinaire Andreas Künzi des événements survenus dans l’étable.

En juin 2011, Fleurette, alors âgée de 7 mois, doit se rendre pour la première fois à l’alpage. Déjà dans les pâturages communaux de printemps, elle entre en contact avec des bovins issus d’autres exploitations. Parmi ces animaux, certaines femelles gestantes seront placées sous séquestre car leur exploitation d’origine a été contaminée par la BVD. C’est ainsi qu’augmente le risque que Fleurette soit infectée par la BVD, et l’estivage devient une période délicate pour l’éradication du virus.

 

Frühlingsallmed
Vue de Mettmenegg sur les pâturages communaux de printemps.

C’est pour cette raison que cette année, des tests supplémentaires seront effectués sur les grands alpages, qui accueillent beaucoup d’animaux de différentes exploitations. Une partie des jeunes animaux, âgés de 6 à 18 mois, seront testés avant et après l’estivage afin de détecter dans le sang la présence éventuelle d’anticorps anti-BVD. Fleurette en fait partie car elle n’a encore jamais été en contact avec la BVD et ne possède donc aucun anticorps contre le virus. Le vétérinaire Andreas Künzi effectue une prise de sang et une semaine plus tard, il est confirmé que Fleurette est négative!

 

Blutentnahme
Fleurette est soumise à une prise de sang afin de rechercher des anticorps anti-bvd.

Si Fleurette présentait des anticorps à l’automne, cela signifierait qu’elle a tout de même été en contact avec le virus de la BVD pendant l’estivage. Dans ce cas, toutes les femelles gestantes ayant également passé l'été sur cet alpage seront placées sous séquestre jusqu’à la mise bas, et les services vétérinaires essaieront de trouver la cause de la contamination.
Découvrez également sur cette page quels sont les efforts entrepris par les détenteurs d’animaux, les vétérinaires et les autorités pour éradiquer totalement la BVD de Suisse, et prenez des nouvelles de Fleurette.

Vous trouverez des informations supplémentaires sur le site www.stopbvd.ch.

 

 

250 années de médecine vétérinaire: l’homme et la santé animale sont indissociables

Il y a 250 ans, le premier établissement de formation en médecine vétérinaire était fondé à Lyon (F). Pour célébrer cet anniversaire, l’OIE, Organisation Mondiale de la Santé Animale (anciennement «Of-fice international des Epizooties»), a décidé de déclarer 2011 année de la médecine vétérinaire. Dans le monde entier, de nombreuses manifestations sont donc organisées à cette occasion pour souligner l’importance de la médecine vétérinaire pour l’homme et pour l’animal. En Suisse, l’Office vétérinaire fédéral (OVF), la Société des vétérinaires suisses et la faculté Vetsuisse, qui regroupe les deux facultés de Berne et de Zurich, ont organisé une réception estivale.

JSA Vet
CF J. Schneider-Ammann

Dans son allocution de bienvenue, le conseiller fédéral Schneider-Ammann, lui-même fils de vétérinaire, a évoqué à plusieurs reprises les profonds liens personnels qui l’attachent à la médecine vétérinaire. Il a souligné l’importance que revêt toujours ce domaine à l’heure actuelle. Aujourd’hui encore, l’apparition d’une épizootie aurait des conséquences dévastatrices, non seulement pour l’agriculture, mais aussi pour l’économie entière du pays. Le Conseiller fédéral a également rappelé que la médecine vétérinaire suisse est un modèle de réussite, qui a permis d’éradiquer de façon ciblée nombre d’épizooties, grâce aux connaissances mobilisées et à l’engagement déployé. Afin de maintenir l’excellent statut de la Suisse en matière d’épizooties, l’Office vétérinaire fédéral a récemment élaboré la stratégie Santé animale en Suisse 2010+, qui mise fortement sur la prévention, mais aussi sur l’implication des détenteurs d’animaux dans la préservation de la santé de leurs cheptels. En effet, dans le domaine de la lutte contre les épizooties, l’intégration de toutes les parties prenantes est déterminante à tous les niveaux, de la prévoyance à la lutte en passant par le diagnostic. En Suisse, le partenariat est fondamental dans le domaine vétérinaire, que ce soit entre la Confédération et les cantons, ou entre le service vétérinaire et la faculté Vetsuisse. Seule une parfaite coordination des forces et des capacités disponibles peut permettre de lutter efficacement contre les épizooties ou, mieux encore, de les prévenir.

M Eloit
Dr. M. Eloit, OIE


Le Dr Monique Eloit, directrice générale suppléante de l’Organisation mondiale de la santé animale à Paris (OIE), s’est exprimée sur l’importance sociale du métier de vétérinaire et a montré à quel point, à notre époque, la science vétérinaire et le bien-être de nos sociétés sont liés. Ainsi, il faut savoir que plus d’un milliard de paysans pauvres survivent uniquement grâce à l’élevage d’animaux. Plus généralement, la santé humaine est tributaire de la santé animale, puisque de nombreuses pathologies, dites zoonoses, se transmettent de l’animal à l’homme et inversement. La sécurité alimentaire entretient elle aussi un rapport étroit avec la santé animale. Sans parler de l’influence cruciale des animaux sur le bien-être psychologique de l’homme: les animaux sont nos compagnons au quotidien, ils peu-vent nous protéger, nous sauver (chiens policiers, chiens de montagne, chiens de sauvetage, etc.), nous guider (chiens guides d’aveugles) ou tout simplement partager avec nous des moments de loisirs. Madame Eloit a souligné qu’aujourd’hui, le domaine vétérinaire n’est plus indépendant de la santé et vice versa. C’est la raison pour laquelle l’OIE  applique le «One Health Concept», qui comprend les contrôles tout au long de la filière alimentaire, la fourniture de soins médicaux de base à la population, la lutte contre les zoonoses, etc.

Althaus F 
Prof. Dr. F. Althaus

Le doyen de l’Université Vetsuisse, le Prof. Dr Felix Althaus, a montré au fil de sa réflexion sur la médecine vétérinaire en Suisse que l’université Vetsuisse de Berne-Zurich évolue également en tenant compte de toutes ces corrélations. La formation des futur(e)s vétérinaires s’adapte en effet à l’évolution des conditions-cadres qui régissent l’agriculture. Elle tient compte de la mondialisation des échanges commerciaux et partant, des risques de contamination par des agents pathogènes. La création d’Agrovet et d’un nouvel institut en santé publique vétérinaire (Veterinary Public Health Institute, VPHI) permettra de promouvoir la collaboration entre l’économie agricole et le secteur de la santé et d’exploiter les synergies. L’«AGROVET-STRICKHOF – Translational Research Center» a pour objectif de mettre en place un centre de compétences pour la recherche et l’enseignement dans le domaine de la «production d’aliments sains avec des animaux sains et de la surveillance de toute la chaîne alimentaire» en collaboration avec l’université Vetsuisse, le département des sciences agronomiques et alimentaires de l’EPF de Zurich, la Haute Ecole pour les sciences appliquées de Zurich et l’Office de l’agriculture et de la nature du canton de Zurich. Quant aux activités du Veterinary Public Health Institute, elles comprennent la surveillance et la prévention des zoonoses et la lutte contre celles-ci, l’hygiène des denrées alimentaires ainsi que les différents aspects de la protection des animaux et les améliorations qu’elle induit.
Ici aussi, l’objectif est d’unir les forces des différents acteurs concernés pour protéger les animaux et renforcer le secteur agricole suisse en l’orientant vers l’avenir, mais aussi pour garantir la santé ani-male et partant, des aliments sûrs et sains d’origine animale, pour le bien-être de la population.  

Source photo: LID

Viande clonée: pas de réglementation européenne

Les discussions de l’Union européenne sur la viande clonée n’ont pas abouti. La semaine dernière, un accord aurait dû être accepté après 3 années de dures négociations. Mais un compromis n’a pas pu être trouvé et les discussions ont été définitivement stoppées.

Pays membres, commission et parlement européens n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur une réglementation commune pour la viande et les produits issus d’animaux clonés. Le point d’achoppement a été la déclaration des denrées alimentaires issus d’animaux clonés et de leurs descendants. Le Parlement exigeait une déclaration obligatoire, mais les avis divergeaient quant à la faisabilité technique et les conséquences d’une telle obligation. Même une solution de compromis n’a eu aucune chance.

Cela met donc un point final aux discussions qui visaient l’actualisation de l’ordonnance sur „les nouvelles denrées alimentaires“ avec un statut quo de directives communes minimales. John Dalli, le commissaire européen pour la santé et la consommation, s’est montré déçu: «Avec cette non-décision, nous n’avons aucun contrôle. Et cela restera la règle dans l’UE. » John Dalli s’était engagé pour un moratoire qui prévoyait d’interdire le clonage des animaux destinés à la production alimentaire.

Le clonage d’animaux ne se pratique pas en Suisse et aucun animal cloné n’a été importé. Si aucune denrée alimentaire d’animaux clonés n’a été mise sur le marché, de la semence de descendants d’animaux clonés a déjà été importée en Suisse. On pense ainsi qu’il y aurait quelques centaines de bovins en Suisse dont un des aïeuls était un animal cloné. Si plusieurs études montrent que la consommation de denrées alimentaires d’animaux clonés ne posent pas de problèmes, des questions se posent quant à la protection des animaux.

Archives en ligne – 15‘000 années d’histoire de la médecine vétérinaire en quelques clics

Un retour en arrière nous éclaire toujours sur le présent et l’avenir. La Société pour l’histoire de la médecine vétérinaire a mis en ligne une partie de ses nombreuses archives. Avant de fêter les 250 ans de la profession vétérinaire dans le monde l’année prochaine, un coup d’oeil à ces archives vaut la peine – près de 15‘000 ans d’histoire de la médecine vétérinaire est présentée ici.

Prenez l’année 1850 : la morve, la rage, la variole ovine et la peste bovine faisaient partie des épizooties les plus craintes. Déjà à l’époque, certaines épizooties étaient soumises à l’annonce obligatoire et en 1872, la Suisse s’est dotée pour la première fois d’une loi sur les épizooties au niveau fédéral. Ainsi en 1872 déjà, la Suisse avait reconnu l’importance d’une lutte coordonnée et nationale contre les épidémies  animales. Depuis 1872 en effet, la lutte contre les épizooties incombe à la Confédération, alors qu’avant elle incombait aux cantons. 

Le site internet donne aussi un aperçu de l’histoire de la protection des animaux en Suisse – du 19e siècle jusqu’à la première loi sur la protection des animaux de 1978. On y apprend ainsi que les principes éthiques liés à notre conception de la protection des animaux nous ont été donnés par Albert Schweitzer, théologien protestant, médecin, philosophe et musicien organiste. Il a préconisé la maxime , il faut avoir à l’égard de tout être animé de la volonté de vivre le même respect que l’on a pour sa propre vie. Ce principe de base est encore valable aujourd’hui. Il y a 100 ans, on parlait de respect de l’animal comme part de la création. Aujourd’hui, on parle de dignité de la créature. Ce principe est ancré dans la Constitution fédérale et la législation sur la protection des animaux le prend en compte. Les deux notions ont le même objectifs: le droit des animaux à une protection.

De nombreux textes sur l’histoire de la médecine vétérinaire sont à découvrir sur ce site, ainsi qu’une bibliographie très fournie et des projets de recherches sur ce sujet. De bonne feuilles pour surfer intelligent…

Des accords bilatéraux aux accords tripartites

La semaine passée, la Suisse parafait un accord dit « tripartite » avec la Nouvelle-Zélande. Quelques semaines auparavant, c’est à Zürich que la Suisse parafait un même accord avec la Norvège. Après les accords bilatéraux, les accords tripartites ?

Souvenez-vous, le 1er janvier 2009, la Suisse entrait dans l’espace vétérinaire européen. Grâce à des accords bilatéraux négociés avec force détails, la Suisse et l’Union européenne reconnaissaient mutuellement bénéficier des mêmes mesures de prévention, de lutte et de sécurité sanitaire. L’entrée dans l’espace vétérinaire européen a signifié pour la Suisse toute une série d’avantages pour le commerce des animaux et des produits issus d’animaux, comme le fromage ou la viande. Finis les contrôles vétérinaires à la frontière, finis les certificats spéciaux, toutes les démar-ches administratives au niveau vétérinaire sont harmonisées et simplifiées. Le marché européen avec ses 490 millions de consommateurs est devenu plus facilement accessible.

Si la Suisse n’est pas le seul pays à vouloir bénéficier d’un accès facilité à ce gigantesque marché. D’autres pays, comme la Nouvelle-Zélande par exemple, ont signé des accords bilatéraux avec l’UE – reconnaissant ainsi travailler selon les mêmes standards sanitaires et donc pouvant bénéficier de facilitations de commerce.

Ainsi donc, si la Nouvelle-Zélande bénéficie d’accords bilatéraux vétérinaires avec l’Union européenne et la Suisse aussi, rien ne s’oppose à ce que la Suisse et la Nouvelle-Zélande se simplifient la vie également – en ce qui concerne le commerce des animaux et des produits animaux du moins. Selon l’adage, « les amis de nos amis sont nos amis », la Nouvelle-Zélande et la Suisse se sont donc mis à table pour négocier un accord, avec le consentement de l’Union européenne – d’où son nom de tripar-tite.

Et ce n’est pas rien : car si les nouveaux-zélandais vont désormais pouvoir découvrir les joies du Gruyère sans entraves, nous allons pouvoir importer plus facilement la viande d’agneau – un marché important, de plus de 35 Mio francs par année.

Quelques semaines plus tôt, c’est avec la Norvège qu’un tel accord a été signé.
 

Les Zèbres sont à l'OVF!

Les Zèbres de Jean-Marc Richard et de la Radio Suisse Romande font escale cette semaine chez nous, à l'Office vétérinaire fédéral. Des classes de 8e, 7e, 2e et 5e de l'école cantonale de langue française de Berne discutent avec Jean-Marc Richard des dossiers de l'OVF et de l'animal en général. Et l'animal reste un sujet universel qui touche tout le monde. La preuve? Ce petit mot de Sam, un des jeunes de 8e qui participaient ce matin à l'émission, lorsqu'on lui demande à quoi le mot "animal" lui fait penser: "A vivre ensemble."

A entendre tous les jours du 26 au 29 janvier 2010 en direct de 12h05 à 12h30 sur les ondes de la Radio Suisse Romande ou à réécouter sur le site de la RSR.

L’animal, star des médias ?

Une équipe de chercheurs du département de sociologie de l’Université de Genève se concentre actuellement sur les relations particulières entre l’homme et l’animal. Sous la direction des professeures Annik Dubied et Claudine Burton-Jeangros, le projet de recherche se penche notamment sur l’animal dans les médias suisses. L’équipe de chercheurs a épluché la presse et les téléjournaux de 1978 à nos jours et a regardé comment l’animal était représenté dans les médias. Perçoit-on une évolution dans les représentations animales au fil du temps ? Comment parle-t-on de l’animal d’un côté à l’autre de la Sarine ? Les premiers résultats montrent déjà quelques tendances.

Premier constat: on parle de plus en plus des animaux dans la presse. Deuxième constat : les représentations animales sont aujourd’hui très ambivalentes. D’un côté, l’animal est perçu comme une menace – les crises de la vache folle ou de la grippe aviaire en sont des exemples frappants. D’un autre côté, l’animal est souvent représenté comme une figure de spectacle: le trop mignon petit ours Knut du zoo de Berlin est présenté avec des caractéristiques quasiment humaines repoussant la frontière entre l’homme et l’animal. Notre société semble ne pas craindre la contradiction.

Annik Dubied et Emmanuel Gouabault, chercheur, ont présenté les premiers résultats de l’étude à la Radio suisse romande dans l’émission Médialogues. Un entretien à mettre entre toutes les oreilles :
http://www.rsr.ch/la-1ere/medialogues/selectedDate/20/8/2008#mercredi

Plus sur le projet de recherche sur le blog:
http://animauxmedias.blogspot.com