250 années de médecine vétérinaire: l’homme et la santé animale sont indissociables
Il y a 250 ans, le premier établissement de formation en médecine vétérinaire était fondé à Lyon (F). Pour célébrer cet anniversaire, l’OIE, Organisation Mondiale de la Santé Animale (anciennement «Of-fice international des Epizooties»), a décidé de déclarer 2011 année de la médecine vétérinaire. Dans le monde entier, de nombreuses manifestations sont donc organisées à cette occasion pour souligner l’importance de la médecine vétérinaire pour l’homme et pour l’animal. En Suisse, l’Office vétérinaire fédéral (OVF), la Société des vétérinaires suisses et la faculté Vetsuisse, qui regroupe les deux facultés de Berne et de Zurich, ont organisé une réception estivale.
Dans son allocution de bienvenue, le conseiller fédéral Schneider-Ammann, lui-même fils de vétérinaire, a évoqué à plusieurs reprises les profonds liens personnels qui l’attachent à la médecine vétérinaire. Il a souligné l’importance que revêt toujours ce domaine à l’heure actuelle. Aujourd’hui encore, l’apparition d’une épizootie aurait des conséquences dévastatrices, non seulement pour l’agriculture, mais aussi pour l’économie entière du pays. Le Conseiller fédéral a également rappelé que la médecine vétérinaire suisse est un modèle de réussite, qui a permis d’éradiquer de façon ciblée nombre d’épizooties, grâce aux connaissances mobilisées et à l’engagement déployé. Afin de maintenir l’excellent statut de la Suisse en matière d’épizooties, l’Office vétérinaire fédéral a récemment élaboré la stratégie Santé animale en Suisse 2010+, qui mise fortement sur la prévention, mais aussi sur l’implication des détenteurs d’animaux dans la préservation de la santé de leurs cheptels. En effet, dans le domaine de la lutte contre les épizooties, l’intégration de toutes les parties prenantes est déterminante à tous les niveaux, de la prévoyance à la lutte en passant par le diagnostic. En Suisse, le partenariat est fondamental dans le domaine vétérinaire, que ce soit entre la Confédération et les cantons, ou entre le service vétérinaire et la faculté Vetsuisse. Seule une parfaite coordination des forces et des capacités disponibles peut permettre de lutter efficacement contre les épizooties ou, mieux encore, de les prévenir.
Le Dr Monique Eloit, directrice générale suppléante de l’Organisation mondiale de la santé animale à Paris (OIE), s’est exprimée sur l’importance sociale du métier de vétérinaire et a montré à quel point, à notre époque, la science vétérinaire et le bien-être de nos sociétés sont liés. Ainsi, il faut savoir que plus d’un milliard de paysans pauvres survivent uniquement grâce à l’élevage d’animaux. Plus généralement, la santé humaine est tributaire de la santé animale, puisque de nombreuses pathologies, dites zoonoses, se transmettent de l’animal à l’homme et inversement. La sécurité alimentaire entretient elle aussi un rapport étroit avec la santé animale. Sans parler de l’influence cruciale des animaux sur le bien-être psychologique de l’homme: les animaux sont nos compagnons au quotidien, ils peu-vent nous protéger, nous sauver (chiens policiers, chiens de montagne, chiens de sauvetage, etc.), nous guider (chiens guides d’aveugles) ou tout simplement partager avec nous des moments de loisirs. Madame Eloit a souligné qu’aujourd’hui, le domaine vétérinaire n’est plus indépendant de la santé et vice versa. C’est la raison pour laquelle l’OIE applique le «One Health Concept», qui comprend les contrôles tout au long de la filière alimentaire, la fourniture de soins médicaux de base à la population, la lutte contre les zoonoses, etc.
Le doyen de l’Université Vetsuisse, le Prof. Dr Felix Althaus, a montré au fil de sa réflexion sur la médecine vétérinaire en Suisse que l’université Vetsuisse de Berne-Zurich évolue également en tenant compte de toutes ces corrélations. La formation des futur(e)s vétérinaires s’adapte en effet à l’évolution des conditions-cadres qui régissent l’agriculture. Elle tient compte de la mondialisation des échanges commerciaux et partant, des risques de contamination par des agents pathogènes. La création d’Agrovet et d’un nouvel institut en santé publique vétérinaire (Veterinary Public Health Institute, VPHI) permettra de promouvoir la collaboration entre l’économie agricole et le secteur de la santé et d’exploiter les synergies. L’«AGROVET-STRICKHOF – Translational Research Center» a pour objectif de mettre en place un centre de compétences pour la recherche et l’enseignement dans le domaine de la «production d’aliments sains avec des animaux sains et de la surveillance de toute la chaîne alimentaire» en collaboration avec l’université Vetsuisse, le département des sciences agronomiques et alimentaires de l’EPF de Zurich, la Haute Ecole pour les sciences appliquées de Zurich et l’Office de l’agriculture et de la nature du canton de Zurich. Quant aux activités du Veterinary Public Health Institute, elles comprennent la surveillance et la prévention des zoonoses et la lutte contre celles-ci, l’hygiène des denrées alimentaires ainsi que les différents aspects de la protection des animaux et les améliorations qu’elle induit.
Ici aussi, l’objectif est d’unir les forces des différents acteurs concernés pour protéger les animaux et renforcer le secteur agricole suisse en l’orientant vers l’avenir, mais aussi pour garantir la santé ani-male et partant, des aliments sûrs et sains d’origine animale, pour le bien-être de la population.
Source photo: LID





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