Comme présumé vendredi, les discussions autour des éléphants s’avèrent être vives et controversées. Mais avant que les débats ne deviennent très politiques, deux rapports scientifiques ont été présentés sur le taux de braconnage et le commerce illégal.
Le premier rapport, issu du programme MIKE, a présenté les résultats d’une surveillance de longue haleine en Asie et en Afrique sur le taux de braconnage constaté. Ce rapport a notamment mis en évidence que les ventes exceptionnelles d’ivoire ne semblent pas avoir d’effets négatifs sur le braconnage. En effet, après la vente de 1999, le taux de braconnage a même diminué pour se stabiliser dans les années 2006-2007. Ensuite, une reprise du braconnage a été constaté jusqu’à la vente exceptionnelle de 2008. Suite à cette vente, le braconnage a à nouveau diminué en 2009. D’autres facteurs jouent un rôle prépondérant sur le taux de braconnage : la couverture végétale d’un côté, la présence de forêt facilitant le braconnage, et la gouvernance de l’autre : un état appauvri qui ne met pas en place efficacement les mesures de protection devra compter avec plus de braconnage.

Le deuxième rapport présenté ce matin est le programme ETIS qui compile toutes les données des confiscations CITES selon le nombre, le pays d’origine et le pays de destination. Ce rapport fait le triste constat que le commerce illégal est en augmentation depuis 10 ans, avec même une nette augmentation en 2009. Ce commerce a souvent son origine dans les pays d’Afrique centrale et de l’ouest au profit des pays de l’Asie du sud-est, en passant surtout par la Thaïlande. Le manque de volonté d’implémenter les mesures de protection dans un pays ainsi que l’existence d’un commerce intérieur sont des facteurs favorisant le commerce illégal.

Après la présentation de ces bases scientifiques, les débats ont été vifs, mais les arguments scientifiques ont laissé la place aux arguments plus politiques. Finalement, la Tanzanie a scindé sa proposition en deux : d’un côté, la demande de déclasser sa population en annexe II, et de l’autre, la vente exceptionnelle des stocks. Les deux propositions ont été finalement refusées. La Suisse a soutenu le déclassement de la population en annexe II, étant donné que les populations d’éléphants se portent bien en Tanzanie. Par contre, la Suisse s’est abstenue sur la vente des stocks – les discussions n’ayant pas pu lever les doutes que nous avions sur cette vente (voir notre blog de vendredi) et les rapports scientifiques montrent combien il est important de bien accompagner ces ventes exceptionnelles.