L’Allemagne lance un programme d’éradication de la BVD au niveau national
Dès le 1er janvier 2011, les veaux allemands sont marqués au moyen de marques auriculaires spéciales permettant non seulement le marquage individuel de l’animal, mais aussi la prise d’échantillons d’un petit morceau d’oreille. Cela vous rappelle quelque chose ? Eh oui ! L’Allemagne, comme la Suisse en 2008, entame dès cette année un programme d’éradication de la BVD au niveau national.
Si l’objectif poursuivi est le même, à savoir l’élimination des animaux infectés permanents ou animaux IP, la méthode diffère un peu. Ainsi, il n’y aura pas de phase préliminaire avec un test systématique de tout le cheptel bovin comme cela a été le cas en Suisse. Le programme allemand se concentre d’abord sur les veaux. Les veaux devront être testés dans les 6 mois qui suivent leur naissance. Si un veau est négatif, sa mère est également considérée comme négative. Si un veau est positif, il est éliminé. La mère du veau positif doit aussi être testée. Comme en Suisse, la prise d’échantillons peut se faire lors de la pose des marques auriculaires par le paysan qui envoie les échantillons au laboratoire. Elle peut aussi se faire par prélèvement sanguin.
Si le cheptel bovin allemand n’est pas testé d’une manière systématique et coordonnée, cela ne signifie pas que les animaux peuvent circuler librement. Des restrictions sur les mouvements d’animaux existent : dès le 1er janvier, seuls les animaux considérés comme négatifs peuvent être déplacés, que ce soit d’une exploitation à l’autre ou vers des foires et des expositions par exemple. Les bovins suisses remplissent ces conditions pour se rendre en Allemagne. Les mouvements d’animaux vers les abattoirs ou les exploitations d’engraissement sont par contre permis. Ces restrictions inciteront certainement les éleveurs à faire tester un maximum d’animaux.
Autre différence avec le programme suisse, l’Allemagne ne place pas les animaux portants sous séquestre en cas de détection d’un animal IP sur une exploitation. Cette mesure avait été choisie en Suisse pour garantir le contrôle sur les animaux afin de s’assurer que les veaux en gestation n’aient pas été infectés par l’animal IP.
La méthode choisie par l’Allemagne est moins intensive qu’en Suisse. Il faudra certainement plus de temps à l’Allemagne pour arriver à éradiquer la maladie. Mais cela reste une bonne nouvelle pour la Suisse. Cela montre que de plus en plus de pays européens essaient d’endiguer la BVD, à l’instar des pays scandinaves précurseurs en la matière.
Et en Suisse ? Le programme se porte bien. 0.1% des veaux nouveau-nés sont encore des animaux IP – contre 1.5% au début du programme. Il ne faut donc pas baisser la garde : respectez bien les séquestres, faites tester vos veaux et attendez les résultats avant de les déplacer.

