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L’UE veut une alternative à la castration des porcelets

Dès l’année prochaine, dans l’Union européenne, les porcelets européens ne devraient  plus être castrés sans anesthésie et en 2018 au plus tard la castration chirurgicale ne devrait plus être pratiquée. Ces mesures sont proposées par un groupe de travail composé de représentants de l’agriculture, de la filière carnée, du commerce, de la recherche et d’organisations sur la protection des animaux. Mandaté par la Commission européenne et la présidence belge, le groupe de travail a émis une Déclaration européenne sur les alternatives à la castration chirurgicale des porcs – une recommandation sans caractère obligatoire.

Les porcelets sont castrés pour deux raisons: pour enrayer les comportements agressifs ou sexuels indésirables et éviter le développement de l’odeur de verrat dans la viande. L’intervention est douloureuse pour les animaux, c’est pourquoi la recherche de solutions alternatives est importante pour le bien-être animal. Le groupe de travail a ainsi défini des mesures qui visent à terme l’abandon de la castration chirurgicale. Les alternatives existantes, comme la vaccination contre l’odeur de verrat ou l’engraissement des porcs mâles entiers, doivent être favorisées de manière ciblée.

Première étape proposée, dès 2012, la castration ne devrait se faire que sous anesthésie. Dans un deuxième temps, la castration chirurgicale devrait être abandonnée dès 2018. Pour cela, il faut notamment des méthodes reconnues de reconnaissance de l’odeur de verrat, des systèmes de production de porcs mâles entiers améliorés pour éviter la formation de l’odeur de verrat et une campagne d’information ciblée pour les paysans et les consommateurs.

Certains pays de l’UE ne pratiquent la castration que sous anesthésie aujourd’hui déjà, d’autres ont choisi la vaccination ou l’engraissement de porcs mâles entiers. La Commission souhaite une réglementation uniforme dans toute l’UE. La déclaration du groupe de travail est un premier pas dans ce sens.

En Suisse, la castration des porcelets doit se faire sous anesthésie depuis le 1er janvier 2010. L’intervention concerne près de 1.3 millions de porcelets chaque année. La plupart des producteurs porcins utilisent un gaz narcotique et un anti-douleur. Les méthodes les plus favorables au bien-être animal, comme la vaccination ou l’engraissement de porcs mâles entiers, ne sont employés que dans une production de niche. Mais à long terme, l’abandon de la castration chirurgicale devrait être un objectif en Suisse aussi – pour le bien-être animal.

Vous trouverez ici la liste des organisations qui ont signé la déclaration.

L’Allemagne lance un programme d’éradication de la BVD au niveau national

Dès le 1er janvier 2011, les veaux allemands sont marqués au moyen de marques auriculaires spéciales permettant non seulement le marquage individuel de l’animal, mais aussi la prise d’échantillons d’un petit morceau d’oreille. Cela vous rappelle quelque chose ? Eh oui ! L’Allemagne, comme la Suisse en 2008, entame dès cette année un programme d’éradication de la BVD au niveau national.

Si l’objectif poursuivi est le même, à savoir l’élimination des animaux infectés permanents ou animaux IP, la méthode diffère un peu. Ainsi, il n’y aura pas de phase préliminaire avec un test systématique de tout le cheptel bovin comme cela a été le cas en Suisse. Le programme allemand se concentre d’abord sur les veaux. Les veaux devront être testés dans les 6 mois qui suivent leur naissance. Si un veau est négatif, sa mère est également considérée comme négative. Si un veau est positif, il est éliminé. La mère du veau positif doit aussi être testée. Comme en Suisse, la prise d’échantillons peut se faire lors de la pose des marques auriculaires par le paysan qui envoie les échantillons au laboratoire. Elle peut aussi se faire par prélèvement sanguin.

Si le cheptel bovin allemand n’est pas testé d’une manière systématique et coordonnée, cela ne signifie pas que les animaux peuvent circuler librement. Des restrictions sur les mouvements d’animaux existent : dès le 1er janvier, seuls les animaux considérés comme négatifs peuvent être déplacés, que ce soit d’une exploitation à l’autre ou vers des foires et des expositions par exemple. Les bovins suisses remplissent ces conditions pour se rendre en Allemagne. Les mouvements d’animaux vers les abattoirs ou les exploitations d’engraissement sont par contre permis. Ces restrictions inciteront certainement les éleveurs à faire tester un maximum d’animaux.

Autre différence avec le programme suisse, l’Allemagne ne place pas les animaux portants sous séquestre en cas de détection d’un animal IP sur une exploitation. Cette mesure avait été choisie en Suisse pour garantir le contrôle sur les animaux afin de s’assurer que les veaux en gestation n’aient pas été infectés par l’animal IP.

La méthode choisie par l’Allemagne est moins intensive qu’en Suisse. Il faudra certainement plus de temps à l’Allemagne pour arriver à éradiquer la maladie. Mais cela reste une bonne nouvelle pour la Suisse. Cela montre que de plus en plus de pays européens essaient d’endiguer la BVD, à l’instar des pays scandinaves précurseurs en la matière.

Et en Suisse ? Le programme se porte bien. 0.1% des veaux nouveau-nés sont encore des animaux IP – contre 1.5% au début du programme. Il ne faut donc pas baisser la garde : respectez bien les séquestres, faites tester vos veaux et attendez les résultats avant de les déplacer.