L’Allemagne a annoncé la semaine passée un foyer de grippe aviaire bassement pathogène dans une exploitation de volaille – une nouvelle qui a passé totalement inaperçue, la grippe aviaire ayant disparu depuis longtemps de la ligne de mire des médias. Raison de plus pour s’y attarder un peu et pour se rappeler que la grippe aviaire a toujours sa place dans la liste des maladies à surveiller de près.

En Allemagne, le virus annoncé est un virus H5N2, peu virulent, donc dit bassement pathogène. La volaille concernée ne présente pas de symptômes, les cas ont été découverts lors d’un programme de surveillance active volontaire et selon les autorités allemandes, les animaux qui ont accès à un parcours extérieur se seraient infectés au contact d’oiseaux sauvages porteurs du virus. Comme il s’agit d’un virus de type H5, des mesures drastiques ont été prises : le troupeau entier a dû être éliminé. Ce sont ainsi près de 17'000 volatiles, poules pondeuses, canards, oies, dindes et pintades, qui ont été euthanasiés.

Les virus aviaires bassement pathogènes passent souvent inaperçus sur une exploitation : pas de mortalité, pas de baisse de production, aucune raison en fait de prendre des mesures quelconques. Sauf que les types H5 et H7 ont la fâcheuse tendance de muter et de se transformer en virus hautement pathogènes, avec des conséquences désastreuses sur une exploitation : taux de mortalité proche de 80% et chute vertigineuse de la production. L’entrée d’un virus H5 ou H7 même bassement pathogène dans une exploitation représente donc un danger réel. Avec une forte densité d’animaux, le virus va pouvoir se reproduire à vitesse grand V avec à chaque reproduction le danger d’une mutation vers un virus hautement pathogène. C’est pourquoi, des mesures radicales seraient prises en Suisse aussi, comme en Allemagne, avec l’élimination de tout le troupeau. C’est finalement une chance d’avoir pu détecté le virus à ce stade initial.

Ce cas en Allemagne nous rappelle la présence de la grippe aviaire – une présence d’ailleurs qui n’a pas faibli en Asie du sud-est où le virus H5N1, le fameux virus aviaire hautement pathogène celui-là, continue de sévir avec un impact toujours aussi important sur les exploitations avicoles. Le rapport de septembre de la FAO n’est pas optimiste : la situation n’a pas vraiment évolué de manière favorable et la grippe aviaire s’est largement installée dans certaines régions.

Tout cela nous rappelle que la grippe aviaire fait partie de ces maladies qu’on doit garder à l’œil et qui pourrait aussi toucher la Suisse. Reste donc à rappeler une fois de plus l’importance primordiale des mesures de biosécurité : une hygiène stricte est le B.A.-BA d’une aviculture responsable.