Clonage d’animaux de rente – l’UE propose un moratoire
La Commission européenne propose une suspension temporaire du clonage d’animaux utilisés dans la chaîne alimentaire. Un rapport dans ce sens a été présenté dernièrement à Strasbourg par le Commissaire à la santé et à la politique des consommateurs, John Dalli. Le moratoire devrait durer un à cinq ans. En Suisse, le clonage d’animaux nécessite une autorisation.
Le bien-être animal a joué un rôle important dans les réflexions de la Commission. Le clonage implique souvent des problèmes graves de santé chez les animaux clonés : faiblesses immunitaires, malformations de muscles ou d’os, mortalité élevée – le risque de complications est beaucoup plus élevé chez les animaux clonés que chez les animaux issus d’une reproduction classique. „Je crois que la suspension temporaire constitue une voie réaliste et réalisable pour répondre aux actuelles inquiétudes pour le bien-être des animaux" , a déclaré John Dalli. Les problèmes de santé pour les animaux clonés et leur mère porteuse ont aussi été relevés par l’étude conduite par l’OVF sur ce sujet.
La sécurité alimentaire n’a pas joué de rôle dans la décision de la Commission. Plusieurs études ont montré que les aliments issus d’animaux clonés ne posent pas de problèmes de sécurité du consommateur – notamment une étude conduite par l’Autorité européenne de sécurité des aliments, l’EFSA, et une autre par la Food and Drug Administration.
La suspension ne concernerait pas le commerce de viande de descendants d’animaux clonés. Ces denrées alimentaires peuvent continuer à entrer dans la chaîne alimentaire. Cependant, la traçabilité des semences et embryons importés devrait être garantie. Cela permettrait de répertorier les animaux concernés dans une banque de données. Si le clonage d’animaux destinés à la chaîne alimentaire serait interdit, le clonage à titre expérimental serait toujours permis.
Avec cette proposition, la Commission espère faire avancer les débats sur les nouveaux aliments (Novel Foods Regulation) alors qu’une ordonnance sur ce sujet est en élaboration. Par nouveaux aliments, on entend les aliments qui n’étaient pas encore consommés dans l’UE en 1997. Pour ces aliments, il faut une autorisation de l’EFSA avant de pouvoir les introduire dans la chaîne alimentaire. L’élaboration de l’ordonnance s’avère difficile, le parlement européen et le conseil des ministres n’ont pas réussi à se mettre d’accord. Si une majorité du Parlement s’est prononcée en faveur de dispositions restrictives, les représentants des gouvernements préfèreraient voir l’EFSA seule responsable pour décider si les consommateurs européens peuvent manger du steak de bœuf cloné. L’ordonnance devrait être consolidée d’ici la fin novembre.
En Suisse, le clonage est considéré comme une expérimentation animale et est soumis à autorisation. L’octroi de l’autorisation est toujours dépendant d’une pesée des intérêts entre le bénéfice potentiel et les souffrances infligées à l’animal. Ainsi en Suisse, le clonage est déjà sous le contrôle des autorités. Par contre, l’importation de semences issues d’animaux clonés est autorisée. Il y a quelques années, la semence d’un descendant d’une vache clonée a été importée; des descendants d’animaux clonés sont donc bien présents dans nos étables – on les estime à quelques centaines de bovins.
Le rapport de la commission en détail (en anglais).

