Office vétérinaire fédéral OVF

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Archives en ligne – 15‘000 années d’histoire de la médecine vétérinaire en quelques clics

Un retour en arrière nous éclaire toujours sur le présent et l’avenir. La Société pour l’histoire de la médecine vétérinaire a mis en ligne une partie de ses nombreuses archives. Avant de fêter les 250 ans de la profession vétérinaire dans le monde l’année prochaine, un coup d’oeil à ces archives vaut la peine – près de 15‘000 ans d’histoire de la médecine vétérinaire est présentée ici.

Prenez l’année 1850 : la morve, la rage, la variole ovine et la peste bovine faisaient partie des épizooties les plus craintes. Déjà à l’époque, certaines épizooties étaient soumises à l’annonce obligatoire et en 1872, la Suisse s’est dotée pour la première fois d’une loi sur les épizooties au niveau fédéral. Ainsi en 1872 déjà, la Suisse avait reconnu l’importance d’une lutte coordonnée et nationale contre les épidémies  animales. Depuis 1872 en effet, la lutte contre les épizooties incombe à la Confédération, alors qu’avant elle incombait aux cantons. 

Le site internet donne aussi un aperçu de l’histoire de la protection des animaux en Suisse – du 19e siècle jusqu’à la première loi sur la protection des animaux de 1978. On y apprend ainsi que les principes éthiques liés à notre conception de la protection des animaux nous ont été donnés par Albert Schweitzer, théologien protestant, médecin, philosophe et musicien organiste. Il a préconisé la maxime , il faut avoir à l’égard de tout être animé de la volonté de vivre le même respect que l’on a pour sa propre vie. Ce principe de base est encore valable aujourd’hui. Il y a 100 ans, on parlait de respect de l’animal comme part de la création. Aujourd’hui, on parle de dignité de la créature. Ce principe est ancré dans la Constitution fédérale et la législation sur la protection des animaux le prend en compte. Les deux notions ont le même objectifs: le droit des animaux à une protection.

De nombreux textes sur l’histoire de la médecine vétérinaire sont à découvrir sur ce site, ainsi qu’une bibliographie très fournie et des projets de recherches sur ce sujet. De bonne feuilles pour surfer intelligent…

West Nile : une maladie à tenir à l’œil

On reparle de la fièvre du Nil occidental ces derniers temps. La Russie, mais aussi certains pays de l’Union européenne comme la Grèce, la Roumanie et l’Italie ont signalé cet été des cas de transmission à l’humain et à l’animal.

Ce n’est pas nouveau : la fièvre du Nil occidental ou West Nile est signalée en Europe depuis plusieurs années. En 1996, la Roumanie avait dû faire face à une première flambée épidémique importante, avec plusieurs cas humains mortels. Ensuite, de nombreux pays européens ont signalé des cas comme la France, l’Italie, l’Espagne ou le Portugal. La maladie s’est pour l’instant surtout déclarée dans le sud de l’Europe. Mais les insectes vecteurs sont partout, en Suisse aussi, et il n’y a donc pas vraiment de raison pour que la Suisse reste indemne de cette maladie.

Au vu de cette évolution, l’Office vétérinaire fédéral propose donc de faire entrer la fièvre du Nil occidental dans l’Ordonnance sur les épizooties comme maladie à surveiller – une consultation dans ce sens est ouverte. Pour l’OVF, cela signifie préparer le terrain au cas où en établissant un laboratoire de référence pour assurer le diagnostic et en analysant les différentes mesures de lutte possibles, que ce soit par exemple en terme de vaccins ou de lutte contre les vecteurs. C’est aussi un signal aux paysans et aux vétérinaires afin qu’ils augmentent leur vigilance sur cette maladie – l’annonce des symptômes suspects étant obligatoires. L’objectif est de repérer rapidement la présence de la maladie en Suisse pour pouvoir prendre les mesures qui s’imposent.

La fièvre du Nil occidental n’est pas à sous-estimer, car elle concerne aussi les humains. Si ce sont les oiseaux sauvages les réservoirs principaux du virus, ce sont les insectes piqueurs qui en sont les vecteurs. En piquant des oiseaux porteurs du virus, les moustiques piquent ensuite les humains ou les animaux qui développent la maladie.

Pour l’humain, dans 80% des cas, la maladie passe inaperçue. Dans les 20% restants, les symptômes sont souvent bénins, se résumant à une petite fièvre. Mais dans de rares cas, chez des personnes souvent déjà affaiblies, le virus peut attaquer le système nerveux, provoquant des méningites ou des encéphalites pouvant être mortelles. Ainsi la Grèce a annoncé 15 décès chez l’homme cet été. Chez l’animal, la maladie peut toucher de nombreux mammifères, dont les chevaux. Chez ces derniers, la maladie peut provoquer une encéphalite, avec à la clé apathie, mouvements non coordonnés et tremblements musculaires.

Plus d’infos sur la maladie et les symptômes

Aliments liquides pour porcs: retour sur une longue histoire

L’interdiction des aliments liquides pour porcs est une longue histoire... Pas étonnant qu’on me demande souvent si cette interdiction est déjà en vigueur ou non. Or si l’histoire est si longue, c’est pour une bonne raison: la Suisse a pu négocier avec l’Union européenne une longue période de transition qui arrivera à sa fin à la mi-2011. Ensuite, l’affouragement des aliments liquides aux porcs sera effectivement interdite. Permettez-moi de faire un petit retour sur ces aliments qui ont beaucoup fait parler d’eux.

L’affouragement des porcs avec des restes de cuisine ou de repas a régulièrement été à l’origine de foyers épizootiques – en Suisse aussi. Ainsi en 1993, 4 foyers de peste porcine dans les cantons de Berne et Fribourg ont eu pour origine des aliments liquides pour porcs. De tels foyers auraient aujourd’hui un impact très lourd sur l’agriculture et sur l’économie du pays en général.

On se souvient tous des foyers de fièvre aphteuse qui ont ravagé la Grande-Bretagne en 2001. Les images de montagnes de bovins qu’on brûlait ont marqué les esprits. L’impact économique sur l’agriculture, le tourisme et d’autres domaines s’est chiffré en milliards. Et ici aussi, l’origine des foyers était l’affouragement aux porcs des déchets de cuisine. Après ces foyers de fièvre aphteuse, l’Union européenne a décidé en 2002 d’interdire l’affouragement des porcs avec des aliments liquides. L’Allemagne et l’Autriche ont pu négocier une période de transition jusqu’en 2006.

A l’époque, la Suisse s’est décidée pour une autre solution. Nous avons renforcé les directives sécuritaires pour la production des aliments liquides pour porcs afin de réduire à un minimum le risque épizootique lié à cette production – avec succès pour l’instant, puisque nous n’avons dû subir aucun foyer épizootique ces dernières années. Mais le renforcement des directives a aussi fait diminuer le volume produit de ces aliments liquides qui ne représentaient plus qu’une infime partie des aliments donnés aux porcs. Ainsi, il y a 10 ans, seules 5% des exploitations porcines utilisaient les aliments liquides; aujourd’hui où on dénombre plus d’installations de biogaz, ce nombre est encore plus modeste.
Pour faciliter le commerce des produits agricoles et l’accès au marché européen de plus de 500 millions de personnes, la Suisse a conclu avec l’UE des accords bilatéraux dans le domaine vétérinaire. Ainsi, Suisse et Union européenne s’appuient sur les mêmes règles sanitaires pour combattre les épizooties. C’est pourquoi, l’UE a demandé à la Suisse d’interdire les aliments liquides pour porcs. Sans cela, l’ouverture du marché européen serait compromis. En concertation avec les producteurs porcins, nous avons ainsi décidé qu’il valait mieux interdire les aliments liquides pour porcs.

Mais nous avons pu obtenir un délai transitoire long – jusqu’à juillet 2011. Ainsi à la fin 2008, des accords ont été signé avec l’UE – comme communiqué alors. La branche a pu ainsi utilisé ce temps précieux à disposition pour se réorganiser – notamment en créant des installations de biogaz.

L’ouverture de la consultation de l’ordonnance sur l’élimination des sous-produits animaux constitue donc le dernier chapitre de cette longue histoire. L’interdiction est ainsi reprise dans le droit fédéral. Et c’est finalement une bonne solution: les restes de cuisine et de repas peuvent être utilisés pour la production de biogaz et le risque d’épizootie lié à ce genre de déchets est réduit au minimum. Avec pour résultat, l’accès facilité au marché européen.

Les farines animales toujours interdites dans l’alimentation des animaux de rente

Il a fallu plus de 15 ans de lutte et 463 cas de vache folle chez les bovins pour arriver à éradiquer cette maladie extraordinaire à plus d’un titre. Tout un paquet de mesures a été nécessaire – dont l’interdiction stricte des farines animales dans l’alimentation des animaux de rente.

Or si ces mesures ont été décisives pour l’éradication de la vache folle, elles sont aussi à l’origine de situations paradoxales, comme par exemple le besoin de trouver malgré tout des protéines pour les porcs, protéines qui sont souvent importées à grand frais aux dépends de toute logique écologique. Ou le fait que plus de 30% d’un porc ou 40% d’une vache partent en fumée sans être consommé.

Même si la situation sur le front de la vache folle s’améliore, il faudra encore quelques temps pour que la Suisse soit reconnue par l’Organisation sur la santé animale (OIE) comme ayant un risque d’ESB négligeable. Toutefois il est légitime de s’interroger dès à présent sur l’après vache folle – avec à la clé une éventuelle réutilisation des farines animales dans l’alimentation des porcs et des volailles sous des conditions sécuritaires très strictes. Les deux espèces, omnivores, ne peuvent pas être atteintes de vache folle.

Ce sujet n’est pas nouveau : on en discute depuis des années dans l’Union européenne et en Suisse – nous en avions parlé en avril 2008 déjà. A l’époque, nous évoquions les conditions nécessaires à une réintroduction de protéines animales chez les porcs et la volaille – comme une filière de production strictement séparée de la filière des ruminants ou des méthodes de contrôle performants.

Le constat fait en 2008 est le même aujourd’hui : les conditions qui nous semblent nécessaires pour une utilisation des protéines animales dans l’affouragement des porcs et de la volaille ne sont toujours pas réunies aujourd’hui. C’est pourquoi, dans la nouvelle mouture de l’ordonnance sur l’élimination des sous-produits animaux, l’interdiction d’utiliser les farines animales est maintenue.

Mais l‘utilisation des farines animales dans l’alimentation de la volaille et des porcs est un objectif à moyen terme, parce qu’écologique. Les discussions vont bon train au sein de l’Union européenne également qui a réinscrit un assouplissement de l’interdiction des farines animales comme objectif d’avenir dans sa feuille de route sur les EST, les encéphalopathies spongiformes transmissibles auxquelles appartient la vache folle. Les discussions européennes sont aussi importantes pour la Suisse – la réintroduction de farines animales ne pourrait se faire qu’en concertation avec l’UE. C’est un dossier à suivre, assurément et je m’attends à d’intenses discussions dans les années qui viennent.

ILT: nouvelles mesures de lutte pour plus de sécurité

L’OVF met aujourd’hui en consultation une modification de l’Ordonnance sur les épizooties concernant la laryngotrachéite infectieuse aviaire ou ILT avec pour objectif de renforcer la lutte contre cette maladie en proposant une prise en charge adaptée à la volaille de race. Explications.

Chaque année, depuis plusieurs années maintenant, on dénombre quelques cas d’ILT  en Suisse. Si cette maladie virale a disparu des poulaillers professionnels, les foyers sont dénombrés chez la volaille de race. Et ce ne pourrait être que la pointe de l’iceberg, puisque les spécialistes estiment que la véritable prévalence de l’ILT chez la volaille de race est plus élevée qu’annoncée. Cette situation est problématique, car l’ILT est une maladie qui engendre des pertes économiques sévères pour l’aviculture. C’est pourquoi d’ailleurs, toute suspicion d’ILT doit être annoncée au vétérinaire cantonal. Et en cas de confirmation, les mesures sont drastiques : élimination de tout le troupeau, désinfection du poulailler et attente d’au moins 30 jours avant de pouvoir repeupler le poulailler.

Pour l’aviculteur amateur, ces mesures drastiques signifient la perte totale de son cheptel – ce qui ne le motive pas vraiment à annoncer les symptômes suspects. Résultat : l’ILT continue de se propager dans la population des volailles de race, à la faveur d’expositions ou de ventes.

Devant ce problème récurent, l’OVF a convoqué la branche avicole et tous ont reconnu l’acuité du problème et la nécessité de trouver des solutions. D’où la proposition d’aujourd’hui : permettre aux éleveurs de volaille de race de conserver leur patrimoine génétique en permettant la ponte et l’élevage des œufs avant l’élimination de tout le troupeau. Concrètement, si l’ILT se déclare dans une exploitation de volaille de race, les animaux positifs sont éliminés, le poulailler est désinfecté, mais les animaux négatifs peuvent être utilisés pour la ponte pendant un mois. Les œufs pondus sont ensuite élevés dans un autre poulailler et les poussins sont testés 8 à 12 semaines après leur naissance. Les animaux restants du troupeau d’origine sont alors éliminés. Les poussins pourront retrouver le poulailler d’origine après 3 mois.

Autorités sanitaires, association des volailles de race, aviculteurs professionnels, pour tous, l’objectif est clair : la prévalence de l’ILT doit diminuer. Le modèle proposé aujourd’hui a déjà été testé avec succès dans plusieurs exploitations, avec une bonne nouvelle à la clé : tous les poussins ainsi nés étaient négatifs à l’ILT. Mais il ne fonctionne qu’à une seule condition : que les éleveurs de volaille jouent le jeu et signalent les suspicions d’ILT au vétérinaire.

Reconnaître les symptômes suspects de l’ILT