Office vétérinaire fédéral OVF

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Charly Agustoni: "Les éducateurs canins sont plus expérimentés"

Responsable du club canin Cyno La Meute à Assens, Charly Agustoni est un passionné et ça se voit. Il ne se contente pas de donner des cours d’éducation canine aux propriétaires de chiens, il s’est aussi engagé pour la formation des éducateurs. Deux ans après l'introduction de la formation obligatoire des propriétaires de chiens, petit retour sur expérience avec un amoureux des chiens.

Charly Agustoni, comment réagissent les gens aux cours obligatoires ?
L’immense majorité des gens réagit de manière positive. Les gens sont motivés, ils sont responsables, ils veulent bien faire. Les cours se passent bien. Il y a toujours une petite minorité qui râle, parce qu’on l’oblige à suivre des cours et les gens qui ont déjà beaucoup d’expérience avec les chiens, comme les éleveurs, qui ne voient pas l’utilité de suivre les cours pratiques.

Si les cours se passent bien, il y a sûrement des points négatifs ?
Je vois des problèmes surtout sur le cours pratique. Tout d’abord, le législateur n’a pas précisé l’âge des chiens lors du cours pratique. Un propriétaire qui suit 4 heures de classe avec son petit chien aurait en théorie rempli les exigences légales. Or un chien développe beaucoup son caractère à l’adolescence, des problèmes peuvent apparaître alors – problème auquel on peut bien répondre lors de cours. Il faudrait exiger que les chiens suivent ces 4 heures de cours au plus tôt vers la fin de l’adolescence pour être mieux ciblés.

L’autre problème est la longueur du cours. L’Office vétérinaire fédéral nous a fixé un catalogue d’objectifs à atteindre. Or 4 heures, c’est trop court pour atteindre sérieusement ces objectifs. J’aurai préféré des cours un peu plus longs.

Alors que peut-on attendre d’un cours pratique de seulement  4 heures ?
Il est clair qu’en 4 heures, nous ne pouvons que sensibiliser et aborder en surface les problèmes éventuels. Pour cela, nous mettons l’accent sur la sociabilité et nous faisons une promenade en ville et une à la campagne. Ces promenades sont l’occasion de bien observer le chien et son propriétaire – elles nous révèlent plein de choses sur le contrôle du chien, son comportement face à l’humain, au bruit, au stress urbain et aux autres animaux. Ces promenades nous permettent alors de discuter des problèmes avec le propriétaire et de le sensibiliser. Nous abordons aussi le rappel du chien et la problématique d’un chien qui tire sur sa laisse. Nous donnons des exercices pratiques – comme de stopper le chien à distance.

Est-ce que les gens sont satisfaits après 4 heures ?
La majorité des propriétaires prolongent le cours, parce qu’ils voient eux-mêmes que 4 heures ne suffit pas. La plupart chez moi opte pour un cours de huit heures. Les propriétaires veulent bien faire et apprécient ce moment passé avec leur chien à apprendre.

Est-ce que tout le monde peut profiter de ces 4 heures ?
Je dirais oui, à l’exception des gens qui ont beaucoup d’expériences, comme par exemple les éleveurs, les propriétaires expérimentés, les conducteurs de chien de travail. Je n’ai pas beaucoup à leur apprendre ! Ce que je fais, c’est que je les invite une heure une fois par mois, pendant 4 mois, et nous suivons ainsi le développement du chien. C’est adapté à leur expérience et cela permet d’échanger nos avis sur d’éventuels problèmes. Quand on donne des cours, il faut savoir s’adapter au besoin de chacun !

Et le cours théorique ?
Je n’ai eu que des expériences très intéressantes lors des cours théoriques. J’ai été surpris de voir combien les gens y venaient motivés et intéressés. Les cours sont très interactifs, les propriétaires posent beaucoup de questions, surtout sur leur responsabilité sur la place publique et sur le choix du type de chien. Souvent, les propriétaires ont des idées bien arrêtées sur une race, mais sous-estiment les besoins de ce type de chien. Avec le cours théorique avant l’acquisition du chien, on peut ainsi les éclairer et les aider sur le bon choix à faire. C’est bien.

On nous dit souvent que les personnes âgées auront du mal à suivre un cours obligatoire… Quelle est votre expérience ?
J’ai concrètement un groupe le jeudi matin composé de personnes qui ont toutes plus de 70 ans, avec certaines qui ont plus de 80 ans… et je peux vous dire que ça se passe très bien ! Il faut parfois adapter un peu le rythme du cours. Mais ces personnes ont une expérience de toute une vie derrière elles qui leur donne le sens des responsabilités. Elles ont du temps et sont motivées.

Dans le cadre du MEC, vous formez les éducateurs canins. Voyez-vous une évolution de la qualité de ces éducateurs depuis l’entrée en vigueur de l’obligation ?
Depuis l’entrée en vigueur de l’obligation, les éducateurs doivent pouvoir présenter l’équivalent de 3 ans de pratique. Si avant on avait parfois des gens sans aucune expérience avec les chiens qui se présentaient à nos cours (et qui souvent échouaient à l’examen…), nous avons maintenant des gens déjà expérimentés. Nous l’avons vu cette année : nous avions un groupe super, très homogène. C’était très intéressant.

Avec la formation obligatoire, un marché s’est ouvert pour les éducateurs canins. Pensez-vous qu’il peut avoir des abus ?
L’immense majorité des éducateurs que nous formons sont, je crois, des gens sérieux. Mais comme partout, il peut avoir des moutons noirs, des gens qui profitent, qui bradent les cours ou qui donnent des attestations de complaisance, comme par exemple après 4 heures de classes de chiot. C’est regrettable, mais cela reste, je pense, une minorité.

Alors pour conclure, bénéfiques, ces cours ?
Sans hésiter oui. Parce qu’on peut aborder les problèmes qui préoccupent les gens avant l’acquisition du chien, comme leur responsabilité et le choix du type du chien, et parce qu’on peut les sensibiliser lors des cours pratiques. Je pense vraiment que nous sommes sur le bon chemin.

Vous trouverez ici tous les éducateurs canins proche de chez vous.

Pour être habilité à donner des cours obligatoires, les éducateurs canins doivent avoir suivi une formation auprès des organisations reconnues suivantes : Certodog, la fédération romande de cynologie, Leamy AG Ausbildungszentrum, NF Ausbildungszentrum, Pro cane familiari, la société cynologique suisse, le club du berger allemand de la société cynologique suisse, l’Union canine suisse, Wakonda GmbH, die Akademie für Naturtierheilkunde, l’Institut für angewandte Ethologie und Tierpsychologie (I.E.T.), le Triple-S Ausbildungszentrum für Mensch und Hund, le SK-9 GmbH, l’administration suisse des douanes, section Formation d’application, chiens de service, Kynologie Schweiz, HUNDE plus Gmbh.

Fièvre aphteuse : levée des mesures au Japon

A la fin juillet, le Japon a pu lever les dernières mesures de restrictions liées aux foyers de fièvre aphteuse. Une bonne nouvelle qui met un terme à une situation critique qui avait commencé en avril dernier (lire nos blogs de mai et de juin).

S’il faudra attendre encore plusieurs semaines avant de savoir si l’épizootie est vraiment terminée, la situation s’est bien améliorée grâce aux mesures drastiques ordonnées par le Japon. En plus de l’élimination des animaux dans les régions touchées, une vaccination obligatoire des bovins et des porcs aux alentours a été effectuée pour enrayer la propagation de la maladie, les mouvements d’animaux ont été strictement réglementés et les mesures d’hygiène sur les exploitations ont été renforcées. Bref, tout a été mis en œuvre pour lutter contre le virus ; malgré tout il a fallu des semaines pour en venir à bout -  et les pertes économiques sont lourdes.

On ne sait pas aujourd’hui comment le virus a pu être introduit au Japon. Mais les analyses du virus montre que le virus japonais est le même que celui qui circule en Chine et en Corée. On peut ainsi supposer que le virus a été introduit au Japon par des importations illégales en provenance de ces pays.

Clonage des animaux – conséquences sur la santé et le bien-être animal

Dans plusieurs pays du monde, dont les USA, des animaux de rente ont déjà été clonés, comme des vaches ou des brebis. Si en Suisse, aucun animal de rente n’a jamais été cloné, des semences d’un descendant d’une vache clonée ont par contre été importées il y a quelques années. Que signifie le clonage pour le consommateur? Et pour les animaux ? On reparle de ces questions ces jours-ci dans la presse. Mandatée par l’OVF, une chercheuse de l’institut en santé publique vétérinaire (VPH) de la faculté vétérinaire Vetsuisse de Berne s’est penchée sur la question.

Tout le monde connaît la brebis Dolly, le premier mammifère cloné, né en Grande-Bretagne en 1996. L’animal cloné possède le même matériel génétique que l’animal d’origine. Le clonage n’a donc rien à voir avec des modifications génétiques. Depuis, si les méthodes de clonage ont connu des avancées technologiques, elles restent des procédés chers et peu efficaces et ne se sont jamais imposées ni pour l’élevage, ni pour la production de lait ou de viande.

L’OVF a invité l’institut en santé publique vétérinaire (VPH) à faire le point sur cette question au niveau vétérinaire (Sonia Menéndez González & Martin Reist: Cloning of farm animals: impact on animal health and welfare and implications in trade (2010), soumis pour publication). La revue bibliographique effectuée s’est concentrée sur les conséquences du clonage sur la santé et le bien-être chez l’animal, sur l’acceptation du clonage par les consommateurs et sur les implications sur les échanges internationaux.

Les dangers pour le consommateur ont été déjà étudiés à fond par l’Agence européenne sur la sécurité alimentaire (EFSA) et sa consœur américaine, la Food and Drug Administration (FDA). Les deux agences sont arrivées aux mêmes conclusions: pour le consommateur, la consommation de denrées alimentaires provenant d’animaux clonés est sans danger. La viande ou le lait d’animaux clonés ne présentent aucune différence avec la viande ou le lait d’animaux non clonés.

Malgré ces évidences scientifiques, les consommateurs restent sceptiques. Dans un sondage effectuée dans l’Union européenne en 2008, 58% des consommateurs ne voulaient pas d’animaux clonés dans la filière alimentaire. Aux USA, la population réagit de même : 64% des gens ne voulaient pas acheter des produits d’animaux clonés.

Le clonage, pas anodin pour l’animal
Le clonage est un terme vague qui peut englober beaucoup de choses. Des jumeaux unicellulaires pourraient par exemple être considérés comme des clones, puisque leur matériel génétique ne diffère pas. En règle général, le clonage est défini d’une manière plus spécifique, soit le produit d’un transfert de noyau de cellule somatique, un „somatic cell nuclear transfer ou SCNT.

En clair : lors d’une reproduction sexuelle normale, le sperme et l’ovule apportent chacun la moitié du matériel génétique, ce qui conduit à un mélange génétique chez le descendant. Or c’est justement ce mélange qu’on veut éviter lors du clonage. Chaque cellule d’un organisme comprend dans son noyau toute son information génétique. Le clonage consiste à prélever un tel noyau et à le réinjecter dans une ovule dans laquelle on aura auparavant ôter son propre noyau. Lorsque les conditions sont favorables, cette nouvelle cellule deviendra un embryon. Cet embryon doit ensuite être implanté dans le corps d’une mère porteuse. L’embryon pourra alors se développer dans le ventre maternel comme un embryon normal jusqu’à sa naissance.

Par contre, l’échange de noyaux, l’élevage de l’embryon, son implantation dans le ventre maternel et la gestation sont des processus délicats qui échouent souvent. L‘implantation des embryons issus du clonage connaît le même succès que les implantations classiques – soit 55 à 70% de réussite chez les bovins. Par contre, lors de l’avancée de la gestation, les pertes des embryons issus du clonage sont énormes. Seules 9% des gestations seront menées à terme. Les veaux sont alors souvent très grands, ce qui exige une césarienne, avec un impact conséquent pour la mère porteuse. De plus, le taux de mortalité des veaux nouveau-nés est élevé dans les premières 24 heures après la naissance.

Les animaux clonés qui ont survécu à la gestation et à la naissance ne semblent pas être plus sensibles aux maladies que les animaux nés de manière classique. Par contre, on ne sait pas avec certitude aujourd’hui si les animaux clonés vivraient moins longtemps et développeraient plus de maladies en vieillissant que les autres.

Les animaux clonés et les mères porteuses sont donc exposés à des risques supplémentaires, surtout lors de la gestation et juste après la naissance – risques qui ont aussi des conséquences sur le bien-être animal.

Descendants d’animaux clonés – aussi en Suisse
La progéniture d’animaux clonés, progéniture née par reproduction sexuelle normale, présente une santé toute à fait comparable à celles des animaux issus de parents non clonés. Les études ont montré que les descendants d’animaux clonés ne présentaient pas plus de naissances difficiles ou de mortalité plus élevée que les animaux sélectionnés de manière classique. Ainsi les risques liés au clonage ne concernent pas les descendants.
On en avait parlé alors, on sait que la Suisse avait importé en 2005 des semences d’un taureau dont la mère était clonée. Il existe donc en Suisse quelques centaines de bovins dont la grand-mère ou l’arrière grand-mère était un animal cloné. La situation doit être comparable dans les autres pays européens.

Et à l’avenir? Quels sont les développements possibles? Aujourd’hui, le clonage des animaux de rente n’est pas intéressant. La méthode est trop chère et trop inefficace. De plus, les sélectionneurs veulent améliorer leurs animaux et non copier de vieilles caractéristiques. Dans ces conditions, le clonage devrait rester marginal dans les années qui viennent.