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Le requin-taupe entre en annexe II

Le requin-taupe a eu plus de chance cet après-midi que l'aiguillat ou que nos requins de ce matin... Après les discussions du matin, nous pensions que les deux propositions de cet après-midi, soit d'inscrire le requin-taupe et l'aiguillat à l'annexe II de la Convention CITES, seraient balayées comme l'ont été les propositions de ce matin. Si l'aiguillat est exploité dans le monde entier, le requin-taupe, lui, est importé à 75% dans l'Union européenne. L'impact d'une inscription à l'annexe II concernerait donc en premier lieu l'Union européenne... Et cela c'est ressenti dans les votes: plus des deux-tiers des pays ont accepté l'inscription à l'annexe II du requin-taupe, alors que l'aiguillat, lui, s'est vu refusé la protection CITES. Et pourtant, les deux populations sont autant sous pression. Les arguments scientifiques ont parfois de la peine à convaincre...

Jour de grand vote demain à la Convention. Toutes les décisions vont être prises de manière définitive - on verra si des surprises de dernière minute seront au rendez-vous.

Pas de protection pour les requins : les nations pêcheuses imposent leur volonté

Il y avait comme un air de déjà-vu ce matin à la Conférence CITES… On parlait requin, et notamment de la proposition des USA et du Palau d’inscrire trois espèces de requins-marteaux à l’annexe II. Et les discussions ont ressemblé furieusement à celles menées sur le thon rouge jeudi passé. Le point commun de ces requins-marteaux avec le thon rouge est certainement le fait que leur valeur marchande est élevée. La pêche de ces espèces met pour l’instant en péril leur survie ; les données scientifiques sont très claires sur ce point. Mais comme pour les discussions sur le thon rouge, l’argument avancé par les pays pêcheurs était que la CITES ne serait pas l’organe adéquat pour protéger ces espèces. Il faudrait au contraire se reposer sur les organisations de gestion de la pêche pour mettre en place une pêche durable.

Or ces organisations ont pour l’instant failli à cette tâche puisque, comme pour le thon rouge, les populations de ces requins sont nettement en déclin. Inscrire ces espèces en annexe II de la CITES aurait apporté une protection supplémentaire à ces populations sous pression et aurait certainement pu contribuer à limiter l’impact de la pêche. Après de longues discussions, la majorité des 2/3 n’a pas pu être atteinte : les requins-marteaux ne seront pas inscrits à l’annexe II. De même, le requin océanique (ou requin longimane) n’a pas trouvé grâce aux yeux de la majorité. Ces deux décisions confirment ce que la décision sur le thon rouge laissait déjà présager : les nations pêcheuses ne sont pas prêtes à laisser la CITES protéger les espèces piscicoles avec une valeur marchande importante. On peut donc supposer que les discussions de cet après-midi se termineront également sur le même résultat : pas de protection supplémentaire pour les espèces de requins proposées.