Elevage de silures à Oberriet ou ferme de poissons à Mollis dans le canton de Glaris : les élevages de poissons font parler d’eux dans les médias alémaniques. La polémique autour de la fermeture de l’élevage de silures d’Oberriet montre aussi l’intérêt pour les questions du bien-être animal chez le poisson. Beaucoup d’affirmations fausses ont été relayées dans la presse ; certains s’appuient sur l’exemple d’Oberriet pour exiger des dispositions plus strictes pour les élevages de poissons. Or le problème d’Oberriet n’est pas le manque de dispositions, mais bien l’attitude du propriétaire qui n’a pas voulu remplir les exigences légales pourtant claires sur l’étourdissement des animaux.

Pour plus de clareté, il est utile de rappeler les dispositions pour les élevages de poissons :

  • Une autorisation de détention d’animaux sauvages est nécessaire pour un élevage de poissons. Le vétérinaire cantonal qui délivre l’autorisation va s’assurer que les dispositions sur la protection des animaux sont respectées. L’autorisation doit être octroyée avant la mise à l’eau des premiers poissons.
  • Un élevage de poissons doit être dirigé par une personne ayant suivi une formation reconnue. Le personnel qui s’occupe de la pêche, du marquage, de l’élevage, de la détention ou de la mise à mort des poissons doit pouvoir bénéficier d’une attestation de compétences. Un délai de transition pour les installations existantes a été prévu jusqu’au 31 août 2013.
  • L’eau doit être de qualité en tout temps.
  • La législation sur la protection des animaux définit le nombre d’animaux maximal par unité de volume. Il existe des chiffres concrets pour les salmonidés ou les cyprinidés. La densité exigée pour les autres espèces est définie par analogie.
  • Comme tous les vertébrés, les poissons doivent être étourdis avant la mise à mort. La législation décrit les méthodes reconnues.
  • La manipulation et le transport des poissons font l’objet de dispositions (une ordonnance est en préparation).
  • Les élevages autorisés sont contrôlés au moins tous les deux ans par le vétérinaire cantonal qui peut, si les exigences sont pas remplies, retirer l’autorisation.

Est-ce que ces règles suffisent pour garantir une détention correcte des poissons? Est-ce que les dispositions sur la densité suffisent ? Ces questions demandent des réponses scientifiques et politiques. Au niveau scientifique, je suis convaincu que nos bases légales suffisent pour garantir le bien-être animal dans les élevages de poissons. N’oublions pas que nous venons de mettre en vigueur une nouvelle législation au 1er septembre 2008 avec des exigences claires sur la pêche et l’élevage. Des délais transitoires ont été fixés pour permettre aux élevages existants de se mettre aux normes. Ces exigences ont été élaborées par un large cercle d’experts. La nouvelle législation a fait l’objet d’une large consultation et est donc le résultat du consensus actuel existant dans notre société.

Les poissons ressentent la douleur. Les connaissances scientifiques des dernières années ont entraîner le renforcement des exigences légales. La science avance et je pense que nous auront l’occasion dans le futur de continuer à réfléchir sur ces exigences. Nous avons adapté les dispositions légales aux derniers développements scientifiques et nous continuerons à le faire à l’avenir.