Office vétérinaire fédéral OVF

-»La présente édition est conçue pour les navigateurs sans soutien CSS suffisant et s'adresse en priorité aux malvoyants. Tous les contenus peuvent également être visualisés à l'aide de navigateurs plus anciens. Pour une meilleure visualisation graphique, il est toutefois recommandé d'utiliser un navigateur plus moderne comme Mozilla 1,4 ou Internet Explorer 6.

Début sélection langue

La responsabilité au cœur de la protection animale

Dans les nombreuses discussions qui portent sur la nouvelle législation sur la protection des animaux, une thématique revient souvent : celle du contrôle. Comment va-t-on contrôler tout ça ? Pas le contrôle au niveau agricole, non, celui-là ne fait pas débat. Mais bien le contrôle du particulier. Qui contrôlera si le maître de Médor a bien suivi sa formation ou si le cochon d’Inde Max partage désormais sa cage avec un compagnon ? En parlant de cochon d’Inde, on ne compte plus d’ailleurs les commentaires mi-goguenards, mi-indignés, sur le fait que désormais, les cochons d’Inde devront aller par deux. Dans ce contexte, il est peut-être important de rappeler le but premier de cette nouvelle législation : la responsabilité accrue des propriétaires d’animaux. Le but de la loi n’est évidemment pas de lancer des contrôleurs aux trousses des particuliers, mais bien de responsabiliser tout ceux qui veulent acquérir un animal. Le code de la route fonctionne de même : les contrôles sont rares et pourtant la vitesse limitée sur les routes apporte plus de sécurité. Prendre un animal est une responsabilité. Et la moindre des choses que l’on est en droit d’attendre d’un propriétaire, c’est qu’il connaisse les besoins fondamentaux de son animal. L’exemple du cochon d’Inde est assez révélateur : on ironise sur ce pauvre rongeur, mais personne n’aurait l’idée de critiquer la même mesure chez le cheval, tant il est évident que le cheval doit pouvoir bénéficier de la compagnie d’un congénère. Cela montre deux choses : d’abord que nous avons tous inconsciemment ou consciemment une sorte de hiérarchie entre les animaux – en caricaturant, un cheval vaudrait plus qu’un chat qui vaudrait plus qu’un cochon d’Inde. Mais cela montre aussi que notre société de plus en plus urbaine vit toujours plus loin de l’animal et que beaucoup ignore tout des besoins des animaux. La preuve : qui d’entre nous savait que le cochon d’Inde est un animal extrêmement social ? Qui sait encore qu’un cochon d’Inde tout seul dans sa cage dépérit alors que son cousin, le hamster, s’accomode très bien de la solitude de son enclos ? La nouvelle législation reconnaît simplement ce principe fondamental : ce ne sont pas seulement les éleveurs d’animaux de rente qui doivent respecter les besoins des animaux, mais aussi tous ceux qui ont des animaux de compagnie. La moindre des choses pour les particuliers, c’est de bien s’informer avant d’acquérir un animal. Et pour cela, une seule adresse : www.monanimaljenprendssoin.ch !

 

 

„Permettre à son cochon d’Inde une vie sociale est totalement fascinant!“

Avec la nouvelle législation sur la protection des animaux, les animaux sociaux ne peuvent plus être détenus seuls. C’es valable pour les chèvres et les chevaux, mais aussi pour les perruches ou les cochons d’Inde. Jean-Michel Hatt, professeur de médecine vétérinaire pour les animaux sauvages, les animaux de zoo et la animaux de compagnie à la faculté vétérinaire suisse de Zürich nous explique pourquoi le comportement social des animaux est si important. A l’exemple des cochons d’Inde et des perruches, il nous explique comment mettre ensemble deux animaux et combien il est fascinant de les observer!



Monieur Hatt, pourquoi le contact social avec des congénères est tellement important pour certains animaux?

Les contacts sociaux sont pour certains animaux un besoin élémentaire extrêmement important. Les cochons d’Inde et les perruches ont une vie sociale très bien developpée. A l’état sauvage, ils vivent en groupe de plusieurs individus. C’est pourquoi l’obligation légale de les détenir aux moins à deux est un strict minimum.

Est-ce que les animaux sont différents lorsqu’ils sont détenus à plusieurs ?

Ils sont plus équilibrés et peuvent exprimer toute la palette des comportements qui leur sont naturels. Pour les propriétaires, c’est non seulement beaucoup plus agréable, mais aussi très captivant! Une perruche ou un cochon d’Inde tout seul développe des troubles comportementaux graves. Les perruches se piquent les plumes jusqu’à présenter des trous dans leur plumage. D’autres donnent à manger à leur image dans le miroir de manière obsessive – un comportement qui peut même conduire à la perte de connaissance de l’animal. Les cochons d’Inde détenus seuls sont souvent simplement apathiques. Certains se mordent le pelage ou mordent les barreaux de leur cage.

Si on n’avait jusqu’à présent qu’une seule perruche ou un cochon d’Inde, comment introduire un nouvel animal?

Il faut s’assurer d’abord de ne pas introduire de maladies, par exemple des acariens chez le cochon d’Inde ou des chlamydias chez les perruches. Il faudrait donc observer une quarantaine d’un mois et s’assurer pendant ce temps que l’animal se comporte normalement, qu’il mange bien et que l’urine et les selles sont normales. Si tout va bien, on peut mettre les deux animaux ensemble.

Pour cela, on place d’abord les deux cages quelques jours l’une à côté de l’autre. On remarque souvent chez les perruches que les animaux dorment le plus proche possible l’un de l’autre lorsqu’ils sont à la même hauteur. Si les deux animaux semblent s’accepter, l’idéal serait de les mettre dans une nouvelle cage – en terrain neutre ! Si ce n’est pas possible, souvent il suffit de relier les deux cages.

L’idéal serait de mettre des couples ensemble. Deux animaux de même sexe peuvent parfois problème. Mais attention ! N’oubliez pas de faire castrer le mâle cochon d’Inde ! Chez les perruches, ce n’est pas nécessaire (et beaucoup plus difficile!). Si les perruches pondent des oeufs, il ne faut pas les enlever, sinon, la perruche pourrait pondre des œufs non fécondés et s’épuiser. Vous pouvez perforer les œufs ou les remplacer par des oeufs en plâtre.

Pour moi, c’est clair: donner aux animaux une vie sociale, c’est plus qu’une obligation légale, mais totalement fascinant!

Protection des animaux - quel équilibre entre protection et utilisation de l'animal?

 

Innombrables sont les controverses, polémiques parfois, auxquelles a donné lieu l'élaboration de la nouvelle ordonnance sur la protection des animaux, mais le problème de fond reste toujours le même: jusqu'à quel point l'être humain a-t-il le droit d'utiliser l'animal à ses fins et, inversement, dans quelle mesure doit-il le protéger? D'un côté, il est souhaitable que les animaux bénéficient des meilleures conditions de vie possible, d'un autre côté, il faut tenir compte du fait que l'élevage des animaux de rente constitue le principal facteur de notre production agricole et être conscient, par conséquent, de l'impact économique, considérable, de la protection des animaux. Mais le difficile équilibre entre la protection et l'utilisation de l'animal ne caractérise pas seulement la détention des animaux de rente au sens habituel du terme (bovins, porcs, poules, etc.): la même difficulté se pose pour les animaux de compagnie et les animaux sauvages.

Le juste équilibre entre le pôle protecteur et le pôle utilitaire est toujours difficile à trouver. Néanmoins, à y regarder de plus près, ces deux pôles ne sont pas aussi contradictoires qu'on pourrait le croire. Un exemple: il est prouvé que les bovins bénéficiant de sorties régulières sont en meilleure santé que les autres, ce qui est profitable à la fois aux animaux et aux paysans.

La protection et l'utilisation se rejoignent sur un autre plan encore: je suis persuadé que de bonnes conditions de vie des animaux de rente sont et resteront un facteur essentiel de la promotion économique de notre production agricole. Des enquêtes ont montré que la protection des animaux est la principale attente des consommateurs: elle doit rester un argument de vente essentiel pour les produits issus de l'agriculture suisse.

www.monanimaljenprendssoin.ch

 

Interdiction des farines animales: pas question de revenir aux pratiques d'avant 1990

L'interdiction des farines animales (plus exactement de leur utilisation pour alimenter des animaux) est remise en question par certains qui en demandent l'assouplissement. Précisons d'emblée que ce débat vient tout juste d'être lancé et qu'aucune décision n'a encore été prise. Pour mémoire: il y a 18 ans, en 1990, la Suisse découvrait son premier cas d'ESB. Immédiatement, des mesures de protection des consommateurs étaient prises et l'affouragement des farines animales aux ruminants interdit. Par la suite, ces mesures ont été progressivement renforcées, pour aboutir, finalement, à une interdiction générale des farines animales, à savoir à une interdiction touchant tous les animaux de rente, y compris les poules et les porcs qui, pourtant, ne sont pas réceptifs à l'ESB.

La rigueur de ces mesures a payé: en 2007, pour la première fois depuis 1990, pas un seul cas d'ESB n'était constaté en Suisse. Même si notre pays devait connaître encore quelques cas ponctuels d'ESB dans les années qui viennent, il est légitime d'entamer une discussion sur cette problématique, tout en fixant des limites très claires, que nous avions d'ailleurs déjà formulées en 2004 avec les offices fédéraux de l'agriculture et de la santé publique:

- Les seules sous-produits de l'abattage qui pourraient entrer en ligne de compte sont ceux qui sont irréprochables du point de vue sanitaire.

- L'affouragement des farines animales restera interdit pour toutes les espèces "végétariennes" (bovins, ovins, caprins).

- La discussion ne porte que sur l'affouragement de sous-produits de l'abattage de poules à des porcs et de sous-produits de l'abattage de porcs à des poules. En d'autres termes: pas de cannibalisme.

- Les résidus de farines animales dans les aliments pour ruminants doivent être exclus. Une séparation stricte des filières de transformation allant de l'abattoir à l'exploitation en est la condition, de même que des contrôles efficaces.

- Tout assouplissement devrait être coordonné sur le plan international, notamment avec l'UE.

Ces jalons parlent d'eux-mêmes: il n'est pas question de revenir aux pratiques d'affouragement d'avant 1990. Par contre, un assouplissement prudent et strictement contrôlé pourrait être judicieux. Nous sommes finalement tous responsables d'une utilisation aussi sensée que possible de nos ressources. Les sous-produits de l'abattage sont des ressources de haute valeur en raison de leur teneur en protéines animales et il est légitime de se demander si nous en faisons un usage correct. Mais il faut en être conscient: l'assouplissement ne pourra se réaliser aussi rapidement qu'on pourrait le croire; en l'occurrence, c'est en années, non en mois, qu'il faut compter.

Vaccin contre la langue bleue : par où commencer ?

C’est une bonne nouvelle que nous annonçons aujourd’hui : le vaccin contre la langue bleue sera disponible en juin pour tous les bovins, moutons et chèvres de Suisse. C’est un exploit technologique : il a fallu en très peu de temps développer et produire d’énormes quantités de vaccin pour répondre à la forte demande en Europe. En commandant le vaccin auprès de trois entreprises différentes, nous pouvons couvrir nos besoins pour toute la Suisse. Mais la livraison se fera probablement sur quelques semaines – avec la grande question pour les éleveurs : par où commencer ? Au nord de la Suisse là où les cas étaient les plus nombreux en 2007 ? Au Sud, là où le climat est plus doux ? Difficile question sur laquelle se penchent nos spécialistes à l’Office. Les priorités seront fixées selon des critères épidémiologiques et dépendront donc de l’évolution de la maladie. Et la situation peut changer en quelques jours : on l’a vu avec l’Italie qui a annoncé un premier foyer le week-end dernier. Du coup, le Tessin et l’Engadine qui semblaient protégés derrière les Alpes voient le virus à leurs portes avec un climat plus que favorable à l’apparition précoce des moucherons. Il faudra donc fixer les régions prioritaires au plus près de l’actualité, car tout peut changer encore d’ici juin. Une situation difficile pour les éleveurs, j’en suis conscient. Il leur faudra attendre que leur région soit approvisionnée et ensuite, évidemment, attendre encore que ce soit le tour de son exploitation de recevoir le vaccin. Une chose est sûre : nous mettons tout en œuvre pour que la vaccination puisse s’effectuer le plus vite possible, dans toute la Suisse.

Le vaccin contre la langue bleue est commandé