Office vétérinaire fédéral OVF

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Soirées d'informations sur l'enregistrement des chevaux: le passeport à l'écurie pose problème

Au début novembre, vétérinaires, fédérations d’élevage et autres acteurs de la filière équine ont été conviés pour des soirées d’informations sur l’enregistrement obligatoire des chevaux. L’objectif des ses séances était d’informer les acteurs de la filière équine pour qu’ils puissent ensuite eux-mêmes informer les propriétaires de chevaux et les éleveurs sur les nouvelles directives. Et que ce soit en Suisse allemande ou en Suisse romande, le constat a été le même : l’enregistrement obligatoire des chevaux est bien accepté et les questions portaient sur les détails de la mise en œuvre de ces mesures.

La question la plus fréquemment posée est celle aussi qui soulève le plus de résistance: pourquoi le passeport équin doit-il être déposé auprès du cheval ? Les propriétaires et aussi les gérants d’écurie ont exprimé avec insistance leurs réprobation face à cette mesure.

Or cette mesure se justifie : en cas d’épizootie, les informations importantes (qui est le propriétaire ? etc.) doivent être rapidement disponibles – sans engendrer de longues recherches à l’écurie. Ces informations ne sont pas enregistrées dans la puce électronique, mais figurent bien sur le passeport. Mais comme beaucoup de participants l’ont relevé : ces informations pourraient être disponibles sans pour autant devoir laisser le passeport à l’écurie. C’est une mesure qu’il faudra rediscuter si aucune solution satisfaisante n’est trouvée dans le cadre des dispositions actuelles.

Les autres questions abordées portaient sur les détails de la mise en œuvre : est-ce que le gérant d’écurie doit enregistrer les chevaux ? (non, c’est le propriétaire). Est-ce que les chevaux qui partent à l’estivage en France voisine doivent-ils être annoncés ? (oui, si c’est pour plus de 30 jours). Est-ce que le passeport doit être délivré en Suisse ? (oui, pour tous les chevaux nés en Suisse après le 1er janvier 2011). Bref, toutes ces questions ont montré aussi l’utilité de notre site www.agate.ch où toute la procédure y est décrite en détails. Elles ont montré aussi l’importance de ces soirées d’informations – les participants ont d’ailleurs déjà commencé à planifier des séances d’informations pour, à leur tour, transmettre l’information plus loin.

Les chercheurs souhaitent intensifier le dialogue sur l'expérimentation animale

"Research at a Crossroads?": tel est le titre évocateur de la conférence qui a réuni durant deux jours à Bâle des chercheurs de Suisse, d'Allemagne, de France et de Grande-Bretagne pour débattre des questions de fond suscitées par les tiraillements entre le progrès médical, d'une part, la protection des animaux, de l'autre. Ces questions se font encore plus pressantes à l'heure actuelle qu'il y a vingt ans. Les participants ont adopté à l'issue de la conférence une déclaration commune appelée "Déclaration de Bâle".

C'est l'adoption d'une nouvelle directive par l'UE en septembre dernier – la directive relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques – qui a servi de prétexte à l'organisation de cette conférence. Mais, plus généralement, la toile de fond de cette réunion est le malaise actuel de nombreux chercheurs qui ressentent de plus en plus durement les contraintes des nouvelles dispositions légales et les multiples formalités administratives qui leur sont imposées. De plus, telle a été du moins la tonalité plutôt pessimiste qui a dominé lors de la conférence, les chercheurs ont le sentiment que la méfiance du public prime sur la confiance à leur égard.

Il est vrai que les conclusions auxquelles aboutit l'étude effectuée par l'Institut de recherches gsf.bern à l'occasion de cette conférence ne concordent guère avec cette vision des choses. Selon cette étude, 60% des chercheurs estiment que la population rejette l'expérimentation animale; or l'étude montre que le degré d'acceptation de la recherche biomédicale est meilleure que ne le supposent les chercheurs: 58 pour cent des personnes interrogées se déclarent clairement favorables à l'expérimentation animale.

L'un des sujets principaux de la conférence a été la distinction, artificielle selon les chercheurs, entre la recherche fondamentale et la recherche appliquée. A plusieurs reprises, des intervenants ont souligné que ces deux formes de la recherche ne peuvent être vraiment distinguées l'une de l'autre, qu'elles doivent plutôt être vues en continuité l'une avec l'autre. Il y a une interpénétration entre la recherche sur les processus physiologiques fondamentaux, la compréhension des maladies et le développement des thérapies.

Le message délivré par les participants à l'issue de la conférence dans leur déclaration finale est sans ambiguïtés: le recours à l'expérimentation animale reste indispensable. Et, selon les chercheurs,  ce constat concerne tout aussi bien les recherches effectuées sur des primates et les modèles d'animaux génétiquement modifiés. Ces expériences sont indispensables pour développer nos connaissances sur des maladies complexes, comme la démence ou le cancer, mais aussi pour développer de nouveaux vaccins contre des maladies infectieuses, tels le SIDA, la malaria et l'hépatite C. D'un autre côté, la même déclaration contient une ferme profession de foi des chercheurs qui confirment leur volonté de respecter et de protéger les animaux qui leur sont confiés et de se conformer aux exigences les plus strictes dans la conception de leurs expériences et la manière de détenir les animaux concernés. Par ailleurs les scientifiques s'engagent à plus de transparence et d'initiative dans la communication sur l'expérimentation animale. La Déclaration de Bâle peut être consultée sur le site de la fondation Recherche pour la vie.

Le Conseil fédéral entend lui aussi améliorer l'information en matière d'expérimentation animale. Il a fait une proposition dans ce sens dans une modification de la loi sur la protection des animaux mise en consultation cet été. Ce point devrait être débattu dans les Chambres en 2011.

On reparle de la grippe aviaire

L’Allemagne a annoncé la semaine passée un foyer de grippe aviaire bassement pathogène dans une exploitation de volaille – une nouvelle qui a passé totalement inaperçue, la grippe aviaire ayant disparu depuis longtemps de la ligne de mire des médias. Raison de plus pour s’y attarder un peu et pour se rappeler que la grippe aviaire a toujours sa place dans la liste des maladies à surveiller de près.

En Allemagne, le virus annoncé est un virus H5N2, peu virulent, donc dit bassement pathogène. La volaille concernée ne présente pas de symptômes, les cas ont été découverts lors d’un programme de surveillance active volontaire et selon les autorités allemandes, les animaux qui ont accès à un parcours extérieur se seraient infectés au contact d’oiseaux sauvages porteurs du virus. Comme il s’agit d’un virus de type H5, des mesures drastiques ont été prises : le troupeau entier a dû être éliminé. Ce sont ainsi près de 17'000 volatiles, poules pondeuses, canards, oies, dindes et pintades, qui ont été euthanasiés.

Les virus aviaires bassement pathogènes passent souvent inaperçus sur une exploitation : pas de mortalité, pas de baisse de production, aucune raison en fait de prendre des mesures quelconques. Sauf que les types H5 et H7 ont la fâcheuse tendance de muter et de se transformer en virus hautement pathogènes, avec des conséquences désastreuses sur une exploitation : taux de mortalité proche de 80% et chute vertigineuse de la production. L’entrée d’un virus H5 ou H7 même bassement pathogène dans une exploitation représente donc un danger réel. Avec une forte densité d’animaux, le virus va pouvoir se reproduire à vitesse grand V avec à chaque reproduction le danger d’une mutation vers un virus hautement pathogène. C’est pourquoi, des mesures radicales seraient prises en Suisse aussi, comme en Allemagne, avec l’élimination de tout le troupeau. C’est finalement une chance d’avoir pu détecté le virus à ce stade initial.

Ce cas en Allemagne nous rappelle la présence de la grippe aviaire – une présence d’ailleurs qui n’a pas faibli en Asie du sud-est où le virus H5N1, le fameux virus aviaire hautement pathogène celui-là, continue de sévir avec un impact toujours aussi important sur les exploitations avicoles. Le rapport de septembre de la FAO n’est pas optimiste : la situation n’a pas vraiment évolué de manière favorable et la grippe aviaire s’est largement installée dans certaines régions.

Tout cela nous rappelle que la grippe aviaire fait partie de ces maladies qu’on doit garder à l’œil et qui pourrait aussi toucher la Suisse. Reste donc à rappeler une fois de plus l’importance primordiale des mesures de biosécurité : une hygiène stricte est le B.A.-BA d’une aviculture responsable.

Coup d’œil sur la fièvre aphteuse en Turquie

Un foyer de fièvre aphteuse en Suisse aurait des conséquences dramatiques sur l’agriculture et l’économie. Mais comment peuvent se préparer les vétérinaires à faire face à une maladie qui n’existe plus en Suisse depuis plusieurs décennies? Pour palier à ce problème, l’Union européenne et la Suisse envoient régulièrement des vétérinaires sur le terrain – là où la fièvre aphteuse sévit encore. Daniela Hadorn, de l’Office vétérinaire fédéral, a participé dernièrement à une formation de ce genre en Turquie – formation organisée par la Commission européenne de lutte contre la fièvre aphteuse. Retour avec elle sur une expérience riche en enseignement.

Daniela Hadorn, pourquoi la Turquie ?
Si la fièvre aphteuse est absente à Istanbul et dans les régions environnantes, elle est par contre très répandue dans le reste de la Turquie. La Turquie était d’accord de nous accueillir et sous caution de mesures de biosécurité très strictes, nous a donné accès aux régions touchées – ce qui est loin d’être une évidence !

Avez-vous vu des animaux malades?
Et comment. Dans un village de l’Anatolie orientale, nous avons pu examiner un troupeau fraîchement infecté. Les symptômes de la maladie étaient visibles déjà de loin. Les animaux présentaient des boiteries, mangeaient à peine, salivaient beaucoup – des symptômes typiques de fièvre aphteuse. Nous avons pu ensuite examiner des animaux individuellement. Presque tous les animaux que j’ai pu examiné étaient très atteints. Beaucoup présentaient des lésions marquées dans la cavité buccale et sur les onglons – un animal était même proche du décollement des onglons ! Les animaux plus jeunes présentaient les symptômes les plus graves – n’étant pas encore vaccinés. Les animaux plus âgés ne présentaient en général pas de symptômes ; ils étaient immunisés, soit parce qu’ils ont été vaccinés ou soit parce qu’ils sont déjà tombés malades.

Quelles sont les mesures de lutte prises par la Turquie?
La Turquie fait des efforts impressionnants pour lutter contre la maladie. Un objectif très important est de garder indemnes les régions attenantes à Istanbul, régions directement voisines du territoire de l’UE. Une éradication de la maladie dans les autres régions s’avèrent actuellement difficile, notamment parce que les importations illégales d’animaux malades depuis l’Iran sont légion. La Turquie essaie surtout de limiter les dégâts en s’appuyant sur une vaccination biannuelle.

En 2001, lorsque la Grande-Bretagne luttait contre une flambée de fièvre aphteuse majeure, j’avais eu la possibilité de participer aux mesures de luttes sur place. La comparaison avec la situation en Turquie est saisissante. En Grande-Bretagne, la maladie a engendré une crise énorme dans toute la société : mises à mort de troupeaux entiers, impacts économiques massifs sur l’agriculture et le tourisme, impact psychologique énorme sur les éleveurs avec même des suicides. En Turquie par contre, la fièvre aphteuse fait partie du quotidien des éleveurs – un quotidien sévèrement entravé tout de même par l’interdiction de vente des animaux malades. Cela m’a montré clairement combien il est important d’adapter la lutte contre les maladies aux particularités locales.

Que retirez-vous de cette expérience pour la Suisse?
Lorsque qu’on regarde un troupeau de jeunes animaux en Turquie, il semble évident que les animaux sont atteints de fièvre aphteuse. Mais les animaux ne présentent pas tous une symptomatique si claire. Et en Suisse, devant ce genre de symptômes, on ne pense pas tout de suite à la fièvre aphteuse. Nous vétérinaires, nous devons toujours garder en tête de tels symptômes et se rappeler que la fièvre aphteuse peut aussi toucher la Suisse. La Turquie est pour cela aussi un bon exemple. Beaucoup de Suisses apprécient les vacances en Turquie. Il suffit de peu de choses pour provoquer une infection: un morceau de viande ramené dans ses bagages qui atterrit dans l’assiette des porcs  et le mal est fait. C’est pourquoi il est interdit aux voyageurs de ramener des produits d’origine animale en provenance de ces régions.

Cette expérience m’a permis aussi d’adapter notre planification de crise, par exemple en adaptant les dispositions pour la prise d’échantillons. L’échange avec nos collègues expérimentés de Turquie et des autres pays européens a également était riche d’enseignements. Ce voyage en a valu la peine, assurément !

Clonage d’animaux de rente – l’UE propose un moratoire

La Commission européenne propose une suspension temporaire du clonage d’animaux utilisés dans la chaîne alimentaire. Un rapport dans ce sens a été présenté dernièrement à Strasbourg par le Commissaire à la santé et à la politique des consommateurs, John Dalli. Le moratoire devrait durer un à cinq ans. En Suisse, le clonage d’animaux nécessite une autorisation.

Le bien-être animal a joué un rôle important dans les réflexions de la Commission. Le clonage implique souvent des problèmes graves de santé chez les animaux clonés : faiblesses immunitaires, malformations de muscles ou d’os, mortalité élevée – le risque de complications est beaucoup plus élevé chez les animaux clonés que chez les animaux issus d’une reproduction classique. „Je crois que la suspension temporaire constitue une voie réaliste et réalisable pour répondre aux actuelles inquiétudes pour le bien-être des animaux" , a déclaré John Dalli. Les problèmes de santé pour les animaux clonés et leur mère porteuse ont aussi été relevés par l’étude conduite par l’OVF sur ce sujet.

La sécurité alimentaire n’a pas joué de rôle dans la décision de la Commission. Plusieurs études ont montré que les aliments issus d’animaux clonés ne posent pas de problèmes de sécurité du consommateur – notamment une étude conduite par l’Autorité européenne de sécurité des aliments, l’EFSA, et une autre par la Food and Drug Administration.

La suspension ne concernerait pas le commerce de viande de descendants d’animaux clonés. Ces denrées alimentaires peuvent continuer à entrer dans la chaîne alimentaire. Cependant, la traçabilité des semences et embryons importés devrait être garantie. Cela permettrait de répertorier les animaux concernés dans une banque de données. Si le clonage d’animaux destinés à la chaîne alimentaire serait interdit, le clonage à titre expérimental serait toujours permis.

Avec cette proposition, la Commission espère faire avancer les débats sur les nouveaux aliments (Novel Foods Regulation) alors qu’une ordonnance sur ce sujet est en élaboration. Par nouveaux aliments, on entend les aliments qui n’étaient pas encore consommés dans l’UE en 1997. Pour ces aliments, il faut une autorisation de l’EFSA avant de pouvoir les introduire dans la chaîne alimentaire. L’élaboration de l’ordonnance s’avère difficile, le parlement européen et le conseil des ministres n’ont pas réussi à se mettre d’accord. Si une majorité du Parlement s’est prononcée en faveur de dispositions restrictives, les représentants des gouvernements préfèreraient voir l’EFSA seule responsable pour décider si les consommateurs européens peuvent manger du steak de bœuf cloné. L’ordonnance devrait être consolidée d’ici la fin novembre.

En Suisse, le clonage est considéré comme une expérimentation animale et est soumis à autorisation. L’octroi de l’autorisation est toujours dépendant d’une pesée des intérêts entre le bénéfice potentiel et les souffrances infligées à l’animal. Ainsi en Suisse, le clonage est déjà sous le contrôle des autorités. Par contre, l’importation de semences issues d’animaux clonés est autorisée. Il y a quelques années, la semence d’un descendant d’une vache clonée a été importée; des descendants d’animaux clonés sont donc bien présents dans nos étables – on les estime à quelques centaines de bovins.

Le rapport de la commission en détail (en anglais).

Nombre d’animaux utilisés dans l’expérimentation animale – coup d’œil sur la situation européenne

En 2009, selon notre statistique, 706'104 animaux ont été utilisés en Suisse à des fins expérimentales. Un léger recul de 3.5% a ainsi été constaté par rapport à l’année précédente. La commission européenne a publié dernièrement son 6e rapport sur le nombre d’animaux utilisés à des fins expérimentales et d’autres fins scientifiques – l’occasion de voir quelle est la situation dans l’Union européenne.

En 2008, 12 millions d’animaux ont été utilisés dans les expérimentations animales dans l‘Union européenne. Ce chiffre n’est pas directement comparable avec les chiffres des années précédentes car les chiffres de deux nouveaux pays membres ont été ajoutés – ceux de la Bulgarie et de la Roumanie. Contrairement au rapport précédent, les chiffres par pays ne sont pas indiqués – ce qui rend la comparaison d’autant plus difficile. Toutefois, une légère diminution de 1% du nombre total d’animaux peut être relevée.

80% des animaux utilisés sont des rongeurs et des lapins. L’animal le plus utilisé, et de loin, est la souris qui représente 59% des animaux utilisés. Cela correspond aussi à la situation en Suisse. Le deuxième plus grand groupe est formé par les reptiles, les amphibiens et les poissons, représentant 10% des animaux utilisés alors que les oiseaux, avec 6%, arrivent en troisième position. Les grands singes (hominidés) n’ont pas fait l’objet d’expérimentations animales, alors que les autres primates représentent 0,08 % des animaux utilisés. La majorité des animaux utilisés provenaient de l’Union européenne.

Le nombre de souris, de lapins, de porcs et d’oiseaux divers est en augmentation. Ainsi, 10% de souris en plus ont été utilisées en 2008 par rapport au dernier rapport. Cette augmentation peut s’expliquer entre autre par les nouvelles possibilités de recherche liées aux animaux génétiquement modifiés.

La statistique donne aussi des renseignements sur les buts des expériences. Ainsi, plus de 60% des expériences avaient pour but la recherche et le développement de la médecine humaine, dentaire et vétérinaire ainsi que la recherche en biologie fondamentale. Près de 15% des expérimentations ont servi au contrôle de la qualité et de la production des produits et dispositifs utilisés en médecine humaine, 8.7% des études étaient des essais toxicologiques et autres évaluations de la sécurité. Près de 23'000 animaux ont servi à des tests pour les cosmétiques, un chiffre en nette diminution – résultat direct d’une réglementation européenne plus sévère. En Suisse, aucune expérimentation animale se rapportant à des cosmétiques n’a été réalisée.

Le degré de contraintes infligé aux animaux n’est pas décrit dans la statistique européenne –contrairement à la statistique suisse qui détaille si la contrainte est faible, moyenne ou forte.

L‘institut Friedrich-Loeffler a 100 ans et va bientôt s’agrandir

L’institut Friedrich-Loeffler (FLI) sur l’île allemande de Riems, un des instituts de recherche sur les épizooties des plus importants au monde, a fêté ses 100 ans le 10 octobre dernier. Pour ce centenaire, l’Institut s’offre un agrandissement d’importance pour conduire des recherches sur les stratégies de lutte contre des pathogènes aussi dangereux que le virus Nipah ou Hendra – avec des infrastructures qui lui permettra d’utiliser dans sa recherche des animaux de rente. Le FLI deviendra ainsi le seul institut en Europe à pouvoir conduire ce genre de recherche. La Suisse possède aussi un institut de recherche sur les épizooties depuis 1942 ; en 1992, elle s’est dotée d’une nouvelle construction, l’institut de virologie et d’immunoprophylaxie (IVI) de Mittelhäusern .

C’est le 10 octobre 1910 que Friedrich Loeffler, à qui l’on doit la découverte du virus de la fièvre aphteuse, a commencé des recherches sur l’île de Riems avec quelques collaborateurs. Ces travaux ont largement contribué à la description de la fièvre aphteuse et au développement de vaccins. Aujourd’hui, des centaines de chercheurs et de chercheuses conduisent des recherches sur de multiples pathogènes, sur les méthodes de lutte et le diagnostic.

La vénérable institution s’offre aujourd’hui un agrandissement de taille avec 89 laboratoires et 163 places d’étables - des travaux qui dureront deux ans entre 2011 et 2012. Certains des nouveaux laboratoires rempliront les exigences de sécurité très élevées de niveau 4, ce qui permettra la conduite de recherches sur des animaux de rente avec des virus très dangereux. Seuls deux instituts au monde peuvent aujourd’hui mener à bien ce genre de recherche, en Australie et au Canada. Le FLI gagne ainsi encore en importance dans la recherche et la lutte contre les épizooties – une bonne nouvelle pour les détenteurs d’animaux et pour la population du monde entier.

Le FLI de l’île de Riems a fêté ses 100 ans par une journée porte ouverte le 10.10.2010 à 10h10. Plus de 8'000 personnes en ont profité.

Cuir de reptile: des standards mondiaux de protection animale comme objectif

L’émission Rundschau de la télévision suisse alémanique a montré hier comment lézards et serpents étaient abattus pour la production de cuir dans le sud-est de l’Asie. En fait d’abattage, on devrait plutôt parler de massacre… Cette manière de traiter les animaux est tout simplement inacceptable. Comme responsable de la protection des espèces à l’OVF, je suis convaincu qu’il est juste de permettre l’utilisation des ressources naturelles, celle des animaux aussi. Mais cette utilisation ne peut et ne doit se faire que de manière durable, en assurant la survie des espèces en général et en ménageant chaque animal en particulier.

J’étais invité hier par la Rundschau à prendre position pour l’OVF face à ces images. L’OVF joue un rôle dans cette problématique car nous sommes responsables de l’application de la la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, la Convention CITES. Après un tel reportage, on est en droit de se demander: et maintenant? Que fait la Suisse ?

Je n’ai eu que peu de temps hier soir pour y répondre. C’est pourquoi je souhaite décrire brièvement les mesures que nous allons prendre sur ce sujet.

  1. Nous allons informer par écrit le secrétariat CITES des faits présentés dans le reportage et exiger une prise de position de l’Indonésie.
  2. Nous allons aussi exiger une prise de position de l’industrie horlogère sur la manière dont elle compte s’y prendre pour garantir à l’avenir que de tels cuirs ne soient plus utilisés.
  3. La Suisse va s’engager auprès de la CITES pour que des dispositions soient définies pour l’abattage des reptiles destinés au commerce international. Première étape de ce processus, la Suisse prendra part à un atelier de travail sur le commerce des reptiles en Asie organisé par la CITES et s’engagera pour que l’atelier de travail fasse des recommandations dans ce sens à la CITES (Animals resp. Standing Committee).
  4. A plus long terme, il faut un changement fondamental dans les règles internationales sur le commerce des produits d’origine animale. Aujourd’hui, les limitations du commerce ne sont possibles que lorsqu’un risque sanitaire est déclaré ou lorsqu’une espèce est menacée dans sa survie. Une limitation du commerce pour des raisons de bien-être animal ne se laisse que difficilement justifier. C’est pourquoi l’OVF s’engage auprès de l’Organisation mondiale de la santé animale pour que soient définis des standards internationaux minimums en matière de bien-être animal. Si des pays ne remplissaient pas ces standards minimaux, la Suisse pourrait limiter le commerce.

Il est clair que ces mesures ne vont pas être effectives demain. Mais une amélioration réelle du système actuel ne se laisse pas faire en quelques jours. Les conditions d‘abattage des lézards et des serpents ne pourront s’améliorer que si des mesures internationales coordonnées sont décidées. Et c’est dans ce but que nous allons poursuivre nos efforts – de manière décidée. De votre côté, soyez des consommateurs responsables et engagez-vous par votre comportement d’achat pour une exploitation durable des espèces animales.

Tous responsables – première conférence internationale sur l’éducation au bien-être animal

Lorsqu’il s’agit de sensibiliser les gens à l’importance du bien-être animal, la connaissance, la formation et l’information jouent un rôle primordial. C’est pour cette raison qu’a eu lieu à Bruxelles ce week-end la première conférence internationale sur l’éducation au bien-être animal (Animal Welfare Education Conference). Elle a été organisée par la Commission européenne et la présidence belge du conseil de l’Europe.

La tenue de cette conférence est réjouissante, car elle montre que la protection des animaux n’est pas seulement considérée comme importante en Suisse ou en Europe, mais bien dans le monde entier. De Santiago du Chili à Berne en passant par Wellington, tous sont conscients de l’importance d’éduquer le public et en particulier les enfants à la manière de prendre soin des animaux.

Souvent, les maltraitances animales ne sont pas le résultat d’actes délibérés, mais sont souvent liées au manque de connaissances sur les besoins des animaux. Ce ne sont pas seulement ceux qui s’occupent des animaux qui portent une responsabilité. Comme le souligne le Commissaire européen pour la santé et la politique des consommateurs, John Dalli : „Tout citoyen et consommateur peut contribuer au bien-être animal. Les citoyens bien informés peuvent prendre des décisions responsables et influencer les modes de détention animale.“

A la lumière du slogan „Tous responsables“, les quelque 400 experts internationaux ont présenté et discuté des programmes concrets et des stratégies sur le bien-être animal. Parmi les projets présentés, on peut retenir un projet d’Amérique du Sud. Le bien-être animal a pris de l’importance ces dernières années au Chili, au Brésil, en Uruguay et dans d’autres pays sud-américains. Des formations pour les personnes qui s’occupent des animaux ont été mises sur pied. De nouvelles branches d’enseignements ont été créées au niveau universitaire. Un accent particulier a été mis dans les écoles : les enfants et les jeunes apprennent non seulement les besoins spécifiques des animaux, mais sont aussi sensibilisés au fait que les animaux sont des êtres à respecter. Des réflexions éthiques sont aussi proposées aux plus grands.

La sensibilisation des enfants était d’ailleurs un des points forts de la Conférence. Les différents projets présentés ont tous souligné l’importance d’éduquer les enfants au bien-être animal – des enfants bien informés aujourd’hui feront demain des consommateurs et des détenteurs responsables.

La Suisse aussi met l’accent depuis plusieurs années maintenant sur l’information ciblée et la sensibilisation. Les cours obligatoires des propriétaires de chien en sont un exemple, mais aussi notre site „Mon animal, j’en prends soin!“ ou son petit-frère pour les enfants „Pas si bête!“. Enfin, les nombreuses formations complètent nos efforts pour promouvoir le bien-être animal en Suisse.

Les résultats de la Conférence seront utilisés lors des travaux de la Commission européenne sur la stratégie européenne sur le bien-être animal. De plus, un réseau international doit être créé entre experts et institutions qui s’occupent d’éducation au bien-être animal.

Dès le 1er janvier 2011 : les achats de porcs doivent être notifiés

Dès le 1er janvier 2011, les achats de porcs devront être notifiés à la BDTA afin d’améliorer la traçabilité – une mesure importante pour réagir mieux et plus vite en cas de maladies animales menaçant le cheptel porcin. Si cette mesure est connue depuis plusieurs mois maintenant, on en reparle aujourd’hui avec la mise en ligne d’une information détaillée sur www.agate.ch – l’adresse à partir de laquelle se feront les notifications dès 2011.

Tous les éleveurs porcins et les abattoirs recevront à la fin décembre un courrier de Agate avec leur compte personnel pour www.agate.ch ainsi qu’un mot de passe (un code PIN). En s’identifiant sur www.agate.ch, ils auront ainsi accès à leurs données personnelles et pourront notifier les achats ou l’abattage des porcs.

Concrètement, l’éleveur doit notifier toute entrée de porcs sur son exploitation. Pour cela, le producteur qui achète des porcs notifie le nombre d’animaux achetés et l’exploitation d’origine. Le nombre d’animaux suffit, les numéros BDTA des porcs ne doivent pas être transmis. De même, les ventes et les naissances des porcs ne doivent pas être annoncées. Les annonces d’abattages sont effectuées par les abattoirs eux-mêmes en indiquant la date de l’abattage, le nombre d’animaux, le numéro BDTA de l’exploitation de provenance et le numéro BDTA de l’abattoir. Ceux qui n’ont pas accès à Internet peuvent utiliser des cartes d’annonces qui pourront être commandées au Helpdesk de www.agate.ch dès la mi-décembre 2010.

Plus d'infos ici.

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