Office vétérinaire fédéral OVF

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Une procédure simple pour exclure les épizooties hautement contagieuses en cas de suspicion!

Les épizooties hautement contagieuses comme la fièvre aphteuse ou la peste porcine restent présentes dans de nombreux pays. Leur introduction dans notre pays aurait des conséquences incalculables, non seulement pour les éleveurs directement concernés, mais pour l’économie suisse dans son ensemble. Il n’est donc pas étonnant que les dispositions légales dans ce domaine soient très sévères : la simple suspicion d’une telle infection entraîne une mise sous séquestre immédiate de l’exploitation pour prévenir toute propagation de l’épizootie. Les animaux et leurs produits doivent rester confinés dans l’exploitation, pour pallier au risque élevé de propagation du virus.

Mais dans quels cas doit-on admettre qu’il y a suspicion ? Les symptômes des épizooties hautement contagieuses ne sont pas toujours évidents au début. Que doivent faire les vétérinaires face à des symptômes dont l’interprétation est délicate, des symptômes qui, d’un côté, ne permettent pas d’exclure absolument un cas d’épizootie hautement contagieuse, mais qui, d’un autre côté, pourraient tout aussi bien être tout à fait bénins? Doivent-ils – pour ne courir aucun risque – annoncer une suspicion de fièvre aphteuse et déclencher tout le processus de mise sous séquestre de l’exploitation ? Dans la pratique, les vétérinaires craignent souvent de déclarer un cas de suspicion, tout comme les éleveurs qui ne se décideront à franchir le pas d’une déclaration aussi lourde de conséquences que si les symptômes sont relativement nets. Dans la plupart des cas, cette manière de procéder ne pose pas de problèmes, mais qu’en serait-il si des symptômes peu clairs se révélaient finalement être réellement des symptômes précoces de fièvre aphteuse? L’attentisme aurait alors des conséquences fatales, car tout retard dans le diagnostic d’une épizootie hautement contagieuse augmente considérablement les difficultés de la lutte et de l’éradication d’un tel foyer.

Or, il existe depuis quelques mois une possibilité d’échapper à ce dilemme. Les vétérinaires confrontés à des symptômes peu clairs et d’apparence épizootique ont désormais la possibilité de faire un examen dit « d’exclusion » s’ils suspectent un cas de fièvre aphteuse, de peste porcine classique, de peste porcine africaine, de grippe aviaire ou de maladie de New Castle. La procédure est prévue, pour chacune des maladies citées, vous trouverez des informations supplémentaires sur nos sites "santé animale". L’examen d’exclusion donne la possibilité au vétérinaire de prélever des échantillons et de les faire analyser à l’égard de l’épizootie hautement contagieuse qu’il souhaite exclure, sans soumettre le troupeau aux mesures de séquestre normalement prévues par l’ordonnance sur les épizooties dans un tel cas. Les échantillons prélevés sont envoyés à l’Institut de virologie et d’immunoprophylaxie (IVI) de Mittelhäusern où ils sont analysés. Si la vague suspicion du vétérinaire n’est pas confirmée, l’exploitation concernée n’en subira aucune conséquence. Inversement, si le doute devait une fois se transformer en une certitude, il serait toujours temps de prendre rapidement les mesures nécessaires et d’empêcher les graves conséquences pour le bétail et les éleveurs.

Cette procédure simple a été prévue pour permettre aux vétérinaires de troupeau, aux vétérinaires et aux éleveurs de tirer au clair les cas douteux sans devoir prendre tout de suite des mesures rigoureuses qui pourraient se révéler inutiles par la suite.

Enregistrement des chevaux: déjà 12 000 animaux annoncés

L’enregistrement des chevaux, des poneys et des ânes est obligatoire depuis le début de cette année. Plus de 12 000 équidés ont été enregistrés à la Banque de données sur le trafic des animaux BDTA au cours du premier trimestre 2011. Une campagne d’information sur l'enregistrement obligatoire des chevaux  a été lancée pour sensibiliser les propriétaires de chevaux et récompenser ceux qui ont été les plus rapides à enregistrer leur animal. Un prix a récompensé chaque millième propriétaire qui avait enregistré son animal. Les prix ont été remis lors de la foire équestre nationale à Berne BEA / Chevaux 2011.

Les détenteurs et les propriétaires de chevaux avaient la possibilité de faire enregistrer leur animal sur le stand Agate à la foire équestre nationale Chevaux 2011 à Berne. Mais vu que le système informatique a connu quelques maladies de jeunesse, de nombreux visiteurs ont dû enregistrer leur cheval avec l’aide d’une personne. L’équipe en charge du système Agate n’a pas ménagé ses efforts pour améliorer le logiciel. A présent, tous les services et toutes les fonctions sont opérationnels.

Qui n’a pas hésité à enregistrer rapidement son cheval a pu participer au concours et gagner un des 10 prix en jeu. La remise des prix a eu lieu à la foire nationale équestre. Les gagnants qui ont répondu à l’invitation et fait le déplacement à Berne ont reçu leur prix des mains du directeur de l’OVF Hans Wyss.


Les gagnantes: Brigitte Boller, Susanne Bürgin, Sandra Zimmermann


Vous trouverez la réponse aux questions sur le site
www.agate.ch

L’enregistrement obligatoire des chevaux marque un changement important pour l’ensemble de la branche équine et pour les détenteurs de chevaux. Ce changement soulève sans doute des questions et requiert un peu de temps pour se familiariser avec les nouvelles règles. Il vaut néanmoins la peine de s’informer. Vous trouverez toutes les informations sur l’enregistrement des chevaux sur le portail internet www.agate.ch. Si vous rencontrez des problèmes, n’hésitez pas à contacter le service d’assistance d’Agate (Helpdesk): tél. 0848 222 400 (du lundi au vendredi de 8h00 à 16h30).

Viande clonée: pas de réglementation européenne

Les discussions de l’Union européenne sur la viande clonée n’ont pas abouti. La semaine dernière, un accord aurait dû être accepté après 3 années de dures négociations. Mais un compromis n’a pas pu être trouvé et les discussions ont été définitivement stoppées.

Pays membres, commission et parlement européens n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur une réglementation commune pour la viande et les produits issus d’animaux clonés. Le point d’achoppement a été la déclaration des denrées alimentaires issus d’animaux clonés et de leurs descendants. Le Parlement exigeait une déclaration obligatoire, mais les avis divergeaient quant à la faisabilité technique et les conséquences d’une telle obligation. Même une solution de compromis n’a eu aucune chance.

Cela met donc un point final aux discussions qui visaient l’actualisation de l’ordonnance sur „les nouvelles denrées alimentaires“ avec un statut quo de directives communes minimales. John Dalli, le commissaire européen pour la santé et la consommation, s’est montré déçu: «Avec cette non-décision, nous n’avons aucun contrôle. Et cela restera la règle dans l’UE. » John Dalli s’était engagé pour un moratoire qui prévoyait d’interdire le clonage des animaux destinés à la production alimentaire.

Le clonage d’animaux ne se pratique pas en Suisse et aucun animal cloné n’a été importé. Si aucune denrée alimentaire d’animaux clonés n’a été mise sur le marché, de la semence de descendants d’animaux clonés a déjà été importée en Suisse. On pense ainsi qu’il y aurait quelques centaines de bovins en Suisse dont un des aïeuls était un animal cloné. Si plusieurs études montrent que la consommation de denrées alimentaires d’animaux clonés ne posent pas de problèmes, des questions se posent quant à la protection des animaux.

Occupation – de l'action pour nos animaux

Chasser, ronger, creuser, s’enfouir, explorer, se cacher. Chaque animal a un éventail de comportements naturels qui doivent pouvoir s’exprimer. Cela vaut aussi bien pour un porc d’engraissement que pour un lapin ou un animal sauvage dans un zoo. Les animaux ont besoin d’occupation, d’animation. Le professeur de zoologie allemand Norbert Sachser nous parle de l’ennui des animaux dans leur enclos et de ses conséquences. 

Norbert Sachser est un biologiste spécialisé dans le comportement des animaux, en particulier des rongeurs sud-américains. Il est responsable du Département d’éthologie de l’Université de Münster (D). Sylvia Kaiser, Lars Lewejohann et Stephanie Lürzel font partie de son équipe. Ils constituent la «Animal Welfare Unit» et mènent des recherches notamment sur le stress, les symptômes de stress et le bien-être – ainsi que sur les conséquences au niveau de la protection des animaux.

                             

Quelle est l’importance des possibilités d’occupation?
Très grande! Nous pouvons en principe partir de l’idée qu’au cours de l’évolution, les animaux se sont adaptés de manière optimale à certaines conditions écologiques. Cette adaptation comporte en particulier des mécanismes physiologiques qui font que certains comportements, nécessaires à la survie dans des conditions naturelles, s’accompagnent de sensations positives. Cela peut par exemple expliquer pourquoi les chats domestiques chassent volontiers, malgré la nourriture souvent copieuse qu’on leur donne.
Les animaux en détention ne peuvent souvent pas exprimer des comportements qui font partie de leur répertoire naturel. Ils n’ont pas besoin d’adopter certains comportements, tels qu’éviter les ennemis, fuir ou rechercher constamment leur nourriture. Cependant, au cours de l’évolution, les animaux se sont intégrés ainsi dans un contexte naturel qui fait qu’ils pourraient ressentir cela comme douloureux de ne pas pouvoir adopter certains comportements. Il s’agit alors de compenser cela du mieux possible par des possibilités d’occupation appropriées.

Un animal peut-il ressentir de l’ «ennui»?
Il y a de bonnes évidences que les animaux, en particulier les mammifères et les oiseaux, peuvent ressentir l’ennui; mais cette notion n’est guère utilisée dans la littérature scientifique. Dans leur habitat naturel, les animaux sont constamment confrontés à de nouveaux défis, de sorte que le sentiment d’ennui ne se présente pas. Mais lorsque les animaux vivent dans des conditions qui leur offrent trop peu de possibilités d’occupation et de stimulations, cette situation peut alors facilement engendrer un état dans lequel ils ressentent un sentiment équivalent à l’ennui que connaît l’homme. 

Dans le cadre de vos recherches, vous avez notamment étudié le comportement des cochons d’Inde et des souris. Quelles sont les principaux enseignements qui en sont ressortis sur le comportement d’occupation de ces rongeurs?
Pour les cochons d’Inde, les congénères sont la possibilité d’occupation la plus importante de toutes. Cela se voit déjà dans les comportements variés que les cochons d’Inde adoptent lorsqu’ils sont détenus en groupe (par exemple le comportement intensif de jeu des jeunes animaux), mais également dans le fait que dans une situation inconnue, donc stressante, le partenaire social a un effet calmant. Les cochons d’Inde ne devraient donc jamais être détenus seuls! Pour les cochons d’Inde, il est en outre essentiel d’avoir des possibilités de grignoter. Le foin, la paille, les fruits ou les branches ne font pas seulement office de nourriture, mais ils sont également bienvenus comme matériau d’occupation.
Chez les souris, nous avons étudié en détails les effets de l’enrichissement environnemental («environmental enrichment») sur le comportement et le bien-être. Nous avons pu démontrer à ce propos que les animaux qui étaient détenus dans un environnement enrichi par l’installation de différents objets permettant de grimper, de ronger et de s’isoler, étaient moins peureux, jouaient plus et présentaient de meilleures capacités d’apprentissage. Les possibilités d’occupation semblent également avoir une influence positive sur le développement du cerveau. Les souris qui ont une prédisposition génétique à développer des symptômes similaires à ceux de la maladie d’Alzheimer présentent ainsi nettement moins de caractéristiques de cette maladie lorsqu’elles sont élevées dans un environnement comprenant de nombreuses possibilités d’occupation. Cela en comparaison avec les animaux qui vivent dans un environnement pauvre en stimulus.

Lorsque les animaux n’ont pas de possibilités d’occupation conformes aux besoins de l’espèce et qu’ils ne peuvent pas exprimer leur comportement naturel, cela peut avoir des conséquences. Quels sont les problèmes les plus fréquents?
Sur le plan comportemental, cela provoque souvent ce que l’on appelle des comportements conflictuels tels que les stéréotypies. Par stéréotypies motrices, on entend la répétition continuelle, régulière d’un comportement,  par exemple le balancement d’une patte à l’autre pendant des heures observé chez les éléphants détenus individuellement, ou le rongeage de barreaux incessant chez les porcs détenus de manière non-conforme aux besoins de l’espèce. Il peut en outre y avoir une tendance plus élevée aux agressions lorsque les animaux ne peuvent pas exprimer leur comportement naturel, agressions qui peuvent également être dirigées contre leur propre corps (auto-agression par exemple chez les perroquets détenus individuellement). Il y a des indices selon lesquels de telles manifestations de comportement s’accompagnent également d’une anxiété plus marquée, d’un développement cognitif moindre, de réactions hormonales au stress plus marquées ainsi que d’une sensibilité aux maladies globalement plus élevée.

Lorsque ces troubles de comportement apparaissent, peut-on encore faire quelque chose?
Cela dépend depuis combien de temps les troubles du comportement existent. Lorsque les premiers signes de troubles du comportement apparaissent, il est souvent possible de les désamorcer en modifiant rapidement les conditions de détention (par ex. contacts sociaux accrus, sorties plus fréquentes, possibilités d’occupation plus nombreuses). Mais lorsque l’animal présente depuis longtemps des stéréotypies, par exemple suite à une détention individuelle, ou qu’il développe ces stéréotypies suite à une expérience traumatisante, il est possible que ces mesures ne remédient que peu ou même pas du tout au problème. Mais même dans ces cas-là, il ne faudrait jamais manquer d’essayer d’améliorer les conditions de détention en créant un environnement plus respectueux des besoins de l’animal.

A quoi travaillez-vous actuellement?
Dans les recherches que nous menons actuellement, nous étudions trois questions relevant de la protection des animaux: (1) Comment les expériences sociales faites durant l’adolescence influencent-elles le comportement et les réactions au stress de l’animal à l’âge adulte?  Les résultats récents montrent que c’est principalement durant cette phase de développement vers l’âge adulte que l’animal fait l’apprentissage des règles sociales de la vie communautaire lui permettant de composer sans stress et sans agressions avec des congénères étrangers. (2) Comment les prédispositions génétiques d’un animal interagissent-elles avec les expériences qu’il fait au cours de son développement pour créer son profil comportemental individuel? Une anxiété accrue ou une agressivité plus élevée par exemple peuvent apparaître suite à ces interactions entre gènes et environnement. (3) Quel rapport y a-t-il entre la «personnalité» d’un animal et son bien-être? Tous les animaux d’une espèce donnée ne se comportent pas du tout de manière similaire. Ils développent bien plus ce que l’on appelle des «personnalités animales» au cours de la vie, qui diffèrent nettement, ou leurs tempéraments, et qui pourraient ainsi également présenter des exigences différentes quant à leur cadre de vie.

Une année durant, l’OVF met l’accent sur le sujet important qu’est l’occupation. Jetez donc régulièrement un coup d’œil sur le site «monanimaljenprendssoin».

Nouveauté en ligne: tout sur les maladies parasitaires des chiens et des chats

Diarrhée chez les chats, puces et tiques chez les chiens, les maladies parasitaires font partie des problèmes de santé récurrents de nos compagnons à pattes. D’où l’importance de trouver une bonne information sur ce sujet. Et c’est justement ce que fournit l’ESCCAP (European Scientific Counsel Companion Animal Parasites) et le nouveau site de l’ESCCAP Suisse. Un site à découvrir et à utiliser.

L’ESCCAP regroupe de nombreux parasitologues vétérinaires européens et favorisent ainsi l’échange de connaissances et d’expériences en parasitologie. Le nouveau site de l’ESCCAP Suisse offre une information claire et fondée pour aider les propriétaires de chiens et de chats à protéger leurs animaux contre les maladies parasitaires – l’objectif étant aussi de protéger les humains contre les maladies parasitaires transmissibles de l’animal à l’humain. Le public visé sont les vétérinaires et les propriétaires d’animaux.

Sur ce site, vous pourrez faire plus amples connaissances avec puces, tiques, pucerons, mycoses et autres parasites. Vous y trouverez des sujets d’actualités ainsi que des conseils de prévention et de traitement. Des experts y donnent conseils et astuces pour voyager en toute sécurité avec son animal et expliquent notamment les meilleurs moyens de les vermifuger. La question du vaccin contre les tiques est abordée, des conseils de bons comportements à adopter si votre animal souffre de diarrhée sont expliqués et vous saurez même que les puces passent l’hiver sous forme d’œufs, de larves ou de pupes… dans votre appartement. Seul bémol à cette offre de qualité : elle n’est disponible qu’en allemand…

Tout sur les maladies parasitaires chez les chiens et les chats: www.esccap.ch
Et évidemment notre site incontournable pour bien prendre soin de votre animal www.monanimaljenprendssoin.ch

Rage en Italie du Nord : les efforts du lutte entrepris là-bas protègent la Suisse

Souvenez-vous : il y a une année de cela, nous relations de la situation préoccupante de la rage dans le Nord de l’Italie. En deux ans, les cas de rage s’étaient multipliés gagnant de nouveaux territoires pour s’approcher à quelque 100 km de la Suisse. Les autorités sanitaires italiennes avaient alors réagi et entrepris une vaste campagne de vaccination. De nombreux échanges ont eu lieu depuis avec nos collègues italiens – le dernier en date à la fin février. Une bonne occasion de faire le point sur la situation.

Grâce aux efforts accomplis, la situation en Italie du Nord s’est nettement améliorée : les cas de rage annoncés au deuxième semestre 2010 sont en net recul – même si de nouveaux cas continuent d’être annoncés. Les régions touchées par la rage restent les mêmes – la province de Belluno est la plus touchée – mais la maladie ne s’est pas rapprochée de la Suisse.

Cette situation favorable est due aux efforts impressionnants fournis par les autorités sanitaires italiennes. En 2010, 4 campagnes de vaccinations ont été conduites, avec à chaque fois près de 650'000 appâts lâchés sur une surface de plus de 32'000 km2. En été, des appâts ont même été lâchés par hélicoptère jusqu’à plus de 2'300 mètres d’altitude.

Le programme de surveillance mis en place sur la population des renards semble montrer que ces campagnes sont efficaces. Les renards chassés ou retrouvés morts sont analysés. et les analyses montrent que 40 à 70% des animaux ont ingéré le vaccin et qu’ils sont donc protégés. protégés contre la rage. A côté de ces campagnes de vaccination des animaux sauvages, on protège aussi les humains en faisant vacciner de manière obligatoire tous les chiens ainsi que certains animaux de rente.

Les campagnes de vaccination continueront en 2011 et 2012 au moins – la vaccination pourrait même continuer au-delà de 2012 puisque les standards internationaux conseillent d’arrêter la vaccination seulement après deux années sans annonce de cas.

Tout cela a un coût : une telle vaccination coûte par année plusieurs millions d’euros à l’Italie et à l’Union européenne qui finance une grande partie des coûts. Cela montre bien combien il est important de réagir très vite dès le début d’une menace épizootique en mettant en place des mesures drastiques dès le départ pour s’éviter peut-être une longue campagne de lutte.

Si la Suisse semble donc être protégée par les mesures prises en Italie, la rage est loin d’appartenir au passé sur le continent européen. La situation en Croatie reste instable – il faut donc continuer de suivre les choses de près. Et pour tous ceux qui voyagent avec leur compagnon à quatre pattes, reste l’indispensable recommandation : n’oubliez pas de protéger votre animal par un vaccin antirabique ! Plus d’infos sur www.animalenvoyage.ch .

L’UE veut une alternative à la castration des porcelets

Dès l’année prochaine, dans l’Union européenne, les porcelets européens ne devraient  plus être castrés sans anesthésie et en 2018 au plus tard la castration chirurgicale ne devrait plus être pratiquée. Ces mesures sont proposées par un groupe de travail composé de représentants de l’agriculture, de la filière carnée, du commerce, de la recherche et d’organisations sur la protection des animaux. Mandaté par la Commission européenne et la présidence belge, le groupe de travail a émis une Déclaration européenne sur les alternatives à la castration chirurgicale des porcs – une recommandation sans caractère obligatoire.

Les porcelets sont castrés pour deux raisons: pour enrayer les comportements agressifs ou sexuels indésirables et éviter le développement de l’odeur de verrat dans la viande. L’intervention est douloureuse pour les animaux, c’est pourquoi la recherche de solutions alternatives est importante pour le bien-être animal. Le groupe de travail a ainsi défini des mesures qui visent à terme l’abandon de la castration chirurgicale. Les alternatives existantes, comme la vaccination contre l’odeur de verrat ou l’engraissement des porcs mâles entiers, doivent être favorisées de manière ciblée.

Première étape proposée, dès 2012, la castration ne devrait se faire que sous anesthésie. Dans un deuxième temps, la castration chirurgicale devrait être abandonnée dès 2018. Pour cela, il faut notamment des méthodes reconnues de reconnaissance de l’odeur de verrat, des systèmes de production de porcs mâles entiers améliorés pour éviter la formation de l’odeur de verrat et une campagne d’information ciblée pour les paysans et les consommateurs.

Certains pays de l’UE ne pratiquent la castration que sous anesthésie aujourd’hui déjà, d’autres ont choisi la vaccination ou l’engraissement de porcs mâles entiers. La Commission souhaite une réglementation uniforme dans toute l’UE. La déclaration du groupe de travail est un premier pas dans ce sens.

En Suisse, la castration des porcelets doit se faire sous anesthésie depuis le 1er janvier 2010. L’intervention concerne près de 1.3 millions de porcelets chaque année. La plupart des producteurs porcins utilisent un gaz narcotique et un anti-douleur. Les méthodes les plus favorables au bien-être animal, comme la vaccination ou l’engraissement de porcs mâles entiers, ne sont employés que dans une production de niche. Mais à long terme, l’abandon de la castration chirurgicale devrait être un objectif en Suisse aussi – pour le bien-être animal.

Vous trouverez ici la liste des organisations qui ont signé la déclaration.

L’Allemagne lance un programme d’éradication de la BVD au niveau national

Dès le 1er janvier 2011, les veaux allemands sont marqués au moyen de marques auriculaires spéciales permettant non seulement le marquage individuel de l’animal, mais aussi la prise d’échantillons d’un petit morceau d’oreille. Cela vous rappelle quelque chose ? Eh oui ! L’Allemagne, comme la Suisse en 2008, entame dès cette année un programme d’éradication de la BVD au niveau national.

Si l’objectif poursuivi est le même, à savoir l’élimination des animaux infectés permanents ou animaux IP, la méthode diffère un peu. Ainsi, il n’y aura pas de phase préliminaire avec un test systématique de tout le cheptel bovin comme cela a été le cas en Suisse. Le programme allemand se concentre d’abord sur les veaux. Les veaux devront être testés dans les 6 mois qui suivent leur naissance. Si un veau est négatif, sa mère est également considérée comme négative. Si un veau est positif, il est éliminé. La mère du veau positif doit aussi être testée. Comme en Suisse, la prise d’échantillons peut se faire lors de la pose des marques auriculaires par le paysan qui envoie les échantillons au laboratoire. Elle peut aussi se faire par prélèvement sanguin.

Si le cheptel bovin allemand n’est pas testé d’une manière systématique et coordonnée, cela ne signifie pas que les animaux peuvent circuler librement. Des restrictions sur les mouvements d’animaux existent : dès le 1er janvier, seuls les animaux considérés comme négatifs peuvent être déplacés, que ce soit d’une exploitation à l’autre ou vers des foires et des expositions par exemple. Les bovins suisses remplissent ces conditions pour se rendre en Allemagne. Les mouvements d’animaux vers les abattoirs ou les exploitations d’engraissement sont par contre permis. Ces restrictions inciteront certainement les éleveurs à faire tester un maximum d’animaux.

Autre différence avec le programme suisse, l’Allemagne ne place pas les animaux portants sous séquestre en cas de détection d’un animal IP sur une exploitation. Cette mesure avait été choisie en Suisse pour garantir le contrôle sur les animaux afin de s’assurer que les veaux en gestation n’aient pas été infectés par l’animal IP.

La méthode choisie par l’Allemagne est moins intensive qu’en Suisse. Il faudra certainement plus de temps à l’Allemagne pour arriver à éradiquer la maladie. Mais cela reste une bonne nouvelle pour la Suisse. Cela montre que de plus en plus de pays européens essaient d’endiguer la BVD, à l’instar des pays scandinaves précurseurs en la matière.

Et en Suisse ? Le programme se porte bien. 0.1% des veaux nouveau-nés sont encore des animaux IP – contre 1.5% au début du programme. Il ne faut donc pas baisser la garde : respectez bien les séquestres, faites tester vos veaux et attendez les résultats avant de les déplacer.

Soirées d'informations sur l'enregistrement des chevaux: le passeport à l'écurie pose problème

Au début novembre, vétérinaires, fédérations d’élevage et autres acteurs de la filière équine ont été conviés pour des soirées d’informations sur l’enregistrement obligatoire des chevaux. L’objectif des ses séances était d’informer les acteurs de la filière équine pour qu’ils puissent ensuite eux-mêmes informer les propriétaires de chevaux et les éleveurs sur les nouvelles directives. Et que ce soit en Suisse allemande ou en Suisse romande, le constat a été le même : l’enregistrement obligatoire des chevaux est bien accepté et les questions portaient sur les détails de la mise en œuvre de ces mesures.

La question la plus fréquemment posée est celle aussi qui soulève le plus de résistance: pourquoi le passeport équin doit-il être déposé auprès du cheval ? Les propriétaires et aussi les gérants d’écurie ont exprimé avec insistance leurs réprobation face à cette mesure.

Or cette mesure se justifie : en cas d’épizootie, les informations importantes (qui est le propriétaire ? etc.) doivent être rapidement disponibles – sans engendrer de longues recherches à l’écurie. Ces informations ne sont pas enregistrées dans la puce électronique, mais figurent bien sur le passeport. Mais comme beaucoup de participants l’ont relevé : ces informations pourraient être disponibles sans pour autant devoir laisser le passeport à l’écurie. C’est une mesure qu’il faudra rediscuter si aucune solution satisfaisante n’est trouvée dans le cadre des dispositions actuelles.

Les autres questions abordées portaient sur les détails de la mise en œuvre : est-ce que le gérant d’écurie doit enregistrer les chevaux ? (non, c’est le propriétaire). Est-ce que les chevaux qui partent à l’estivage en France voisine doivent-ils être annoncés ? (oui, si c’est pour plus de 30 jours). Est-ce que le passeport doit être délivré en Suisse ? (oui, pour tous les chevaux nés en Suisse après le 1er janvier 2011). Bref, toutes ces questions ont montré aussi l’utilité de notre site www.agate.ch où toute la procédure y est décrite en détails. Elles ont montré aussi l’importance de ces soirées d’informations – les participants ont d’ailleurs déjà commencé à planifier des séances d’informations pour, à leur tour, transmettre l’information plus loin.

Les chercheurs souhaitent intensifier le dialogue sur l'expérimentation animale

"Research at a Crossroads?": tel est le titre évocateur de la conférence qui a réuni durant deux jours à Bâle des chercheurs de Suisse, d'Allemagne, de France et de Grande-Bretagne pour débattre des questions de fond suscitées par les tiraillements entre le progrès médical, d'une part, la protection des animaux, de l'autre. Ces questions se font encore plus pressantes à l'heure actuelle qu'il y a vingt ans. Les participants ont adopté à l'issue de la conférence une déclaration commune appelée "Déclaration de Bâle".

C'est l'adoption d'une nouvelle directive par l'UE en septembre dernier – la directive relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques – qui a servi de prétexte à l'organisation de cette conférence. Mais, plus généralement, la toile de fond de cette réunion est le malaise actuel de nombreux chercheurs qui ressentent de plus en plus durement les contraintes des nouvelles dispositions légales et les multiples formalités administratives qui leur sont imposées. De plus, telle a été du moins la tonalité plutôt pessimiste qui a dominé lors de la conférence, les chercheurs ont le sentiment que la méfiance du public prime sur la confiance à leur égard.

Il est vrai que les conclusions auxquelles aboutit l'étude effectuée par l'Institut de recherches gsf.bern à l'occasion de cette conférence ne concordent guère avec cette vision des choses. Selon cette étude, 60% des chercheurs estiment que la population rejette l'expérimentation animale; or l'étude montre que le degré d'acceptation de la recherche biomédicale est meilleure que ne le supposent les chercheurs: 58 pour cent des personnes interrogées se déclarent clairement favorables à l'expérimentation animale.

L'un des sujets principaux de la conférence a été la distinction, artificielle selon les chercheurs, entre la recherche fondamentale et la recherche appliquée. A plusieurs reprises, des intervenants ont souligné que ces deux formes de la recherche ne peuvent être vraiment distinguées l'une de l'autre, qu'elles doivent plutôt être vues en continuité l'une avec l'autre. Il y a une interpénétration entre la recherche sur les processus physiologiques fondamentaux, la compréhension des maladies et le développement des thérapies.

Le message délivré par les participants à l'issue de la conférence dans leur déclaration finale est sans ambiguïtés: le recours à l'expérimentation animale reste indispensable. Et, selon les chercheurs,  ce constat concerne tout aussi bien les recherches effectuées sur des primates et les modèles d'animaux génétiquement modifiés. Ces expériences sont indispensables pour développer nos connaissances sur des maladies complexes, comme la démence ou le cancer, mais aussi pour développer de nouveaux vaccins contre des maladies infectieuses, tels le SIDA, la malaria et l'hépatite C. D'un autre côté, la même déclaration contient une ferme profession de foi des chercheurs qui confirment leur volonté de respecter et de protéger les animaux qui leur sont confiés et de se conformer aux exigences les plus strictes dans la conception de leurs expériences et la manière de détenir les animaux concernés. Par ailleurs les scientifiques s'engagent à plus de transparence et d'initiative dans la communication sur l'expérimentation animale. La Déclaration de Bâle peut être consultée sur le site de la fondation Recherche pour la vie.

Le Conseil fédéral entend lui aussi améliorer l'information en matière d'expérimentation animale. Il a fait une proposition dans ce sens dans une modification de la loi sur la protection des animaux mise en consultation cet été. Ce point devrait être débattu dans les Chambres en 2011.

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