Office vétérinaire fédéral OVF

-»La présente édition est conçue pour les navigateurs sans soutien CSS suffisant et s'adresse en priorité aux malvoyants. Tous les contenus peuvent également être visualisés à l'aide de navigateurs plus anciens. Pour une meilleure visualisation graphique, il est toutefois recommandé d'utiliser un navigateur plus moderne comme Mozilla 1,4 ou Internet Explorer 6.

Début sélection langue

Un été avec fleurette – fleurette à l’alpage

Fleurette a maintenant 8 mois et paît sur le Vorholzallmend dans la vallée de la Simme, seconde zone de pâturages communaux de Suisse par la taille. Des animaux appartenant à plusieurs exploitations y passent l’été, dont un certain nombre de vaches gestantes provenant d’exploitations où la diarrhée virale bovine (BVD) a sévi. En cas de contact avec un animal prématuré, voire avec un avorton, Fleurette – chez qui la recherche d’anticorps anti-BVD, effectuée il y a cinq semaines, s’est révélée négative – pourrait être infectée par le virus de la BVD. 

Fleurette, 8 mois, passe l’été sur les pâturages du Vorholzallmend.


Avec ses 9000 hectares, le Vorholzallmend, dans l’arrière-vallée de la Simme, est la seconde zone de pâturages communaux de Suisse. Il est administré et exploité depuis environ 700 ans par une collectivité de droit publique.

Le Vorholzallmend, dans l’arrière-vallée de la Simme, lieu d’estive de Fleurette, s’étend sur 900 hectares et accueille des animaux provenant de 27 exploitations.


Des animaux provenant de 27 exploitations y passent l’été. Parmi eux se trouvent des vaches gestantes dont l’exploitation d’origine comptait des veaux infectés permanents (IP), nés au printemps, qui excréteront le virus durant toute leur vie, risquant de contaminer tous les bovins avec lesquels ils se trouveront en contact. Les mères de ces animaux IP ont passé l’été précédent sur le Vorholzallmend, où elles ont probablement contracté le virus entre le 2e et le 4e mois de gestation. On a constaté ces dernières années que les infections contractées durant l’estivage étaient à l’origine d’un nombre considérable de cas d’IP. L’estivage constitue donc un point délicat dans l’éradication de la BVD.

L’exploitation d’origine de Fleurette, à Mettmenegg, n’a encore jamais été touchée par la BVD et, en juin, l’analyse du sang de Fleurette n’a pas permis de détecter la présence d’anticorps. Si Fleurette présentait des anticorps à l’automne, cela signifierait qu’elle a été en contact avec le virus de la BVD pendant l’estivage. Cette réaction est appelée séroconversion. Une vache provenant d’une exploitation ayant été touchée par la BVD peut porter un veau IP. En cas de mise bas prématurée, voire d’avortement à l’alpage, le veau ou l’avorton excréterait une quantité massive de virus, et Fleurette pourrait être infectée. Pour cette raison, les exploitants et exploitantes d’alpages contrôlent régulièrement les animaux dont ils ont la charge. Toute vache qui présente des signes de mise bas prématurée est immédiatement séparée des autres animaux et ramenée dans la vallée. En outre, une clôture en fil barbelé protège Fleurette d’un contact trop étroit avec les animaux provenant d’autres exploitations.


Sur les pâturages d'été du Vorholzallmend, les troupeaux de bovins provenant de différentes exploitations dans la vallée sont séparés par des clôtures en fil barbelé.

 

Découvrez également sur cette page quels sont les efforts entrepris par les détenteurs d’animaux, les vétérinaires et les autorités pour éradiquer totalement la BVD de Suisse, et prenez des nouvelles de Fleurette.

Vous trouverez des informations supplémentaires sur le site www.stopbvd.ch

Nouvelles dispositions vétérinaires à compter de juillet 2011

De nouvelles dispositions légales relatives au domaine vétérinaire sont entrées en vigueur au début du mois de juillet 2011, notamment avec la révision de l’ordonnance concernant l’élimination des sous-produits animaux (OESPA). Les principaux changements apportés à ce texte portent sur son champ d’application, sur l’interdiction de nourrir les porcs avec des restes de repas et sur les dispositions relatives aux usines ou installations d’élimination. Parallèlement, l’ordonnance sur les épizooties (OFE) a été adaptée. Par exemple, la fièvre du Nil occidental, déjà présente dans le sud de l’Europe, est désormais soumise à l’annonce obligatoire.

Le champ d’application de l’ordonnance concernant l’élimination des sous-produits animaux a été étendu au lait, aux œufs et au miel. Ainsi l’ordonnance révisée réglemente-t-elle par exemple l’utilisation du lait cru contenant des antibiotiques, comme cela peut arriver en cas de mammite soignée par antibiothérapie. Désormais, ce lait ne peut plus être utilisé que dans l’exploitation d’origine, soit pour abreuver les veaux, soit en le mélangeant au purin. Autrement, il doit être détruit.

Alimentation des porcs avec des restes de repas interdite
L’alimentation des porcs avec des restes de repas («soupe pour les cochons») est interdite dans tous les pays de l’UE depuis 2006. Aussi, afin de respecter les accords bilatéraux dans le domaine vétérinaire et pour ne pas porter atteinte aux débouchés des entreprises suisses à l’étranger, la Suisse a dû interdire à son tour cette pratique. Le délai de transition qui lui avait été accordé pour laisser le temps à la branche de s’organiser est arrivé à échéance le 30 juin 2011, et l’interdiction d’utiliser des restes de repas dans l’alimentation des porcs est désormais inscrite dans l’OESPA.


Durcissement des dispositions pour des installations d’élimination
Le durcissement des dispositions concerne également les usines et installations d’élimination. Quiconque élimine des sous-produits animaux doit en avertir l’office vétérinaire cantonal compétent. Les usines ou installations de production de biogaz et de compostage commercial qui valorisent des restes de repas et autres sous-produits animaux doivent demander une autorisation d’exploitation au vétérinaire cantonal. Les voies d’accès aux usines ou installations doivent être aménagées de manière à ce que la voie d’arrivée des sous-produits animaux à transformer et la voie de départ des produits transformés soient séparées. Toute installation d’élimination se trouvant sur le site d’une exploitation détenant des animaux doit être entièrement séparée des unités d’élevage, y compris en ce qui concerne les voies d’accès.

Fièvre du Nil occidental soumise à l'annonce obligatoire
Par ailleurs, le Conseil fédéral a adapté l’ordonnance sur les épizooties en fonction de l’évolution de la situation épizootique, des nouveaux risques et de l’état actuel des connais-sances scientifiques. La nouvelle ordonnance contient des dispositions relatives à la fièvre du Nil occidental, qui est une zoonose, c’est-à-dire une malade animale transmissible à l’Homme. Les oiseaux sauvages sont le principal réservoir du virus, qui se transmet aux autres animaux, notamment le cheval, ainsi qu’à l’Homme par des piqûres de moustiques. À l’heure actuelle, la fièvre du Nil touche surtout l’Europe méridionale. Mais certains des moustiques vecteurs du virus sont présents en Suisse. Il faut donc s’attendre à ce qu’un jour où l’autre, la maladie fasse son apparition chez nous.

Nouvelles formations – un écho favorable

Lorsqu’on a la responsabilité d’un animal, il est fondamental de connaître ses besoins. C’est pourquoi la nouvelle loi sur la protection des animaux prévoit de nouvelles formations. La formation des détenteurs d’animaux profite directement au bien-être de l’animal. Les chiffres fournis par les centres de formation permettent de se faire une idée de l’écho rencontré par les nouvelles offres de formation. Ainsi, en 2009 et 2010, les détenteurs à avoir suivi un cours pratique pour l’obtention de l’attestation de compétences pratiques ont été près de 35 000. Dans le même temps, 20 000 personnes ont suivi un cours théorique.

Mieux on connaît les besoins de son animal, plus on est à même de s’en occuper correctement. Pour cette raison, l’ordonnance sur la protection des animaux, entrée en vigueur en 2008, fait obligation aux détenteurs et gardiens d’animaux, lorsqu’il s’agit d’espèces exigeantes, de suivre une formation. La formation est également obligatoire pour toute détention à des fins commerciales. Il y a deux grands types de formations: les formations nécessaires à l’obtention de l’attestation de compétences (AC), qui s’adressent à tout le monde, et les formations spécifiques indépendantes de la profession (FSPI), plus poussées. Les exigences en matière de formation diffèrent selon l’objet. S’il s’agit simplement de détenir des alpagas à titre privé, l’AC suffit. En revanche la garde d’animaux durant un transport nécessite que l’on ait suivi une FSPI.

Hund Kurs

L’attestation de compétences (AC) pour détenteurs de chiens est un point central de la nouvelle législation. Les personnes qui n’ont encore jamais détenu de chien doivent suivre un cours théorique avant l’acquisition de l’animal et suivre ensuite un cours pratique en sa présence. Les personnes ayant déjà détenu un chien sont uniquement tenues au cours pratique. Durant ces formations, les détenteurs apprennent à connaître les besoins et le comportement de l’animal, et comment conserver la maîtrise de celui-ci dans différentes situations de la vie quotidienne. En 2010, près de 27 200 détenteurs de chiens ont réussi la partie pratique de l’AC, tandis que 14 600 attestations pour la partie théorique étaient délivrées. Cumulé avec l’année 2009, cela fait environ 35 000 personnes pour le volet pratique et 20 000 pour le volet théorique. Par ailleurs, 1 330 personnes ont suivi la FSIP pour formateurs canins, qui donne le droit de dispenser des cours pour l’obtention de l’AC.

Outre les cours pour détenteurs de chiens, d’autres formations sont également obligatoires depuis 2008, concernant notamment la détention d’animaux sauvages, l’élevage commercial, le transport d’animaux ou le personnel des abattoirs. Dans ces domaines aussi, les offres de formation se sont multipliées et ont rencontré un écho favorable.

Vous trouverez ici une vue d’ensemble des formations obligatoires. Pour plus d’informations sur la détention des animaux de rente et des animaux de compagnie, voir: www.monanimaljenprendssoin.ch

Le Service vétérinaire suisse fait un exercice de crise – Déroulement du jour 3 de l’exercice « NOSOS 2011 »

Pour ce troisième et dernier jour de l’exercice, les responsables ont imaginé le scénario du pire. Deux mois se sont écoulés depuis l’apparition du premier cas de fièvre aphteuse en Suisse. Des mesures ont certes été prises à tous les niveaux pour éviter une plus vaste propagation de l’épizootie. Le trafic des animaux a été interdit sur tout le territoire national, les animaux de toutes les exploitations touchées ont été éliminés, mais rien n’y fait : des cas de fièvre aphteuse continuent d’apparaître.

En dépit des énormes efforts de tous les milieux concernés, la crise n’a fait qu’empirer. La Cellule nationale de crise, les services vétérinaires cantonaux, les équipes d’intervention (fédérales ou cantonales) sur place, les scientifiques dans les laboratoires : tous se heurtent aux limites de leurs ressources. Les standardistes de la ligne d’urgence mise en place, qui est submergée d’appels, ne peuvent plus guère faire face et doivent composer avec les émotions – angoisse, inquiétude, énervement – de leurs interlocuteurs-trices. Il ne faut pas sous-estimer non plus les pressions politiques croissantes. Vu les lourdes conséquences économiques qu’elles entraînent, la stratégie de la Cellule nationale de crise et les mesures prises sont contestées et des voix s’élèvent pour réclamer des indemnités.

Mais il faut continuer à mettre en œuvre de manière conséquente les mesures de restriction décidées. Durant les jours 1 et 2 de l’exercice, des scénarios de crise ont été simulés sur des exploitations et à l’abattoir. Aujourd’hui, c’est une fromagerie du Seetal qui est visée par le scénario:

Peu après 8 heures, on apprend que du lait contaminé a été livré à la fromagerie. Le vétérinaire officiel se rend sur place et, se basant sur les questionnaires qui lui parviennent régulièrement par fax, examine les points critiques de la chaîne de production qui pourraient favoriser la dissémination du virus.

              

Le chauffeur du camion de lait qui collecte le lait des exploitations situées dans la zone de protection doit prendre des précautions maximales. Il doit revêtir pour chaque exploitation un nouveau vêtement de protection, le laisser sur place et veiller à son élimination. Ce ne sont pas moins de 90 vêtements de protection qu’il utiliserait par jour pour collecter le lait des exploitations qui livrent à la fromagerie du Seetal. Dans des situations critiques, il faut donc prévoir assez de vêtements de protection. A chaque fois qu’il quitte une exploitation, le chauffeur doit nettoyer et désinfecter le camion-citerne pourvu d’un filtre à virus. Cette situation suscite une interrogation: ne faudrait-il pas que les chauffeurs reçoivent une formation supplémentaire pour apprendre à collecter correctement le lait dans de telles situations?

A la fromagerie, le vétérinaire officiel et le fromager responsable retracent tous les mouvements de produits qui ont eu lieu les trois dernières semaines. Mais que se passe-t-il par exemple avec le petit-lait qui est livré chaque jour sans traitement particulier à des éleveurs pour leur bétail ? Un autre problème qui a été révélé grâce à la simulation concrète effectuée dans la fromagerie et qui devra être clarifié.

Nous le savons bien : en réalité, le lait de cette fromagerie est irréprochable et aucun animal à onglons de Suisse n’a été atteint de fièvre aphteuse. Mais les exercices de ce genre contribuent à ce que la Suisse soit bien préparée si une telle crise devait survenir.

Le Service vétérinaire suisse fait un exercice de simulation de crise – Déroulement du jour 2 de l’exercice « NOSOS 2011 »

Deux mois se sont écoulés fictivement entre le jour 1 qui simulait les premiers moments de l’apparition de la fièvre aphteuse et le jour 2 qui simule un stade avancé de la propagation de l’épizootie en Suisse. Ce deuxième jour de l’exercice NOSOS 2011 sert essentiellement à la vérification des ressources. Au-delà d’une recrudescence des notifications de cas suspects et de cas confirmés par les différents cantons, on constate qu’à présent des abattoirs sont touchés également.

Depuis le premier cas de fièvre aphteuse deux mois se sont écoulés. La cellule de crise se réunit dès le matin pour faire le point. Pendant ce temps, l’employé d’un abattoir constate lors d’un contrôle de routine que des porcs livrés à l’abattoir boitent et présentent des vésicules aux onglons. Conscients de la situation épizootique qui prévaut dans notre pays, il informe immédiatement le service vétérinaire cantonal. Le vétérinaire officiel se rend sur place et déclare le cas suspect. Bientôt le diagnostic de fièvre aphteuse est confirmé.


              

Aussitôt, des mesures urgentes sont prises pour éviter toute dissémination du virus hors de l’abattoir : le service vétérinaire établit un périmètre de sécurité autour de l’établissement touché. Parallèlement des enquêtes épidémiologiques sont entreprises. D’où viennent les animaux malades ? Le même transporteur s’est-il rendu dans d’autres exploitations, y a-t-il chargé des animaux ? Où se rend le transporteur après avoir déchargé les animaux ? En répondant à ces questions, on pourra identifier le foyer épizootique et soumettre l’exploitation touchée aux mesures d’interdiction qui s’imposent.

              

A l’abattoir, les carcasses d’animaux déjà abattus sont isolées et mises sous séquestre en attendant que les résultats des enquêtes soient connus. L’abattoir est entièrement nettoyé et désinfecté conformément au plan d’urgence. Le site est déclaré zone interdite et décontaminé, de même que les le personnel qui souhaite le quitter et les véhicules qui doivent en repartir. Le vétérinaire officiel fait le point de la situation devant les médias. En principe, les travaux de nettoyage et les enquêtes sont achevés dans les 24 heures ; l’exploitation de l’abattoir peut alors reprendre normalement.

Exercice de simulation d’une épizootie NOSOS 2011 – un coup d’œil à la Cellule nationale de crise

Le Service vétérinaire suisse teste sa capacité à lutter contre un foyer de fièvre aphteuse très étendu en Suisse. La Cellule nationale de crise (CNC) de la Confédération est le poste de commandement central chargé de coordonner au mieux le travail des participants à l’exercice, les mesures et l’information. Jetons un coup d’œil dans les coulisses.

Les annonces en provenance des cantons affluent à la Cellule nationale de crise. Elles fournissent des informations sur les exploitations et le nombre d’animaux à onglons (bovins, porcs, moutons, chèvres) touchés par la fièvre aphteuse. Dans certains cas, il ne s’agit pour l’instant que d’une suspicion et, dans d’autres cas, l’information du canton a été confirmée par des analyses de laboratoire.

Ces annonces sont des données brutes qui permettent de décider de placer des exploitations sous séquestre, de délimiter des zones de protection et de surveillance ou de déclarer des régions entières, voire des cantons, zones touchées par l’épizootie. Des cartes d’ensemble et des cartes détaillées élaborées avec des programmes informatiques spéciaux sont établies pour illustrer la situation. Elles sont actualisées au fur et à mesure de l’évolution de la situation.

              

Des experts se réunissent plusieurs fois par jour pour évaluer la situation et définir les mesures de lutte. Ils peuvent décider une interdiction régionale, voire nationale, de déplacer des animaux et la destruction du lait produit dans la région touchée. Il s’agit de mesures très lourdes de conséquences, mais néanmoins nécessaires, car les virus de la fièvre aphteuse peuvent se propager très rapidement et sont hautement contagieux pour les animaux à onglons. Ces virus ne sont pas dangereux pour l’être humain.

Ces mesures sont appliquées par les cantons, les communes et les exploitations. Dans les cas extrêmes, la Confédération, via la CNC, peut demander l’aide de l‘armée.

La CNC joue un rôle important également dans la communication. Elle informe, d’une part, les cantons de manière rapide et uniforme, puisque ces derniers sont chargés d’appliquer les mesures décidées. Elle crée, à cette fin, des pages internet spéciales ou utilise la présentation électronique de la situation (PES) de la Centrale nationale d’alarme (CENAL).

La CNC informe, d’autre part, les médias plusieurs fois par jour, au moyen de conférences et de communiqués de presse et répond à leurs nombreuses questions. Elle ouvre des lignes téléphoniques spéciales pour répondre de manière aussi objective que possible aux questions, pertinentes ou non, posées par les citoyennes et citoyens inquiets.

La CNC est activée non seulement en cas de fièvre aphteuse, mais aussi lors de l’apparition des autres épizooties classées dans la catégorie « hautement contagieuses ».

Daniel Marthaler

 

Le Service vétérinaire suisse fait un exercice de simulation de crise – Déroulement du jour 1 de l’exercice « NOSOS 2011 »

Ce premier jour de l’exercice NOSOS simule les tout premiers moments de l’apparition d’une épizootie, l’objectif étant de tester la capacité des services vétérinaires à communiquer les cas suspects, à prendre les mesures urgentes, à prélever des échantillons et à poser un diagnostic, à mener des enquêtes épidémiologiques et à délimiter les zones de protection et de surveillance.

Un cas de suspicion est annoncé dans une exploitation située à proximité de Küssnacht. Le vétérinaire officiel se rend sur les lieux. Il prend dans la trousse de diagnostic posée dans sa voiture tout le matériel dont il a besoin. Les routes d’accès à l’exploitation sont barrées. Après avoir revêtu un vêtement de protection, il pénètre dans l’étable, examine les animaux, constate des symptômes caractéristiques de la fièvre aphteuse chez certains d’entre eux et confirme la suspicion par téléphone au service vétérinaire. Il prélève des échantillons de sang, les emballe comme il se doit, puis, après désinfection, les remet à un coursier. C’est en effet un coursier qui, dans une situation réelle, apporterait les échantillons à l’IVI.

Pendant ce temps, à quelques kilomètres de là, le Service de défense chimique uranais met en place une zone de protection autour d’une autre exploitation: un autre cas de suspicion, annoncé la veille, a été confirmé. Une trentaine d’hommes du Service de défense chimique bloque l’accès tout autour de l’exploitation et délimite le périmètre de sécurité ainsi que les points d’entrée et de sortie. L’accès est réservé aux personnes autorisées revêtues d’un vêtement de protection. Les médias, conviés sur place, reçoivent toutes les informations nécessaires. Un exercice d’évacuation des animaux est alors effectué, des animaux qui, dans une situation réelle, auraient été abattus. Le véhicule de transport des animaux ne peut quitter l’exploitation qu’en passant par un sas de désinfection, comme toutes les autres personnes ou objets transportés hors du périmètre de sécurité. L’étable est nettoyée et désinfectée.

Au début de l’après-midi, divers représentants officiels et la direction du Service de défense chimique uranais donnent une conférence de presse. Le « stand-still » est décrété : durant une période, fixée provisoirement à 72 heures, tout mouvement d’animaux et de marchandises est interdit et les mouvements de personnes sont strictement limités.

Tout cela est très passionnant, mais angoissant aussi: essayons d’imaginer un instant que ce scénario devienne réalité!

Un été avec Fleurette – L’estivage de Fleurette

A 7 mois, Fleurette n’a encore jamais connu la diarrhée virale bovine (BVD). Pendant l’estivage, les bovins entrent en contact avec des animaux provenant de différentes exploitations, ce qui augmente le risque d’infection par le virus de la BVD. En effet, bien que l’éradication de la BVD en Suisse soit en bonne voie depuis le début de la campagne en 2008, cette maladie n’a pas encore disparu. C’est la raison pour laquelle l’estivage 2011 sera placé sous étroite surveillance. Nous allons ainsi accompagner Fleurette pendant l’été à l’alpage, et faire état des efforts à fournir absolument pour que Fleurette et tous les autres bovins de Suisse ne soient pas contaminés par la BVD.

Fleurette est née le 8 novembre 2010 dans l’étable de Christian et Marianne Gertsch à Mettmenegg, dans l’arrière-vallée de la Simme. Fleurette appartient à la race Simmental/Fleckvieh et c’est un bel animal robuste, comme tous les bovins de son étable.

 

Blüemli
Fleurette, née le 8 novembre 2010 à Mettmenegg

 Peu de temps après sa naissance, Fleurette est soumise à un test de dépistage de la BVD. Ce test est important car bien que la BVD ait aujourd’hui disparu de beaucoup d’étables suisses, le combat contre une maladie infectieuse n’est gagné que lorsque les derniers vecteurs de la maladie ont été éradiqués.
Ainsi, parallèlement à l’apposition de la marque auriculaire jaune, Christian Gertsch prélève un échantillon de tissu sur Fleurette et l’envoie au laboratoire. Peu de temps après, Marianne Gertsch apprend par la banque de données sur le trafic des animaux que Fleurette n’a pas seulement l’air d’être en bonne santé, mais qu’elle l’est réellement. Fleurette est négative à la BVD, comme jusqu’ici tous les bovins de Mettmenegg.
Ce bon résultat est également à mettre au crédit de Christian et Marianne Gertsch. Ils sont toujours vigilants et surveillent chez leurs animaux l’apparition de symptômes qui pourraient être ceux de la BVD. Dès qu’ils constatent chez leurs animaux des diarrhées importantes, des problèmes de fertilité et des avortements, ou qu’un veau est chétif à la naissance, ils en parlent immédiatement au vétérinaire. Les Gertsch sont également attentifs aux mesures d’hygiène lors de la mise bas et n’achètent que des animaux présentant un résultat négatif au test de la BVD.

Besprechung
Christian Gertsch discute avec le vétérinaire Andreas Künzi des événements survenus dans l’étable.

En juin 2011, Fleurette, alors âgée de 7 mois, doit se rendre pour la première fois à l’alpage. Déjà dans les pâturages communaux de printemps, elle entre en contact avec des bovins issus d’autres exploitations. Parmi ces animaux, certaines femelles gestantes seront placées sous séquestre car leur exploitation d’origine a été contaminée par la BVD. C’est ainsi qu’augmente le risque que Fleurette soit infectée par la BVD, et l’estivage devient une période délicate pour l’éradication du virus.

 

Frühlingsallmed
Vue de Mettmenegg sur les pâturages communaux de printemps.

C’est pour cette raison que cette année, des tests supplémentaires seront effectués sur les grands alpages, qui accueillent beaucoup d’animaux de différentes exploitations. Une partie des jeunes animaux, âgés de 6 à 18 mois, seront testés avant et après l’estivage afin de détecter dans le sang la présence éventuelle d’anticorps anti-BVD. Fleurette en fait partie car elle n’a encore jamais été en contact avec la BVD et ne possède donc aucun anticorps contre le virus. Le vétérinaire Andreas Künzi effectue une prise de sang et une semaine plus tard, il est confirmé que Fleurette est négative!

 

Blutentnahme
Fleurette est soumise à une prise de sang afin de rechercher des anticorps anti-bvd.

Si Fleurette présentait des anticorps à l’automne, cela signifierait qu’elle a tout de même été en contact avec le virus de la BVD pendant l’estivage. Dans ce cas, toutes les femelles gestantes ayant également passé l'été sur cet alpage seront placées sous séquestre jusqu’à la mise bas, et les services vétérinaires essaieront de trouver la cause de la contamination.
Découvrez également sur cette page quels sont les efforts entrepris par les détenteurs d’animaux, les vétérinaires et les autorités pour éradiquer totalement la BVD de Suisse, et prenez des nouvelles de Fleurette.

Vous trouverez des informations supplémentaires sur le site www.stopbvd.ch.

 

 

«Une nouvelle procédure clé dans la détection précoce des épizooties»

Depuis quelques mois, en cas de suspicion d’une maladie hautement contagieuse, les vété-rinaires ont la possibilité d’effectuer un examen d’exclusion. Des échantillons peuvent ainsi être prélevés sans passer obligatoirement par les mesures de séquestre prévues par l’ordonnance sur les épizooties. Le premier à avoir eu recours à cette nouvelle procédure est Francesco Albanese, jeune vétérinaire officiel tessinois. Entretien:

Francesco Albanese

En mars dernier, vous avez prélevé des échantillons de sang sur deux porcs pour un dépistage de la fièvre aphteuse et de la maladie vésiculeuse du porc. Vous êtes ainsi le premier à utiliser la nouvelle technique de l’examen d’exclusion. Quelles raisons vous y ont poussé?
Je travaille comme contrôleur des viandes dans un abattoir. Lors du contrôle ante mortem des animaux, j’avais remarqué deux porcs qui présentaient des symptômes suspects lais-sant penser à une fièvre aphteuse: tous deux souffraient de boiterie, d’une inflammation du bourrelet coronaire, d’aphtes au niveau du groin et d’une salivation excessive. Cependant, aucun n’avait de la fièvre, ce qui est pourtant caractéristique de la fièvre aphteuse. Par mesure de sécurité, j’ai donc demandé un examen d’exclusion pour cette pathologie ainsi que pour la maladie vésiculeuse du porc.

Comment avez-vous entendu parler de cette nouvelle procédure?
Début mars, j’ai suivi une formation continue de vétérinaire officiel sur le thème du «rôle du vétérinaire officiel en cas de découverte d’un foyer de fièvre aphteuse». La possibilité d’un examen d’exclusion nous a été présentée à cette occasion.

Qu’auriez-vous fait si vous n’aviez pas eu cette possibilité?
J’aurais alors sûrement appelé le vétérinaire cantonal et c’est ce dernier qui aurait dû décider des mesures à prendre. L’annonce d’un vrai cas d’épizootie suspectée dans un abattoir aurait été lourde de conséquences. Il aurait fallu fermer l’établissement, ce qui aurait eu un impact économique considérable. C’est pour cette raison que nous apprécions tout particulièrement l’introduction de cette étape et que j’ai été ravi de pouvoir utiliser l’examen d’exclusion, car il ne nécessite pas de mise sous séquestre; d’autant que le cas suspecté de fièvre aphteuse n’a finalement pas été confirmé.

Comment avez-vous procédé?
Tout s’est déroulé pour le mieux. J’ai envoyé les prélèvements, je me suis entretenu par té-léphone avec l’Institut de virologie et d’immunoprophylaxie (IVI), puis les échantillons ont im-médiatement été examinés.

Pensez-vous que le recours à l’examen d’exclusion puisse contribuer à prévenir l’apparition d’épizooties en Suisse?
Absolument. Cette possibilité permet d’analyser beaucoup plus de cas douteux qu’avant. Les examens d’exclusion constituent un élément clé dans le dépistage précoce des épizooties. Cela nous permet également d’intervenir plus rapidement, ce qui est essentiel dans la lutte contre les maladies animales hautement contagieuses.

M. Albanese, nous vous remercions pour cet entretien.

Plus d'information sur la site-internet de l'OVF.

250 années de médecine vétérinaire: l’homme et la santé animale sont indissociables

Il y a 250 ans, le premier établissement de formation en médecine vétérinaire était fondé à Lyon (F). Pour célébrer cet anniversaire, l’OIE, Organisation Mondiale de la Santé Animale (anciennement «Of-fice international des Epizooties»), a décidé de déclarer 2011 année de la médecine vétérinaire. Dans le monde entier, de nombreuses manifestations sont donc organisées à cette occasion pour souligner l’importance de la médecine vétérinaire pour l’homme et pour l’animal. En Suisse, l’Office vétérinaire fédéral (OVF), la Société des vétérinaires suisses et la faculté Vetsuisse, qui regroupe les deux facultés de Berne et de Zurich, ont organisé une réception estivale.

JSA Vet
CF J. Schneider-Ammann

Dans son allocution de bienvenue, le conseiller fédéral Schneider-Ammann, lui-même fils de vétérinaire, a évoqué à plusieurs reprises les profonds liens personnels qui l’attachent à la médecine vétérinaire. Il a souligné l’importance que revêt toujours ce domaine à l’heure actuelle. Aujourd’hui encore, l’apparition d’une épizootie aurait des conséquences dévastatrices, non seulement pour l’agriculture, mais aussi pour l’économie entière du pays. Le Conseiller fédéral a également rappelé que la médecine vétérinaire suisse est un modèle de réussite, qui a permis d’éradiquer de façon ciblée nombre d’épizooties, grâce aux connaissances mobilisées et à l’engagement déployé. Afin de maintenir l’excellent statut de la Suisse en matière d’épizooties, l’Office vétérinaire fédéral a récemment élaboré la stratégie Santé animale en Suisse 2010+, qui mise fortement sur la prévention, mais aussi sur l’implication des détenteurs d’animaux dans la préservation de la santé de leurs cheptels. En effet, dans le domaine de la lutte contre les épizooties, l’intégration de toutes les parties prenantes est déterminante à tous les niveaux, de la prévoyance à la lutte en passant par le diagnostic. En Suisse, le partenariat est fondamental dans le domaine vétérinaire, que ce soit entre la Confédération et les cantons, ou entre le service vétérinaire et la faculté Vetsuisse. Seule une parfaite coordination des forces et des capacités disponibles peut permettre de lutter efficacement contre les épizooties ou, mieux encore, de les prévenir.

M Eloit
Dr. M. Eloit, OIE


Le Dr Monique Eloit, directrice générale suppléante de l’Organisation mondiale de la santé animale à Paris (OIE), s’est exprimée sur l’importance sociale du métier de vétérinaire et a montré à quel point, à notre époque, la science vétérinaire et le bien-être de nos sociétés sont liés. Ainsi, il faut savoir que plus d’un milliard de paysans pauvres survivent uniquement grâce à l’élevage d’animaux. Plus généralement, la santé humaine est tributaire de la santé animale, puisque de nombreuses pathologies, dites zoonoses, se transmettent de l’animal à l’homme et inversement. La sécurité alimentaire entretient elle aussi un rapport étroit avec la santé animale. Sans parler de l’influence cruciale des animaux sur le bien-être psychologique de l’homme: les animaux sont nos compagnons au quotidien, ils peu-vent nous protéger, nous sauver (chiens policiers, chiens de montagne, chiens de sauvetage, etc.), nous guider (chiens guides d’aveugles) ou tout simplement partager avec nous des moments de loisirs. Madame Eloit a souligné qu’aujourd’hui, le domaine vétérinaire n’est plus indépendant de la santé et vice versa. C’est la raison pour laquelle l’OIE  applique le «One Health Concept», qui comprend les contrôles tout au long de la filière alimentaire, la fourniture de soins médicaux de base à la population, la lutte contre les zoonoses, etc.

Althaus F 
Prof. Dr. F. Althaus

Le doyen de l’Université Vetsuisse, le Prof. Dr Felix Althaus, a montré au fil de sa réflexion sur la médecine vétérinaire en Suisse que l’université Vetsuisse de Berne-Zurich évolue également en tenant compte de toutes ces corrélations. La formation des futur(e)s vétérinaires s’adapte en effet à l’évolution des conditions-cadres qui régissent l’agriculture. Elle tient compte de la mondialisation des échanges commerciaux et partant, des risques de contamination par des agents pathogènes. La création d’Agrovet et d’un nouvel institut en santé publique vétérinaire (Veterinary Public Health Institute, VPHI) permettra de promouvoir la collaboration entre l’économie agricole et le secteur de la santé et d’exploiter les synergies. L’«AGROVET-STRICKHOF – Translational Research Center» a pour objectif de mettre en place un centre de compétences pour la recherche et l’enseignement dans le domaine de la «production d’aliments sains avec des animaux sains et de la surveillance de toute la chaîne alimentaire» en collaboration avec l’université Vetsuisse, le département des sciences agronomiques et alimentaires de l’EPF de Zurich, la Haute Ecole pour les sciences appliquées de Zurich et l’Office de l’agriculture et de la nature du canton de Zurich. Quant aux activités du Veterinary Public Health Institute, elles comprennent la surveillance et la prévention des zoonoses et la lutte contre celles-ci, l’hygiène des denrées alimentaires ainsi que les différents aspects de la protection des animaux et les améliorations qu’elle induit.
Ici aussi, l’objectif est d’unir les forces des différents acteurs concernés pour protéger les animaux et renforcer le secteur agricole suisse en l’orientant vers l’avenir, mais aussi pour garantir la santé ani-male et partant, des aliments sûrs et sains d’origine animale, pour le bien-être de la population.  

Source photo: LID

Notes 11 - 20 / 123