Office vétérinaire fédéral OVF

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Projet de jumelage des services vétérinaires suisse et mongol

Premier voyage à Oulan Bator – 1er au 10 octobre 2012

De Susan Stierlin OVF

C’est dans le cadre du projet AHP (Animal Health Project) que je me suis rendue pour la première fois de ma vie en Mongolie.

Mais revenons un peu en arrière.

Ce projet de jumelage des services vétérinaires suisse et mongol, a débuté en avril 2012 et en mai déjà une délégation de Mongolie nous rendait visite en CH. Le but de cette visite était pour eux de découvrir comment fonctionne notre service vétérinaire (fédéral et cantonal), et comment est organisée notre stratégie animale. Pour moi ce premier contact a été l’occasion de rencontrer mes partenaires et de découvrir leur service vétérinaire et de l’élevage.

Le projet AHP est articulé en plusieurs volets et celui qui concerne l’OVF traite de la mise en place d’une législation vétérinaire mongole en accord avec les recommandations de l’OIE.

Suite à cette visite en CH, le plan d’action a été mis en place pour la fin de l’année 2012. Il a été décidé d’organiser en Mongolie un atelier traitant de la législation. Dans un souci de minimiser les déplacements pour les habitants de cet immense pays, cet atelier a pu être couplé avec un atelier sur la stratégie de lutte contre la fièvre aphteuse. Ces deux ateliers ont eu lieu dans la première semaine d’octobre. Mon voyage a duré du 1er au 10 octobre.

L’idée était de rassembler un maximum de partenaires différents, concernés par la mise en place et l’exécution de la législation vétérinaire. Cet atelier avait pour but de récolter les idées, propositions et suggestions de la part de tous les participants, qu’ils soient d’un Ministère ou d’une Province, qu’ils soient de la capitale ou de la campagne, qu’ils soient jeunes ou moins jeunes, hommes ou femmes.

Les groupes ont été formés et les thèmes proposés ont été discutés avec beaucoup d’engagement, dans une ambiance franche et emprunte de liberté d’expression. Chaque groupe a présenté les résultats des discussions. Ils ont été protocolé et font l’objet actuellement d’un travail d’écriture de la législation sous l’œil vigilant d’une avocate mongole.

Les personnes que j’ai rencontrées pendant ces quelques jours sont toutes très intéressées et concernées par le développement de leur pays. Leur motivation est grande.

 

Yourtes aux alentours d'Oulan Bator

Pour ce qui est de la capitale, Oulan Bator (ou Ulaanbaatar) est une ville qui a poussé très vite et qui continue de grandir. Elle me laisse perplexe pour plusieurs raisons. A côté de buildings très modernes dont certains sont vraiment de belles architectures, il y a des maisons délabrées et des yourtes où les conditions de vie contrastent fortement avec celles des appartements modernes. Les constructions, les places les parcs, tout est très grand, dimension XL. La ville semble s’arrêter net soudainement pour faire place à la nature. La transition est très abrupte. Le ciel est magnifiquement bleu, et la ville étouffe sous le smog à certaines heures.

Il n’en reste pas moins que cette première incursion dans cette partie du monde a été une belle expérience, entourée de gens motivés, dans une culture complètement différente et au sein d’un projet en plein avancement.

Les ateliers on suscité de vives discussions au sein des groupes

Interview de Bruno Mainini (OVF), président de l’assemblée annuelle de la Commission baleinière internationale (CBI) 2012

Vous venez d’assumer ad intérim la présidence de la session annuelle de la CBI – Commission baleinière internationale, quel bilan général tirez-vous de cette assemblée annuelle ?

Pour la Suisse, le bilan est très positif. Des décisions importantes ont été prises cette année contrairement aux quatre dernières années. Il a été décidé, par exemple, que les conférences se tiendraient à l’avenir non plus tous les ans mais tous les deux ans. Ce changement permettra non seulement de réduire les coûts mais aussi et surtout d’augmenter l’efficience de ces réunions. La commission a également décidé d’attribuer des quotas de capture de baleines pour les six prochaines années aux peuples indigènes d’Alaska, de Sibérie, de St. Vincent - petit Etat des Caraïbes - et aux Grenadines. Ce bilan globalement positif est un peu terni par la non-attribution d’un quota de capture au Groenland.

Pourquoi pensez-vous que la Suisse, pays sans littoral, a été sollicitée pour diriger les débats cette année ?

On est tenté de croire que la Suisse a été sollicitée parce qu’elle n’a pas d’intérêts directs dans la chasse à la baleine vu qu’elle n’a pas de littoral. En fait, depuis des années, la Suisse participe activement à la recherche de solutions, car elle est consciente d’avoir aussi une responsabilité dans cette question et elle entend l’assumer. Elle jouit de ce fait d’une grande crédibilité. Mais c’est aussi, dans une certaine mesure, un choix de personne: je défends la position de la Suisse déjà depuis quelques années et je suis connu de la plupart des participants. Cela facilite bien sûr les discussions.


Bruno Mainini (à gauche) avec Simon Brockington, secrétaire de laCBI

En quoi avez-vous pu contribuer en tant que président ?

Le président doit veiller surtout à ce que les sujets soient discutés de manière objective. Il doit aussi s’assurer que le public puisse être associé aux discussions sous la forme d’ONG, d’observateurs et de journalistes. Il doit veiller enfin à ce que les discussions soient menées à leur terme, si nécessaire au moyen d’un vote. Les décisions sont essentielles : elles permettent de savoir si les travaux peuvent être poursuivis et, si oui, dans quelle direction.

En tant que président de la CBI, comment percevez-vous le travail et surtout l’importance des différentes ONG ?

Je pense que le travail des ONG est très important. Quantité de pays et de régions n’ont souvent pas les moyens ou pas la volonté de mieux protéger la nature. Dans ces cas là, les ONG jouent un rôle important : elles attirent l’attention du public sur les omissions et participent souvent financièrement à la résolution des problèmes.
Ce travail important n’est pas fait à la conférence. Les sujets qui sont traités à la conférence sont discutés avant la session au niveau national. A la conférence, on met la dernière main aux propositions, souvent au sein de petits groupes de travail sans la participation des ONG. Leur influence est donc très faible durant la conférence.
Mais il est important pour les ONG de participer à ces conférences : cela leur permet de présenter le travail accompli durant l’année et ces présentations peuvent avoir une influence sur les décisions futures. Quand on parle d’ONG, on pense avant tout à celles - la majorité – actives dans la protection de la nature. Mais il en existe d’autres qui s’engagent en faveur de l’exploitation des ressources naturelles. Toutes les ONG ont un rôle important : même celles qui soutiennent l’utilisation des ressources naturelles défendent des intérêts que nous devons respecter.

Chaque année entre 100’000 et 300’000 cétacés meurent de causes indirectes liées aux activités de l’homme : pêche intensive, pollution, collision avec des bateaux. Moins de 2’000 baleines sont tuées dans le cadre de la chasse scientifique et la chasse pratiquée par certains populations indigènes pour leur propre alimentation. Est-ce que la CBI traite également des « vrais » problèmes?

Selon les termes de la convention, la CBI ne peut prendre des décisions applicables à la chasse scientifique à la baleine, ni agir contre un pays qui a déposé une réserve contre une de ses décisions, à l’exemple de l’Islande ou de la Norvège qui se sont opposées à l’interdiction de la chasse commerciale à la baleine (moratoire). En fait les décisions de la CBI ont un effet sur le sort de seulement 400 baleines de grande taille par année sur les 2’000 baleines capturées en moyenne ces dernières années.
Mais par l’intermédiaire de son comité scientifique, la CBI a lancé de nombreux travaux de recherche ces dernières années : sur la pollution des mers, sur les prises accessoires de baleines, sur les collisions de baleines avec des navires, etc. Les résultats de ces travaux de recherche sont importants pour mieux protéger les nombreuses espèces de baleines, dont les dauphins. Durant les conférences, quelques Etats membres informent l’assemblée sur les mesures qu’ils ont prises au niveau national pour protéger les baleines et qui pourront ensuite être reprises par d’autres pays.
Malgré ces efforts, le problème majeur demeure les prises accessoires, une question à discuter principalement dans les organisations de défense de la chasse à la baleine.

Jumelage des services vétérinaires suisse et mongol

La Mongolie est 37 fois plus grande, mais trois fois moins peuplée que la Suisse. Sur les immenses étendues de terres mongoles pâturent près de 30 à 40 millions d’animaux de rente: moutons, chèvres, bovins, chevaux, ainsi que des chameaux et des yacks. L’élevage du bétail est une grande tradition dans ce pays et continue d’être le moyen de subsistance de près d’un quart de la population. L’utilisation excessive des pâturages et l’impact sur la santé des troupeaux menacent ces moyens de subsistance.

Une condition pour améliorer la situation est de créer un service vétérinaire moderne et qui fonctionne. Dans le cadre des «Animal Health Projects (AHP)» (2012 – 2015), qui sont financés en grande partie par la Suisse, l’OVF collabore étroitement avec les autorités vétérinaires mongoles pour renforcer leur service vétérinaire au niveau national, régional et local. Au début du mois de juin 2012, une délégation mongole a passé quelques jours à l’OVF pour lancer ce nouveau projet élaboré en commun.

Le service vétérinaire suisse comme modèle

«Héritage de l’organisation socialiste de jadis, le Service vétérinaire mongol a toujours des structures très centralisées», souligne le Dr Batsukh Zayat, chef du service vétérinaire public de Mongolie. «C’est pourquoi nous sommes très intéressés au modèle de la Suisse, avec sa répartition des tâches très nette entre la Confédération et les cantons».
Comme tout projet de jumelage («twinning»), qui a pour but de mettre en place une collaboration en partenariat au-delà des frontières nationales et culturelles, les spécialistes mongols ont été intégrés très tôt aux travaux de préparation du projet. C’est déjà une différence très positive par rapport aux projets antérieurs, estime B. Zayat.

 


Outre une collaboration à l’échelon des autorités, l’OVF met également à disposition la coordinatrice du projet au niveau suisse en la personne de Susan Stierlin, une vétérinaire expérimentée qui sera active aussi bien en Suisse qu’en Mongolie, où elle effectuera de brefs séjours. Pour elle, il est intéressant de collaborer à ce projet pour plusieurs raisons: «Ce projet a des objectifs clairement définis, il est réalisable et il contribuera à améliorer le quotidien de la population, en particulier celui des éleveurs de bovins. La Mongolie est un pays à fortes traditions. Des projets tels que les AHP doivent permettre également à la Mongolie d’adapter ses structures pour travailler de manière conforme aux normes internationales. Les participants sont très motivés et recherchent la collaboration. Les expériences communes seront un enrichissement pour tous».

Autres objectifs

L’amélioration des structures du service vétérinaire est l’un des objectifs. Un deuxième objectif est que ces améliorations permettent d’obtenir des effets positifs mesurables. Il faut ainsi que la lutte contre la brucellose, qui menace l’animal et l’homme et qui constitue un problème important en Mongolie, devienne notablement plus efficace. Dans la partie occidentale du pays, il faut déployer des efforts pour obtenir le statut «indemne de fièvre aphteuse FA» reconnu au niveau international. L’absence de FA est une condition pour pouvoir commercialiser de la viande au niveau international et améliorer ainsi la valeur ajoutée de la détention d’animaux de rente. La Mongolie souhaite en premier lieu exporter de la viande bio de haute valeur vers l’Asie (Corée, Japon), vers le Moyen-Orient et plus tard, également vers l’Europe.

Un troisième objectif des AHP est d’optimiser la formation de base et la formation qualifiante des vétérinaires mongols, que ce soit en soutenant les enseignants sur place ou par des ateliers ou des voyages d’études en Suisse. Et pour les étudiants ou praticiens suisses, il est certainement précieux et enrichissant de connaître personnellement le service vétérinaire mongol et d’avoir affaire à des maladies qu’on ne rencontre pratiquement plus chez nous. Initiatives qui ne sont certes pas prévues dans les AHP, mais qui peuvent être facilement réalisées grâce aux relations qui se sont nouées.

Les AHP sont une forme plutôt nouvelle de collaboration, axée sur le moyen et le long terme. Le lancement de ce nouveau projet a eu lieu au début du mois de juin. On attend les résultats avec grand intérêt !

Respectons nos animaux - Que dit la loi?

L'avertissement «Respectons nos animaux» peut et doit présenter plusieurs niveaux d’interprétation. Il peut prescrire un comportement respectueux vis-à-vis des animaux de toutes les espèces mais aussi de l’Animal en général. En fonction de l’injonction «Respectons nos chiens» ou «Respectons nos bovins», les questions abordées seront différentes. Mais toutes seront toujours passionnantes.

Respectons nos animaux! L’OVF lance à l’occasion de cette campagne une série d’interventions de personnes faisant autorité dans leur domaine, à l’instar du nouveau professeur en protection des animaux Hanno Würbel, du président de l'Union suisse des paysans Hansjörg Walter, d’Eva Waiblinger de la société Protection suisse des animaux PSA ou d’Olivier Pagan directeur du Zoo de Bâle.

Heinrich Binder, responsable Protection des animaux à l’OVF, sera le premier à apporter une contribution sur le sujet. Le rapport à l'animal a évolué dans notre société.  La législation sur la protection des animaux en vigueur reflète cette évolution. Aujourd’hui, c’est le bien-être de l’animal qui est au premier plan. Heinrich Binder s’exprime sur ce nouveau rapport à l’animal et sur son nouveau statut juridique. Son point de vue sur monanimaljenprendssoin.ch

Respectons nos animaux !

Les Suisses aiment les animaux. En témoignent les statistiques sur les animaux de compagnie: dans un foyer sur trois, on entend des miaulements, des aboiements ou des gazouillis. Notre pays, qui compte 1,3 million de chats et 0,5 million de chiens, montre une affection particulière pour ces deux espèces. L’amour des Suisses pour les bêtes s’exprime quotidiennement et… financièrement. Chaque année, plus de 800 millions de francs sont en effet consacrés aux seuls accessoires et aliments de nos amies les bêtes.

Nous avons cependant parfois tendance à aimer maladroitement nos compagnons à quatre pattes, en humanisant trop nos rapports avec eux. Il faut donc s’interroger sérieusement sur notre relation avec les rongeurs, les oiseaux ou tous les autres mammifères: les ménageons-nous assez? Les respectons-nous suffisamment? En d’autres termes, les respectons-nous en tant qu’ANIMAUX et les percevons-nous réellement en tant que tels? À savoir des êtres vivants qui ont des besoins spécifiques dont il faut tenir compte. Sommes-nous conscients du fait que le chien qui dort au pied du canapé descend du loup et que le serpent qui vit dans notre terrarium est un animal sauvage? Et surtout: sommes-nous conscients de la responsabilité que représente la détention, à vie, d’un animal? L’OVF se plonge au cœur même de ces questions: Respectons nos animaux!

Participez à la discussion!

Respectons nos animaux! Quelles réflexions cet avertissement suscite-t-il chez vous? Selon vous, à quel niveau les hommes ne font-ils pas suffisamment preuve d’attention ou de prudence? Vous-même, êtes-vous un propriétaire d’animal heureux ou plutôt un sceptique qui s’interroge sur l’amour excessif que l’on peut vouer aux animaux? Quelles observations et quelles expériences avez-vous faites dans ce domaine? Votre avis nous intéresse. Peu importe s’il s’agit d’un exemple concret issu du quotidien ou d’une réflexion de fond sur la morale et l’éthique, discutez-en!

Forum - Respectons nos animaux

Botulisme chronique – un tableau clinique controversé

Le botulisme est causé par une toxine (toxine botulique) produite par la bactérie Clostridium botulinum. Les spores produites par cette bactérie sont très résistantes à la chaleur et peuvent survivre dans le sol de nombreuses années. La forme « classique » du botulisme est connue depuis des siècles sous le nom d’intoxication alimentaire par du boudin ou des conserves.

L’intoxication botulique survient le plus souvent par ingestion d’une denrée alimentaire avariée mais aussi par l’infection d’une plaie par la bactérie responsable. La toxine botulique cause des paralysies des muscles à l’issue souvent fatale. C’est l’une des toxines les plus puissantes connues: moins d’un millionième de gramme suffit pour tuer un être humain de 70 kg.

La bactérie Clostridium botulinum est ubiquitaire

Le sol, l’eau, les légumes et les viscères de mammifères et d’oiseaux constituent des réservoirs d’infection. Les légumes sont contaminés directement par le sol, les denrées alimentaires d’origine animale, par les spores présentes dans l’environnement. La bactérie Clostridium botulinum est quasiment ubiquitaire et est décelée parfois aussi dans le tractus gastro-intestinal des bovins en bonne santé. Mais les cas de botulisme sont relativement rares.

Des cas sporadiques apparaissent depuis longtemps chez les bovins, les porcs et les chevaux. La reproduction de la bactérie et la formation de toxines notamment sont liées à certaines conditions du milieu (flore synergiste, oxygène, température, etc.). Lorsque des souris ou des chats meurent dans du foin par exemple, les clostridies se reproduisent dans le cadavre de ces animaux et produisent la toxine botulique tant redoutée. Cette toxine paralyse les nerfs moteurs et donc la musculature. Si la paralysie s‘observe dans un premier temps au niveau de la langue, elle peut s’étendre aux muscles du système respiratoire et devenir fatale. La prévention du botulisme est une question d’hygiène: les aliments pour animaux doivent être produits dans de bonnes conditions d’hygiène, le fumier de ferme et l’ensilage ne doivent pas contenir de cadavres d’animaux. Les surfaces herbagères doivent être fauchées de l’intérieur vers l’extérieur afin de chasser les animaux qu’elles pourraient abriter. Les étables, les prés, les abreuvoirs et les entrepôts d’aliments pour animaux devraient être contrôlés et ne pas contenir de cadavres d’animaux. Les rats et les souris doivent être combattus de manière professionnelle (poison et pièges). Il faudrait éviter d’épandre du fumier ou des déjections de volaille dans les prés.

Botulisme chronique - une nouvelle « épizootie »?

Depuis quelques années, on observe en Allemagne à côté de la forme connue, aiguë et souvent mortelle, une forme chronique de la maladie chez les bovins. On suppose que les cas d‘intoxications et de paralysies y sont en augmentation depuis des années. Régulièrement, des articles de presse relatent des cas d’une épizootie énigmatique ou ignorée. Selon certains de ces comptes-rendus, il y aurait des centaines, voire des milliers d’élevages bovins touchés dans le nord de l’Allemagne et pas seulement les bovins mais aussi les éleveurs souffriraient depuis des mois de paralysies d’origine inconnue. On n’a pas pu déterminer à ce jour s’il s’agit vraiment d’une seule et même maladie ou d’une maladie nouvelle qui pourrait avoir un lien avec le botulisme. 

Bombe à retardement?

Le botulisme est une affection causée par un poison, la toxine botulique, produit par les bactéries de l’espèce Clostridium botulinum et ingéré en consommant des denrées alimentaires contaminées. La forme viscérale du botulisme est supposée être due à la colonisation du tractus gastro-intestinal par Clostridium botulinum et par la toxine botulique produite par cet agent pathogène. Le botulisme n’est pas transmissible d’un être humain à un autre, ni d’un animal à un autre, ni d’un animal à un être humain, contrairement aux maladies bactériennes ou virales. La maladie se transmet par la consommation de la même denrée alimentaire contaminée ou par contact avec la source de contamination. On ne connaît pas, à ce jour, de cas d’intoxications dues à la consommation de viande fraîche propre à la consommation.

Quelles que soient les informations véhiculées par les médias, nul ne conteste qu’il faille  avoir l’œil et poursuivre la recherche sur cette maladie. Jusqu’à aujourd’hui, on n’a pas observé en Suisse chez les animaux de rente de cas comparables à ceux constatés en Allemagne. L’Office vétérinaire fédéral OVF suit toutefois la situation de près, afin que la maladie ne s’introduise pas furtivement en Suisse.

Concours « la plus belle histoire » – Les vainqueurs

L’histoire d’un louveteau tombé dans un piège à ours et secouru par un humain compatissant est celle qui remporte le concours pour enfants organisé par l’OVF et plus précisément par son équipe de  « Pas si bête ». C’est Moritz Stocker âgé de 15 ans de Schaffhouse que remporte le 1er prix du concours pour son histoire à la fois touchante et émouvante. Il peut d’ores et déjà se réjouir d’une promenade nocturne du zoo de Zürich avec toute sa famille.

Les histoires reçues sont passionnantes, drôles, tristes, surprenantes et variées. Elles ont pour héros des lions, des tigres, des chats, des lapins, des dauphins, des zèbres, des chouettes, des vaches, des aigles et de grands fourmiliers. Les 70 histoires reçues dans le cadre du concours pour enfants « La plus belle histoire » sont aussi différentes que les enfants qui les ont écrites. Si 5 histoires ont été écrites par des enfants romands, la majorité des récits provenait de la Suisse alémanique. L’éventail des sujets allait du quotidien d’un chien aux aventures de créatures de fable en passant par des rêves d’animaux de zoo. Les thèmes qui reviennent dans de nombreuses histoires sont l’amitié entre animaux et l’aide qu’ils s’apportent, comme cette histoire sur la solidarité entre un cheval, un écureuil et une oie. Les relations entre les jeunes animaux, leurs parents et leurs frères et sœurs sont un autre sujet qui revient fréquemment dans ces histoires. Sans parler du nombre étonnamment élevé d’animaux qui adorent les glaces, et peu importe qu’il s’agisse d’un lion ou d’un kangourou.

 

Le jury n’a pas eu la tâche facile pour choisir la meilleure de ces histoires. Chacune a convaincu d’une façon ou d’une autre. Certaines étaient particulièrement imaginatives ou drôles, d’autres indiquaient à quel point les enfants apprécient les animaux et d’autres, enfin, étaient impressionnantes par les dessins illustrant le récit.

Les autres gagnants du concours sont:

2e prix – une planche à roulettes pour
Maren Sauer (11ans) de Rüschlikon pour son histoire « Un cochon qui cherche son nom ».

Les 3e, 4e et 5e prix – deux livres sur les animaux: « Encyclopédie des animaux» » et « Quiz des animaux » vont à
Ileana Creutz (8 ans) de Genève pour « La petite fille qui rêvait d’un animal »
Leandra Plüss
(12 ans) de Zurich pour son histoire «Evasion du Zoo»
Janic Sese
(8 ans) de Zollikofen pour son histoire « Power Deif »

Félicitations aux gagnantes et gagnants et un grand merci d’avoir participé au concours et écrit de si belles histoires.

Les meilleures histoires peuvent être lues sur le site internet passibete.ch – le site malin pour les enfants de 8 à 12 ans qui savent prendre soin de leurs compagnons à pattes. Le concours a été organisé par les rédacteurs du site passibete.ch en collaboration avec ceux de Krax, le projet pour enfants et adolescents de la Protection Suisse des Animaux. 

Un été avec Fleurette - Fleurette est revenue en bonne santé de l’alpage

Fleurette est de retour! Durant tout l’estivage, ni elle ni les autres bovins qui étaient avec elle sur le Vorholzallmend au fond du Simmental (BE) n’ont été infectés par le virus de la diarrhée virale bovine BVD. C’est un succès de plus pour le programme de lutte contre la BVD dont il s’agit de consolider les bons résultats à long terme.

L’échantillon sanguin que le vétérinaire, Andreas Künzi, a prélevé sur Fleurette à la fin de l’estivage s’est révélé exempt d’anticorps, preuve que Fleurette n’est pas entrée en contact avec le virus de la BVD durant l’estivage. Il en va de même pour les bovins de l’exploitation d’Andreas Knutti (voir blog du 12 septembre 2011) et des autres bovins estivés sur le Vorholzallmend: ils se sont tous révélés négatifs au test de recherche d’anticorps et sont retournés en bonne santé dans leur exploitation d’origine. Ce même constat réjouissant a pu être fait sur d’autres alpages suisses dont les animaux sont restés cette année indemnes de nouvelles infections de BVD.

Blüemli Oktober
Fleurette est revenue en bonne santé de l’alpage : elle n’a pas été contaminée par le virus de la BVD

Tout comme M. et Mme Gertsch (les propriétaires de Fleurette) et l’éleveur Andreas Knutti, les détenteurs de bovins suisses ont tous contribué à ce succès: ils sont restés vigilants et ont veillé à ce que leurs animaux soient correctement testés. Ceux d’entre eux qui ont été confrontés dans leur exploitation à la naissance d’un veau reconnu «infecté permanent» ou animal IP ont immédiatement éliminé cet animal du troupeau, évitant ainsi la contagion des autres bovins par le virus de la BVD.


Cette victoire sur la BVD, obtenue de haute lutte grâce aux efforts conjugués des détenteurs de bovins, des vétérinaires et des autorités, mérite d’être consolidée. C’est précisément maintenant, dans cette situation favorable, que la plus grande vigilance des éleveurs s’impose pour protéger leur troupeau indemne de BVD de toute nouvelle infection. Ils doivent être particulièrement attentifs à la présence d’éventuels animaux IP dans leur troupeau et éviter que ceux-ci ne passent inaperçus. Un animal IP dans une exploitation indemne occasionnerait en effet de grands dommages. C’est pour éviter une telle situation qu’il a été décidé de continuer à tester les veaux nouveau-nés l’année prochaine et d’exclure au plus vite des exploitations tout veau qui se révélerait positif lors du test. Ce dernier effort de tous les acteurs est indispensable pour parachever l’éradication de la BVD.

La phase de lutte prendra donc fin en 2012 puis on passera à la phase de surveillance. A long terme, la surveillance, moins coûteuse, remplacera entièrement le test des veaux. Mais pour assurer la transition entre ces deux phases, un programme de surveillance spécial a été adopté pour l’année 2012. Il est prévu d’effectuer des tests de recherche des anticorps sur des bovins moins jeunes en analysant, d’une part, des échantillons de lait de citerne dans les exploitations laitières et, d’autre part, des échantillons sanguins prélevés dans les exploitations qui ne produisent pas de lait. Le test des veaux se poursuivra en parallèle. Lorsque la nouvelle méthode de surveillance aura démontré son efficacité, le test des veaux pourra être totalement abandonné.

Cette double surveillance, portant à la fois sur les veaux nouveau-nés dont on prélève un échantillon d’oreille (test des veaux) et sur les groupes de bovins dont on prélève soit des échantillons sanguins soit des échantillons de lait de citerne (pour des examens sérologiques) permettra de détecter les derniers animaux susceptibles de transmettre le virus et de l’éliminer. Cette démarche est indispensable pour assurer l’éradication définitive de la BVD. Le cheptel bovin suisse sera alors en meilleure santé et les pertes économiques occasionnées chaque année par la BVD appartiendront enfin au passé.

Vous trouverez davantage de renseignements sous: www.stopbvd.ch

 

Les stéréotypies, un appel à l’aide

Au zoo, tout visiteur attentif aura remarqué le comportement étrange de certains animaux, comme l’ours blanc, qui tourne en rond pendant des heures, le tigre, qui se frotte sans cesse contre le grillage, ou l’éléphant, qui balance inlassablement sa tête, pour ne citer que les exemples les plus connus de stéréotypies chez l’animal. Le but de ces modèles répétitifs reste inexpliqué. Ces troubles s’observent chez quasiment toutes les espèces animales détenues par l’homme, surtout chez le chien et le cheval. Ils peuvent être provoqués par l’insuffisance des possibilités d’occupation dont ces bêtes disposent. 

Le nouveau professeur de protection des animaux de la Faculté Vetsuisse de l’Université de Berne, Hanno Würbel, s’exprime sur les origines et les causes des troubles comportementaux.

Quelles sont les causes des stéréotypies? Peuvent-elles se résumer aux conditions de détention inadaptées des bêtes?

Les stéréotypies apparaissent lorsque des conditions de détention empêchent en permanence les animaux d’adopter un comportement conforme à leur espèce, en d’autres termes, d’avoir des réactions qui, dans leur habitat naturel, joueraient un rôle essentiel dans leur survie et dans leurs capacités de reproduction. Les lapins par exemple ont besoin de ronger et de fouir. Les lièvres ont pour habitude de creuser des tunnels ultra-ramifiés, dans lesquels ils trouvent refuge, se reproduisent et élèvent leurs progéniture. Mais si l’animal n’a pas la possibilité d’adopter le comportement qui lui est propre, il n’en éprouve pas moins le désir de le faire. S’ensuivront alors des tentatives qui se transformeront au fil du temps en stéréotypies. Ces troubles peuvent toutefois être d’origine génétique ou pathologique.

Ces troubles du comportement peuvent-ils être soignés?

Nous partons du principe que les stéréotypies sont l’expression d’un dysfonctionnement  pathologique évolutif de certaines zones du cerveau. Ce type de trouble apparaît lorsque l’environnement trop pauvre en stimuli ne favorise pas le développement correct du cerveau et qu’une frustration chronique stresse les bêtes. Le succès thérapeutique dépendra du degré d’évolution des troubles. A un stade précoce de la maladie, les troubles disparaissent lorsque leur cause est éliminée, à savoir lorsque les animaux peuvent à nouveau vivre dans des conditions de détention conformes à leur espèce. Mais plus ces troubles sont installés depuis longtemps, plus ils sont résistants à la thérapie. Dans ce cas, le seul remède serait un  traitement médicamenteux, même si la médecine vétérinaire n’en est qu’à ses balbutiements dans ce domaine.

Une détention conforme aux besoins de l’espèce est essentielle pour le bien-être des animaux. La notion de bien-être est un leitmotiv de la protection des animaux telle qu’elle est conçue aujourd’hui. Encore faudrait-il pouvoir mesurer le bien-être animal.

Or ce n’est malheureusement pas le cas, puisque le bien-être et la souffrance sont des états totalement subjectifs. Mais à l’aide d’indicateurs adaptés et scientifiquement prouvés, nous pouvons reconstituer de façon de plus en plus plausible le ressenti des animaux. Nous autres chercheurs dans le domaine de la protection des animaux, nous procédons de la même manière que nos confrères de la médecine humaine, mais à l’inverse: nous utilisons l’être humain comme cobaye pour nos animaux. Ainsi, les recherches menées sur l’homme ont montré par exemple que notre humeur influence, voire déforme notre perception de l’environnement, perception qui peut être mesurée objectivement dans le cadre de tests ad hoc. Les personnes souffrant de troubles de l’humeur interprètent les stimuli ou événements neutres de façon plus négative que les personnes émotionnellement stables. Elles ne voient pas le verre à moitié plein mais à moitié vide. Depuis, ces distorsions cognitives de la réalité ont également été démontrées sur bien des espèces animales, même sur les abeilles. Cette approche compte parmi les plus prometteuses pour évaluer le bien-être des animaux. Mais des observations comportementales différenciées peuvent également fournir des conclusions fiables sur les états émotionnels subjectifs. Ainsi, une échelle de grimaces a été développée récemment pour les souris: elle permet d’évaluer l’intensité des douleurs post-opératoires.   


© 2010 Nature America, Inc.


Quelle est la part d’interprétation et quelle est la part de connaissances intervenant dans l’analyse des capacités cognitives des animaux et de leurs sensations?

Quelle est la part d’interprétation et quelle est la part de connaissances intervenant dans l’analyse des capacités cognitives des animaux et de leurs sensations?Les capacités cognitives, à savoir les capacités d’apprentissage, de réflexion et de mémoire, peuvent être recensées de façon objective. Mais la marge d’interprétation reste limitée, à condition qu’il s’agisse d’études très bien contrôlées. En revanche, les sensations étant par définition subjectives, elles ne peuvent être recensées que de manière indirecte. Dans ce cas, la marge d’interprétation est plus importante. La question déterminante ici est de savoir quels sont les animaux susceptibles d’éprouver des sensations subjectives. Lorsque nous pouvons partir du principe qu’un animal présente cette capacité, tous nos indicateurs seront selon toute probabilité fiables. Certes, nous ne pouvons jamais savoir avec certitude quelle est l’intensité de la douleur ou de la souffrance éprouvée par un animal, ou l’estimer par rapport à notre propre ressenti. Mais nous sommes au moins en mesure d’évaluer dans quelles conditions un animal éprouvera plus ou moins de douleurs ou de souffrances. Aujourd’hui, nous partons du principe qu’au moins tous les animaux vertébrés, et donc aussi les poissons, sont capables de ressentir douleurs et souffrances.

"Occupation - de l'action pour nos animaux" : Davantage d'informations sous www.monanimaljenprendssoin.ch

Recherche sur le bien-être des animaux

Il est le seul professeur de protection des animaux de Suisse à ce jour: Hanno Würbel en-seigne depuis le 1er août à l’Université de Berne, plus précisément à l’Institut de santé publique vétérinaire de la Faculté Vetsuisse. Ces dernières années, cet éthologiste était professeur de protection des animaux et d’éthologie à Giessen (D). Un long rêve se réalise enfin avec sa nomination à Berne : celui d’enseigner sa matière en Suisse, pays où il a grandi et où il vit avec sa famille.


Hanno Würbel apprécie la dimension sociétale de sa spécialité et les questions scientifiques passionnantes qui lui sont liées. Dans son activité de professeur, il s’est fixé comme objectif, entre autres, de trouver des solutions qui puissent être appliquées sur le terrain. Pour Hanno Würbel, les solutions recherchées doivent prendre en compte à la fois les intérêts de l’homme et ceux de la protection des animaux.

Les recherches qu’il a effectuées jusqu’à présent illustrent bien ce que cela signifie concrè-tement. Hanno Würbel et son équipe ont montré dans divers travaux de recherche que les animaux d’expérience développent moins de troubles du comportement lorsque leurs cages sont aménagées et équipées en tenant compte des besoins de l’espèce animale : en y inté-grant, par exemple, du matériel qui permet aux animaux de s’occuper. Ces recherches ont montré également que l’enrichissement des cages n’avait pas d’effets négatifs sur les résul-tats des expériences sur des animaux. Ces résultats ont débouché sur l’inscription, dans la nouvelle directive de l’UE sur l’expérimentation animale, d’une disposition en faveur d’une détention des animaux d’expérience conforme à leurs besoins. Ce sont des succès de ce genre qui motivent Hanno Würbel. Le seul point frustrant est le long laps de temps qui s’écoule parfois entre une recherche et la mise en œuvre de ses résultats. 

Lisez aussi l‘interview détaillée que nous a accordée Hanno Würbel sur le site internet Mon animal, j’en prends soin : Le professeur en protection des animaux y parle des objectifs qu’il a atteints et de ceux qu’il s’est fixés, plaide pour une recherche innovante et défend l’idée qu’il convient de donner des réponses biologiques aux questions éthiques.

Hanno Würbel a étudié la biologie et s’est spécialisé en éthologie à l’Université de Berne. Il a soutenu sa thèse en 1996 à l’EPFZ. En 2002, il a été nommé professeur de protection des animaux et d’éthologie à l’Université de Giessen (D). Il a reçu le prix du land de Hesse et le prix Felix Wankel pour ses recherches visant à améliorer les conditions de détention des animaux d’expérience et sur la pertinence des expériences sur animaux. Chercheur de 48 ans, Hanno Würbel a grandi à Langenthal et vit à présent avec sa famille à Zurich.

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